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CHAPITRE XXIX

Caractère général do pays. — C'est un État très étendu, qui appartenait autrefois au Mexique, et qui n'a été annexé aux États-Unis que depuis un petit nombre d'années.

Montagnes. — Le nord-ouest de cet État se compose de hauteurs qui font partie de la chaîne des monts Rocheux. Elles portent le nom de montagnes de la Guadeloupe. Cette région a été très peu explorée, et elle n'est pas encore colonisée. Les versants sont couverts de forêts, et la plupart susceptibles de culture et d'irrigation.

Vallées. — Il y a beaucoup de vallées alluviales dans les districts montagneux de l'ouest du Texas. Les vallées où coulent les rivières sont généralement douées d'une grande fertilité.

Cours d'eau. . — Ils naissent tous dans les hautes terres du nord et de l'ouest et se jettent pour la plupart dans le golfe du Mexique. Le Neches est navigable pour bateaux à vapeur sur une longueur de J 00 milles ; la Trinidad ou Trinité sur 300, et le Brazos sur 200. Le no Colorado est obstrué par des troncs d'arbres engagés dans son cours à dix milles au-dessus de son

embouchure ; mais lorsque cet obstacle sera enlevé, il deviendra navigable pour* les bateaux à vapeur à Austin, sur une longueur de 200 milles. Le San- Antonio et le Nueees ne sont navigables que dans une petite partie de leur cours ; mais la Sabine, qui sépare le Texas de la Louisiane, est navigable sur une longueur d'environ 300 mâles. Le rto Grande forme la limite sudouest de FÉtat.

Cote». — Le Texas possède environ 300 milles de côtes sur le golfe du Mexique. Il n'a pas de bon port pour les trois-mâts, et il en possède peu pour les navires plus petits. Les baies -peu profondes qui reçoivent la plupart de ses fleuves sent, comme les embouchures des fleuves elles-mêmes, barrées par des bancs de sable mobiles.

Iles. — On donne ce nom à quelques langues de terre basses et plates qui courent le long de la côte en formant d'étroites baies. Les principales sont celles du Padre, de Mustang, de Saint-Joseph et de Matagorda.

Curiosité**. — Il y a dans cet État deux lignes de forêts continues de 5 à 50 milles de largeur qui s'étendent depuis la source de la rivière la Trinité presque en ligne droite au nord de l'Arkansas. On les appelle les Cross-Timhers.

Produits végétaux. — Le sol est couvert presque partout d'un luxuriant tapis d'herbes dans lequel croissent pêle-mêle avec l'herbe ordinaire des prairies, le gama, le musquite, le trèfle sauvage, le riz sauvage, etc., qui forment d'excellents pâturages. On y fait aussi d'amples récoltes de grands bois de construction et d'ébénisterie. Le chêne vert, si prisé pour les constructions navales, y croît abondamment. Le chêne blanc, le chêne noir, d'autres variétés de chêne, le frêne, l'orme, le faux acacia, le noyer, le platane occidental, le cyprès, l'arbre au caoutchouc, etc., peuplent les forêts. Les hautes terres se couronnent de pins et de cèdres. Les pêches, les melons, les figues, les

«ranges, les limons, les ananas, les dattes et les olives mûrissent en diverses localités ; le raisin y abonde. La vanille, l'indigo, la salsepareille et un grand nombre d'autres plantes tinctoriales ou médicinales sont indigènes dans cet État. Tout le pays présente un magnifique panorama de fleurs.

■Jifcmwa — De grandes troupes de buffles et de chevaux sauvages paissent dans les prairies du nord.' La chasse de ces animaux est l'occupation des Indiens aussi bien que celle de quelques uns des colons. On y rencontre quelquefois des ours, entre autres Tours gris, le plus terrible carnassier du contaient. Les bêtes fauves et le petit gihier y, abondent.

Mfcftérau. — On y a trouvé des mines de houille de qualité supérieure, ainsi que des mines de fer. On a exploité aussi des mines d'argent dans les régions montagneuses. Le nitre abonde à l'est. Beaucoup de lacs et de sources fournissent du sel. On rencontre du bitume sur divers points, du gypse, du granit, de la pierre à chaux et de l'ardoise presque partout.

Climat. — L'année se divise dans le Texas en saison sèche et en saison pluvieuse. La première dure de décembre à mars, époque où prédominent les vents du nord et du nord-ouest. Le climat est doux et salubre.

Sol. — Il y a peu de pays aussi étendus qui aient moins de parties improductives que le Texas. La section maritime est un terrain d'alluvions remarquablement libre d'eaux stagnantes. Les bords des rivières se composent de larges zones de terres boisées. Les espaces accidentés qui séparent les cours d'eau se couvrent de riches pâturages. Plus loin dans les terres, de vastes prairies alternent avec des hauteurs abondamment boisées. Enfin , derrière les montagnes, s'étendent des plateaux semblables aux plaines de PÂsie centrale, maïs d'une fécondité bien supérieure.

Aspect du paya. — Cet État ferme un vaste plan incliné

vers l'est, qui descend graduellement des montagnes jusqu'à la mer. Il est eoupé par de nombreuses rivières qui se dirigent toutes au sud-est. On peut le diviser en trois régions : La première est une plaine de 40 à 4 00 milles de largeur qui s'étend le long de la mer. La seconde est la région des prairies ondulées qui s'étend plus loin dans les terres' sur une largeur de KO à 400 milles. La troisième est la région montagneuse du nord et de l'etiest avec les plateaux qui la couronnent.

MfrtoloM. — Le Texas renferme environ 90 comtés. H n'a pas de grandes villes.

Agiteotaure* — Le coton et la canne à sacre sont les cultores principales et elles y sont portées à une grande perfection. Les grains les plus cultivés sont le mais indien et le froment. Les patates et les pommes de terre y réussissent à merveille. L'élève des animaux domestiques a été longtemps l'occupation favorite d'une grande partie des habitants, et la plupart des prairies sont littéralement couvertes d'immenses troupeaux de bœufs. On y élève aussi beaucoup de chevaux, de mulets, de porcs, de moutons, de vokiHe, etc.

Mamiftretwes. — Elles sont encore dans l'enfance, mais elles tendent à s'accroître. Quelques unes' sont déjà considérables.

Chenfaw de fer. — - Il n'y a encore que 32 milles de chemins de fer achevés.

Commerce* — 1 1 se borne presque uniquement aux relations avec les États-Unis. Une banque y est établie, au capital de 300,000 dollars.

Exploitation des nlaea. — Ette est peu développée.

Education. — Cet État est trop nouveau pour avoir organisé des collèges et un système général d'éducation. Cette question cependant n'est pas mise en oubli. Il y a beaucoup de bonnes écoles dans les viHes.

Bette — La dette de cet État est de 42,435,982 dollars; mais une appropriation de 4 0,000,000 de dollars a été faite par le congrès de 1854 pour lui être appliquée en tout ou en partie. Les dépenses annuelles du Texas s'élèvent à environ 4 00,004) dollars.

fitallllanris «verses. — Cet État renfermait en 4850 27,988 habitations; 28,377 familles; 84,863 hommes, et 69,237 femmes de race blanche ; 474 hommes, et 460 femmes de couleur, libres; 58,464 esclaves; 42,4 98 fermes cultivées; 307 manufactures produisant 500 dollars par an au moins.

Villes principales. — Austin, capitale sur la rive gauche du Colorado, à 200 milles de la mer, récemment bâtie, au centre de TÉtat, dans une situation prospère. Population, environ 4,000 habitants. Brazoria , sur le Brazos, à 30 milles de la mer. Elle fait un commerce considérable. Corpus-Christi, sur la baie du même nom, n'est guère qu'un grand village. Galveston, à la pointe est de l'île du même nom , est la principale place de commerce maritime. Houston, grande ville à la tête de la marée sur le Buffalo Bayou. Matagorda, sur le Colorado, à 35 milles de la mer, est un village prospère. Nacogdoches, Grockett, San- Augustin et Washington, méritent d'être citées.

Habitants. — La moitié de la population environ est de race anglaise, mais on y rencontre un grand nombre d'Allemands qui sont venus récemment s'y établir, ainsi que des Irlandais, des Français, des Italiens, etc. On suppose qu'il y a environ 45,000 Mexicains de descendance espagnole. Les esclaves n'y sont pas nombreux. Des bandes d'Indiens errent dans le nord ; on distingue entre elles la fière et guerrière tribu des Camanches.

■Istoire. — Premières annales. — A l'époque où Cortés conquit le Mexique, le Texas fut occasionnellement la retraite de tribus errantes d'Indiens d'un caractère dur et sauvage. Quoique considéré comme faisant partie du Mexique, il resta

longtemps inoccupé. Le Français la Salle, qui voulait fonder une colonie à l'embouchure du Mississipi, se trompa et aborda en 4 685 à l'entrée de la baie de Matagorda ; il y bâtit un fort, mais il n'y resta que deux ans et reçut un coup de fusil d'un de ses hommes, comme nous l'avons déjà rapporté. Son fort fut démoli par les Indiens. Quelques petits établissements furent faits à la fois sur ce territoire par les Français et les Espagnols, et servirent plus tard de texte à des réclamations réciproques. En 1684, les Espagnols établirent un petit fort à Bejar, et en 474 9 une colonie des lies Canaries vint s'y établir. La province reçut d'abord le nom de Nouvelles-Philippines, et plusieurs missions et presidios, ou postes militaires, furent fondés en divers points. À cette époque, les droits de l'Espagne parurent assurés, et la population devint considérable. Les établissements des missionnaires se composaient de massives forteresses de pierre avec des églises décorées de statues et de peintures, et surmontées de cloches énormes. Les ruines de quelques unes de ces formidables constructions sont encore debout dans le Texas et frappent d'autant plus les regards, que le pays porte moins de traces des travaux et des institutions des hommes. Au moment où éclata la révolution mexicaine de 184 0, les habitudes pillardes des Gamanches et autres tribus, et la police tracassiére du gouvernement espagnol réduisirent de beaucoup la popu lation.

Tentative d'Indépendance. — En 4 842, environ 200 Américains des États du sud, avec 300 Français, Espagnols et Italiens, commandés par un patriote Mexicain nommé Gutierez , passèrent la Sabine et prirent possession de Goliad. Ils furent attaqués par les forces royales et il s'ensuivit plusieurs batailles, dans lesquelles les envahisseurs furent victorieux. Mais dégoûtés par la conduite de quelques uns des chefs mexicains, une grande partie des Américains se retirèrent. Gutierez

fut dépossédé du commandement et les troupes mécontentes revinrent. Mais dans un engagement avec l'armée royaliste, sous Tolède, les alliés mexicains désertèrent lâchement et laissèrent les Américains se battre contre des forces dix fois supérieures. La plupart périrent, et ceux qui s'échappèrent du champ de bataille furent tués séparément. Ainsi finit par une totale défaite la première tentative des Texiens pour leur indépendance.

Stephen F. Anatln. — En 4 82 1 , de nouveaux et heureux essais de colonisation dans le Texas furent tentés, et la population s'accrut rapidement. Le principal colonisateur fut Stephen F. Austin, de Durham (Connecticut), dont le père avait obtenu l'autorisation de fonder une colonie dans le pays. Ses efforts réussirent, et il peut être considéré comme le père du Texas. Eb 4 824, le Mexique, république nouvelle et indépendante, reconnut le Coahuila et le Texas pour un de ses États. Une période de tranquillité suivit; mais en 4 826, un mouvement fut tenté à Nacogdoches pour secouer le joug mexicain. Une république fut proclamée sous le nom de Frédonia ; cependant une bande de Cherokees, qui avait été engagée comme auxiliaire des insurgés, se tourna contre ses alliés et l'insurrection fut promptement comprimée.

Guerre de l'Indépendance. — Un sentiment de mécontentement contre le gouvernement mexicain se manifesta dans le Texas avec le progrès des événements. Il augmenta par les usurpations de Santa- Anna, qui était devenu président du Mexique. En 4 835, les Texiens commencèrent à se préparer pour une guerre, et en novembre de cette année ils déclarèrent formellement qu'ils entendaient résister à l'État métropolitain. Un gouvernement provisoire fut formé, et Samuel Houston nommé commandant de l'armée du Texas. Au mois de décembre suivant une armée de 500 Texiens assiégea la forte place de Bejar, défendue par 4,300 Espagnols et Mexicains sous les ordres du

général Cos. Au bout de quelques jours le fort était pris, les Mexicains obtenaient la permission de se retirer, et peu de temps après il ne restait plus un soldat mexicain à Test du rio Grande. Le 2 mars 4 835, une convention de délégués se réunit à Washington sur le Brazos, et fit une formelle déclaration d'indépendance. Santa-Anna, qui s'y attendait, avait envahi le pays en personne ; Goliad fut investi , et Bejar, défendu par 4 60 Texiens, fut entouré par 4,000 hommes. L'attaque commença et dura pendant plusieurs jours. La défense de la petite bande dans Âlamo fut digne de Léonidas et de ses Spartiates. Après avoir amusé l'ennemi pendant longtemps, ils eurent à soutenir un assaut général le 6 mai ; ils étaient réduits à sept, qu'ils se battaient encore. Ceux qui, survivaient furent mis en pièces quand la place fut forcée ; on ne fit quartier à personne. On ne laissa la vie qu'à deux créatures humaines, une femme et un domestique nègre. Parmi les morts on trouva David Crockett de Tennessee, qui s'était fait connaître par l'excentricité de son esprit et l'indépendance de son caractère ; il était entouré d'un cercle d'ennemis qu'il avait tués. On croit que la perte des Mexicains s'éleva à environ 4,500 hommes. Le colonel Fannin, avec 275 hommes, sortit le 4 7 mars de Goliad, et gagna la campagne ; mais entouré par les Mexicains et par une troupe d'Indiens alliés, il forma ses soldats en carré creux, se défendit presque tout un jour, et tua 500 hommes à l'ennemi. Pendant la nuit les Texiens construisirent des remparts, mais les .Mexicains avaient reçu un renfort de 500 hommes ; les Texiens furent obligés de capituler à la condition d'être traités en prisonniers de guerre. On les dirigea sur Goliad avec force mauvais traitements ; puis on les fusilla par ordre de Santa-Anna avec quelques autres soldats, en tout 400 hommes. Cette sombre tragédie, qui a marqué d'infamie le nom de Santa-Anna et souillé les annales mexicaines, s'accomplit le 27 mars 4 836.

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