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CHAPITRE XXIII

Caractère général. — C'est le moins étendu des États du

sud.

Montagne». — Il y a dans la partie ouest un petit nombre de montagnes élevées, qui appartiennent aux montagnes Bleues. La montagne de la Table (Table mountain) s'élève à une hauteur de 4,000 feet au-dessus du niveau de la mer. La montagne du Roi (King's mountain), dans le district d'York, se trouve en partie dans la Caroline du Nord.

Fleuves et rivière». — Les rivières de la Caroline du Sud sortent du Blue ridge et coulent au sud-est dans l'Atlantique. Dans la partie inférieure de leur cours, elles sont moins navigables que vers le centre de l'État, et ce caractère se retrouve dans toutes celles du versant de l'Atlantique , au sud-ouest de la baie de Chesapeake. Le Great Pedee prend sa source dans le nord-ouest de la Caroline du Nord, où il porte le nom de Yadkin, et se jette dans la baie de Winyaw (Winyaw bay) après un cours de 450 milles. Le Utile Pedee et le Waccamaw sont ses

tributaires du côté du nord. Le Santee est formé par la jonction du Wateree ou Catatvba et du Congaree ou Rivière Large ; tous deux sortent du Blue ridge , dans la Caroline du Nord. Le Saluda est un affluent du Congaree. UEdisto est navigable pour les bateaux sur une longueur d'environ 400 milles.

Ports. — Comme ceux de la Caroline du Nord, les ports de cet État sont généralement mauvais. Celui de Charleston est obstrué à l'entrée par un dangereux banc de sable , et celui de Georgetown ne peut recevoir que de très petits navires. Le port de Beaufort, ou Port-Royal, est le meilleur de l'État, mais il est peu fréquenté. Les côtes présentent de nombreuses découpures qui sont accessibles aux petits navires et facilitent le commerce de cabotage, qui s'y fait avec activité.

Des. — Le midi de la côte est escorté d'une rangée d'îles séparées du continent par d'étroites passes qui permettent la navigation à vapeur. Ces îles sont , comme la côte voisine, basses et plates, mais elles sont couvertes de forêts de chênes verts, de pins, et de palmistes. Avant la culture du coton, beaucoup d'entre elles étaient hantées par les alligators ; l'épaisseur de leurs bois , la végétation vigoureuse de leurs herbes , les rendaient inaccessibles à l'homme. Elles sont aujourd'hui en culture, bien habitées, et lorsque le voyageur glisse en bateau à vapeur entre leurs rivages, il est ravi à l'aspect de leur joyeuse verdure, où se distinguent çà et là des palmistes et des bocages fleuris d'orangers.

Produite végétaux. — La végétation indigène de cet État réunit les productions de la région tempérée et celles de la région tropicale. On y trouve à la fois des chênes et des palmiers, des pins et des noyers. Le palmiste, ou chou palmiste, atteint une hauteur de 40 a 50 feet, et fournit une substance qui est mangée comme salade et qui ressemble au chou pour le goût. Dans les îles, le long des côtes, on voit croître le chêne vert, ainsi

nommé parce qu'il garde sa verdure toute l'année. C'est un bel arbre dpnt le tronc a quelquefois (2 fe$t de tour; de ses longues branches horizontalement étendues pendent des festons de mousse qui touchent presque la terre. Le laurier s'y couvre de ses grandes fleurs blanches , qui ont la forme de celles du lis et un pied de circonférence. Les plages qui bordent ces îles sont couvertes de milliers d'oiseaux de mer. Parmi les animaux on distingue le daim sauvage, le dindon sauvage, les grues, le serpent à sonnettes et le serpent moccasin.

Nlnévau., — La Caroline du Sud n'est pas riche en minéraux. La région de l'or pénétre pourtant dans ses limites, et l'exploitation de l'or y donne un produit annuel assez considérable. On trouve aussi dans cet État du fer, de l'ocre, du marbre, du plomb, de l'argile à poterie et de la terre à foulon.

Climat* — Le climat de cet État ressemble à celui de la Caroline du Nord ; mais placée plus au sud et moins montagneuse, la Caroline du Sud participe plus décidément du climat tropical. La canne à sucre est cultivée avec succès dans la partie sud-est. Dans les montagnes de l'ouest, l'air est sain et la neige dure quelques jours pendant l'hiver. Le climat de l'est est chaud, humide et malsain.

ML — La partie orientale de l'État est un terrain d'alluvion. Le sol est partagé par les planteurs en six parties : 4° les marécages maritimes (tide swamp) ; 2° les marécages de l'intérieur où le riz et le chanvre croissent à merveille ; 3° les marécages fies hautes rivières (high river swamp), ou secondes basses terres, favorables à la croissance du chanvre, du blé et de l'indigo; 4° les marais salés ; 5° les highlands de chênes et de noyers, qui sont très fertiles et produisent abondamment le blé, le coton et l'indigo ; 6° le terrain stérile parsemé de pins (pine-barren) qui, bien que le moins productif, est le sol le plus sain du bas pays. Une portion de ce terrain est jugée un appendice indispensable

de toute plantation dans les marais. C'est là que s'élève la maison du planteur.

Année* un pays. — La côte jusqu'à 4 00 milles de l'Océan est couverte de forêts de pins à poix, avec de grands terrains marécageux çà et là. Par derrière, une zone parallèle de territoire appelée le pays du milieu se compose de dunes sablonneuses semblables aux vagues d'une mer agitée. Ce pays présente occasionnellement quelques oasis de verdure, quelques pins éparpillés et quelquefois un champ de maïs ou de patates. Le payé du* milieu est borné par une autre zone de terrain appelé le Ridge (le faite), où le pays surgit par une rapide et soudaine élévation, et continue ensuite à monter par degrés. Au delà, le pays présente une belle alternative de hauteurs et de vallées, parsemées de vastes forêts et arrosées par d'agréables rivières.

Divisions. — La Caroline du Sud est divisée en une trentaine de districts ou comtés, Ses villes ne sont pas nombreuses, et elle ne renferme qu'une cité considérable.

Agriculture. — Les habitants sont presque complètement adonnés à l'agriculture. Les esclaves, y sont plus nombreux que les blancs ; dans la campagne surtout, il y en a trois contre un. Le coton et le riz sont les objets principaux d'exportation , et il s'en exporte des quantités considérables. L'indigo et le tabac y prospèrent. La culture du maïs et du froment y est négligée , et de notables quantités de farines y sont importées pour la consommation intérieure. Les autres productions du pays sont les pommes, les poires, les pêches, les figues, les olives, les oranges, les ignames, les patates, etc.

Manufacturer. — Elles sont encore dans l'enfance. On a commencé à établir quelques manufactures de coton qui sont en voie d'accroissement. 11 y a aussi des manufactures de laine, de fer, etc., mais elles ont peu d'extension.

Commerce, — L'exportation du coton et du riz forme la

principale branche de commerce de l'État. Elle est presque complètement entre les mains des habitants du sud. Gharleston est bien placée pour le commerce, et l'activité qu'on y déploie s'accroît de jour en jour.

Canaux et chemisa de fer. — Ils ne sont ni nombreux ni étendus , quoiqu'il y en ait quelques uns de fort utiles. Les chemins de fer achevés comprennent une longueur de 340 milles; chemina en construction, 298 milles.

Statistiques diverses. — En 4 850 , cet État renfermait 52,642 habitations; 52,937 familles; 437,773 hommes, et 4 36,850 femmes de race blanche ; 4,4 4 hommes, et 4,790 femmes de couleur libres; 384,984 esclaves; 29,969- fermes en culture, et 4,473 établissements manufacturiers, produisant annuellement au delà de 500 dollars. Cet État n'a pas de dette.

Banques. — La Caroline du Sud possède 4 9 banques , au capital total de 3,650,000 dollars.

Éducation. — Il y a deux collèges dans cet État : le South- Carolina collège, à Columbia , et le Charleston collège, à Charles ton. Plusieurs autres établissements prennent le titre de collèges, mais ce ne sont guère que des écoles élémentaires. Il y a aussi quelques académies. Le Médical collège de la Caroline du Sud est à Charleston. Il y a à Columbia un séminaire théologique presbytérien, un séminaire luthérien à Lexington, et un séminaire baptiste dans le district de Sumter. L'État a. voté, il y a un certain nombre d'années, des subventions pour les écoles libres ; mais ces votes n'ont pas eu de suite, ou du moins ils n'ont pas été généraux.

Charleston. — Charleston, la seconde cité des États du sud , est située au confluent de l' Ashley et du Cooper, h 6 milles de l'Océan. Le port est commode ; on y pénètre par deux passes» ; les navires qui tirent 16 feet d'eau peuvent entrer par la plus profonde. L'Ile de Sullivan, u l'entrée du port, est une char-

mante résidence d'été. Ce port est défendu par le fort Moultrie, dans l'île de Sullivan. La ville est régulièrement alignée et agréablement bâtie; ses environs sont ornés de nombreuses plantations dans un bel état de culture. L'air y est beaucoup plus sain que dans le pays environnant ; aussi les planteurs du bas pays et les riches habitants des Indes occidentales y viennent-ils passer l'été. Gharleston est aussi fréquenté par les habitants du nord comme une très agréable résidence d'hiver. Beaucoup des maisons sont belles, bien meublées et ornées de péristyles (piazzas). La terre est souvent couverte de fleurs et d'arbrisseaux d'ornement. Les squares sont ombragés de Prias of China et' les jardins parsemés d'orangers. Le commerce de cette ville est étendu. Population : 42,806 habitants.

Antre* villes* — Columbia, siège du gouvernement, sur le Congaree, vers le centre de l'État. Elle occupe une plaine élevée qui s'abaisse en pente douce de tous les côtés. Population estimative : 6,000 habitants — Georgetown , à la tète de la baie formée par la jonction du Great Pedee, du Waccamaw, et de deux ou trois autres rivières, à 4 3 milles de la mer. Elle fait un commerce considérable. — Beaufort, dans l'île de Port-Royal, ville agréable et dans une situation saine. Elle a un bon port, mais peu de commerce. — Camden, sur le Wateree. Elle fait une portion du commerce de l'intérieur, mais elle est surtout célèbre par les batailles livrées dans ses environs pendant la révolution.

■fotolre* — Annales. — La Caroline du Nord et celle du Sud étaient comprises autrefois sous le titre général des Carolines. Elles formaient dans l'origine plusieurs colonies ; mais elles restèrent sous la surintendance du même conseil de propriétaires jusqu'en 1729, époque où elles furent finalement séparées. Depuis lors elles furent placées sous deux gouvernements royaux distincts. La Caroline du Nord fut colonisée par des émi-

grants de Virginie, de 4 640 à 4 650. D'autres établissement y furent fondés sur différents points. En 4669, une constitution, modelée par John Locke sur la constitution anglaise, fut imposée eu* deux Caroline*; mais elle n'était pas Appropriée à la situation des habitants, et elle ne fut jamais mise à complète exécution. En 4677, il y eut quelques agitations dans la Caroline du Nord, et cet état de fièvre dura plusieurs années, jusqu'à ce qu'il éclatât en une rébellion ouverte, La colonie, cependant, continua de prospérer. Les Indiens, qui d'abord étaient nombreux et puissants, avaient été graduellement réduits à une insignifiance comparative. En 474 4 , les Tuscaroras et les. Corées dirigèrent une attaque formidable contre les établissements isolés, et tuèrent 430 personnes en une seule nuit. A la fin, les forces combinées des deux Carolines les assiégèrent dans leur fort, en 4743. Ils se rendirent, et 300 d'entre eux furent foits prisonniers* Les Corées restèrent dans le pays, mais réduits jusqu'à l'insignifiance, Les Tuscaroras émigrèrent au nord de New-York, s'allièrent aux Cinq nations et devinrent la sixième de cette confédération célèbre. Le premier établissement permanent de la Caroline du Sud fut fondé à Oyster-Point (pointe de l'huître), en 4 680 ; cette colonie, en grandissant, est devenue la ville actuelle de Gharleston. Les guerres avec les Indiens suivirent ; mais un grand nombre d'entre eux furent pris et vendus comme esclaves aux Indes occidentales. En 4684, quelques émigrants écossais se fixèrent à Port-Royal. En 4 686, un grand nombre de huguenots français persécutés, vinrent aussi s'établir en divers points de la colonie. Vers cette époque , les habitants se révoltèrent contre Je gouverneur Colieton, qui fut accusé et banni. En 4 693, la constitution fondamentale fabriquée par Locke fut abolie, et un gouvernement plus républicain la remplaça. En 4703!, on envoya contre les Espagnols de Saint-Augustin une expédition «qui obéra la colonie d'une dette de

26,000 dollars, et donna lieu au premier papier-monnaie des Garolines. En 4704 et 474 5, il y eut de sérieuses attaques de la part des Indiens. Enfin , à cette dernière date, toutes les tribus, depuis le fleuve du cap Fear jusqu'à l'Alabama, se soulevèrent sous la conduite des Yamassees. Les colonies des frontières furent désolées, et Port-Royal abandonné. Le gouverneur Graven marcha contre les ennemis, et les battit dans une sanglante rencontre sur les bords du Salkehatchie. Ce combat termina la guerre, et les Yamassees se retirèrent vers la Floride.

Guerre de la révolution. — En 4780 et 4784 , la Caroline du Sud devint le théâtre d'opérations militaires, et fut parcourue par les troupes anglaises. Le 4 4 mai 4780, Gharleston fut pris par les Anglais, qui battirent aussi les troupes américaines à Camden , le 4 6 août , et furent battues à leur tour au combat de King's mountain, le 7 octobre. Dans la campagne suivante, les Américains furent heureux à Cowpens, le 47 jaa* vier, et à Eutaw-Springs en septembre. Les forces ennejnjes évacuèrent l'État bientôt après ; elles marchèrent au nowl et furent prises à Yorktown avec Cornwallis, La constitution présente de la Caroline du Sud fut établie en 1790. JSJle a été amendée deui fois depuis.

étendue, 61,683 milles carres (i).

Population, 905,999 habitants.

Population par mille carré, 1 4.

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