‹ Les États-Unis d'Amérique;Chapitre 70 sur 91 · ÉTAT OU MICHIGAN · texte numérisé non relu

ÉTAT OU MICHIGAN

plus vaste nappe d'eau douce qui soit au monde, a 380 milles de long sur 430 de large. La frontière entre les États-Unis et le Canada passe par son centre. Il est entouré par une côte rocailleuse et inégale , et renferme un nombre considérable d'îles , entre autres l'île Royale , qui a 40 milles de longueur et autant de large. Le lac abonde en esturgeons , saumons , truites et poissons blancs, dont la pêche se fait sur une grande échelle. Les tempêtes y sont aussi fortes que sur l'Atlantique. La profondeur et l'élévation du lac sont à peu près les mêmes que celles du lac Michigan. Ses eaux sont remarquablement claires; il reçoit trente rivières considérables , et se jette lui-même dans le lac Huron par le Saint-Mary' s river. Les rapides de ce détroit empêchent les navires de descendre d'un lac dans l'autre. Les Rochers peints (pictured Rocks) sont décrits sous le titre : Curiosités, Le lac Huron , au milieu duquel passe également la limite entre le Canada et les États-Unis, a 248 milles de long sur 430 de large, et renferme beaucoup d'îles, entre autres celle du grand Manitou , qui a 80 milles de long. Les bords de ce lac sont presque à fleur d'eau , mais il est très profond au centre. Le lac Erié a 240 milles de longueur sur une largeur qui varie de 30 à 60 milles. 11 reçoit les eaux des lacs Supérieur, Michigan et Huron, par la rivière du Détroit, et se jette lui-même dans le lac Ontario par la rivière du Niagara. Le lac Saint-Clair est placé entre le lac Huron et le lac Érié ; il a 24 milles de long sur 30 de large , et communique avec le lac Huron par la rivière Saint- Clair , qui se compose à son embouchure de six canaux dont un seul est navigable. Ce lac se jette dans le lac Érié par la rivière du Détroit. Les eaux navigables de la partie de ces lacs appartenant aux États-Unis sont sous la juridiction du gouvernement, de la même manière que celles des mers voisines des côtes.

Ile». — Plusieurs groupes d'îles sont situées dans la partie

lient du lac Michîgan. Les principales sont celles du Manitou , du Renard et du Castor ( Manitou, Fox and Beaver isles).

CwfMJté*. — Le rivage sud-est du lac Supérieur présente un singulier phénomène nommé les Rochers peints (pictural Roeks ). C'est une série de hauts rochers et de précipices qui figurent des murs, des tours, des ruines, des cavernes, de§ chutes d'eau, etc., avec une grande variété de combinaisons. Ils s'étendent sur une longueur de 4 2 milles ; leur hauteur est généralement de 300 feet. Quelques uns surplombent au-dessus des eaux. Leurs couleurs sont très variées ; il y en a de noirs , de jaunes, de rouges, de blancs et de bruns. Les vagues, poussées par les vents violents du nord, ont creusé ces rives rocailleuses en nombreuses cavernes, baies et dentelures qui ajoutent encore à l'effet romantique de ces rochers. En quelques endroits , les vagues retentissent dans leurs cavernes avec un bruit effrayant. Sur un point, une cascade qui tombe du sommet d'ua roc laisse un tel vide sous la courbe qu'elle forme, que les navires passent entre cette nappe d'eau et le rivage. Ailleurs, on aperçoit une masse de rochers supportée par quatre piliers naturels, et surmontée d'une touffe d'arbres verdoyants. On l'appelle le rosier Dorique ■ il ressemble étonnamment à une oeuvpe de Tait.

Iiami nwMméwe&m*. — On rencontre des sources salées en beaucoup de points de cet État,

predaffs végétan* — Les passes , les étangs et marais du . nord-ouest sont couverts de riz sauvage : c'est une haute graminée aquatique qui s'élève d'une profondeur de 6 à 7 feet . lorsque le fond est mou et vaseux. Elle monte presque aussi . haijt au-dessus de l'eau ; ses feuilles et ses épis ressemblent t beaucoup aux feuilles et aux épis de l'avoine , mais ils sont beaucoup plus larges. Lorsqu'on veut récolter le riz , on en at- . tft<$e tes *Ptf ÇS^Mepeur les défendre des oiseaux aquatiques

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qui s'y abattent par milliers. Quand il est mûr, des canots se répandent dans la plantation ; des draps sont étendus au fond des canots, et le grain est recueilli dessus. Le riz sauvage est aussi blanc que le riz commun ; mais il a beaucoup <)u goût de la sauge. Il entrait pour une grande part dans la nourriture des Indiens qui habitaient autrefois dans ce pays. Les forêts de cette partie du Michigan sont composées de chênes, de hêtres, d'érables, etc., qui s'élèvent à une grande hauteur. Les mêmes arbres reparaissent dans le sud de la péninsule. Le sol produit également bien des grains et des herbes. Les pommiers , les poiriers et les pruniers y fleurissent , mais le climat est trop froid pour les pêches.

Anima». — L'élan, Tours, le daim, le lynx, le chat sauvage, le blaireau, le raccoon, le lièvre, la marmotte, les écureuils, le dindon sauvage et les oiseaux aquatiques s'y rencontrent communément. On y rencontre aussi beaucoup de tvolverenes, ce qui fait quelquefois donner le nom de Wolverenes aux habitants du Michigan. On pêche abondamment dans les lacs, surtout dans le lac Huron, le célèbre poisson blanc, le siscaquet, et les saumons-truites qui pèsent de 4 à 70 poundi.

Minéraux, — Une partie des rivages méridionaux des lacs Michigan et Huron présentent de la pierre à chaux , du gypse et des sources salées. On trouve aussi en divers points du fer, du plomb, de la houille et de la tourbe. Le cuivre abonde au nord-ouest, et de grandes compagnies sont occupées à l'exploiter. Sur les bords de l'Ontonagon , des masses considérables de cuivre natif ont été recueillies , une entre autres qui pesait 2,200 pounds. La région du cuivre s'étend tout le long des rivages méridionaux du lac Supérieur, et ces mines sont probablement les plus riches de la terre. Dans la même région, une hauteur, qui contient d'inépuisables mines de fer, porte le nom de Montagne de fer.

CliaMii* — Les hivers sont fort rudes , particulièrement dans le nord , et la neige séjourne souvent pendant plusieurs semaines avec une épaisseur de 6 à 4 8 pouces, même dans le midi de rÉtat. La température moyenne de l'hiver est 20 degrés, et celle de l'été 80 degrés (^Fahrenheit). Le printemps est froid et humide, l'été est sec, l'automne doux , l'hiver sec et froid.

Sol. — Une grande partie de la péninsule du sud est fertile et très propre à l'agriculture ; la partie septentrionale abonde en hautes forêts , mais présente peu d'attraits pour le cultivateur à cause de son caractère âpre et des inégalités de sa surface.

Aapeet ém paya* — La division de cet État en deux péninsules est un trait remarquable de sa géographie physique. Le centre de la péninsule méridionale forme un plateau élevé de 300 feet audessus des lacs qui séparent les eaux du bassin du lac Michigan de celles du bassin des lacs Érié, Saint-Clair et Huron. La surface du pays est en général plane ou doucement ondulée ; la partie méridionale se compose de terres unies, connues sous le nom de Plaines aux chênes, dont le sol est très productif. De fertiles prairies s'étendent au sud-ouest. Les rives sud-est du lac Michigan sont semées de dunes auxquelles les vents donnent des formes fantastiques. Ces terres sont généralement nues ; quelques parties cependant se couvrent de chênes rabougris. La péninsule du nord est plus montueuse et plus accidentée. Les cours d'eau y sont obstrués par des rochers , et l'on y rencontre plusieurs cascades d'une grande élévation. Le nord-est est très accidenté : montagnes, lacs, rivières, rochers, cascades, semés dans un désordre hardi, qui arrive souvent au sublime , tel est le caractère de cette région.

Divisions. — Le Michigan est divisé en 30 comtés environ; mais il a peu de grandes villes.

Agriculture. — On cultive dans cet Etat le froment, le seigle,

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l'avoine , le maïs , le sarrasin , l'orge , le chanvre , le lin , les légumes et l'herbe à paître. Les fruits communs y mûrissent bien; les bêtes à cornes y sont nombreuses.

Manufactures. — Elles sont encore dans l'enfance , mais déjà considérables et en voie d'accroissement. On y trouve de nombreuses scieries hydrauliques , des moulins à farine , des forges, des papeteries, des tanneries, des brasseries, des filatures mécaniques de laine , etc.

Commerce. — Il consiste principalement dans l'exportation des produits surabondants, et ne laisse pas d'être fort considérable. On exporte surtout avec extension des fourrures de l'intérieur et des bois de construction. Les importations se composent des objets manufacturés à l'étranger , et de productions tropicales. Les stoam-boats, remorqueurs, et bateaux à voile donnent d'incomparables facilités à son commerce. Des bateaux à vapeur partis chaque jour de Buffalo vont toucher aux divers ports de l'Ohio , côtoient les rivages méridionaux du lac Érié, franchissent la rivière du Détroit , traversent le lac et la rivière Saint-Clair , croisent le lac Huron, et , dépassant le détroit de Mackinaw, se rendent à Milwaukee, dans le Wisconsin, et à Chicago, dans l'II* linois. Ils mettent environ quatre jours à faire ce trajet. Le voyage par bateaux à vapeur et chemins de fer, de Buffalo , le long du lac Érié jusqu'à Détroit, et de là à travers la campagne jusqu'à Michigan city, environ 500 milles, se fait en trente-six heures. Aujourd'hui un voyageur peut se rendre de Détroit à la ville de New-York en trente heures. Comme exemple extraordinaire de navigation intérieure non interrompue, nous dirons que les sucres sont apportés de la Nouvelle-Orléans à Détroit , par voie du Mississipi , à travers l'Illinois, l'Ohio et le lac Érié, à une distance de 2,200 milles.

Bols. — On abat dans les forêts de cet État d'immenses quantités de pins , de noyers , d'érables et de tulipiers qui sont confiés

aux eaux du Mississipi , ou expédiés 4 travers les lacs jusqu'à

New-York et Boston.

Mises. — On n'exploite guère que les mines de cuivre §ur les bords du lac Supérieur. Cette opération se fait sur une vaste échelle, sous la direction de compagnies établies dans nés grandes villes ; les associés les plus importants de ces compagnies sont à Boston et à Pittsburg.

Pêche». — La pèche du poisson blanc, du siscaquet, de l'esturgeon et du saumon-truite , emploie un nombre considérable de travailleurs. Ces poissons sont salés et exportés dans toutes les directions.

Chasse. — Des trappeurs en petit nombre font la chasse aux animaux sauvages pour vendre leurs fourrures, Des quantités considérables de ces peaux sont aussi recueillies par les Indiens; ils les apportent à Détroit , ou les vendent aux acheteurs qui les visitent dans leurs demeures éloignées.

CmmmuM. et chemins 4e fer. — Le Michigan a projeté, et s'occupe d'exécuter un vaste système de travaux intérieurs; mais une partie seulement est achevée. Un travail d'importance majeure, le chemin de fer central du Michigan, de Détroit à New- Buffalo, lac Michigan, est en voie d'exécution. Des chemins pavés en bois (plank road$ ) sont livrés à la circulation; il eu part cinq de Détroit. Les chemins de fer achevés sont de 427 milles.

Banques. — Il y a six banques, au capital de 763,060 dollars.

statistiques diverses. — En 4 850, cet État renfermait 74,646 habitations; 72,64 4 familles; 208,474 hommes et 486,626 femmes de race blanche; 4,442 hommes et 4,445 femmes de couleur; 34,089 fermes en culture; 4,979 établissements manufacturiers produisant au delà de 500 dollars par an. En 4 849 , il contenait 64 0,563 moutons , 52,30$ chevaux, 240,268 bêtes h cornes, et 228 moulins à blé, Il produit

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4,739,300 bushels de froment, 8,479,769 bushels d'autres grains, 7,700,000 pounds de laine, et 4,774,369 pounds de sucre d'érable.

Habitants. — Il reste encore un petit nombre des descendants des anciens colons français à Détroit ; mais la plupart des habitants du Michigan sont des colons venus des autres États , mélangés de beaucoup d'émigrants étrangers. Les Indiens ont presque complètement disparu de la partie méridionale.

Dette. — La dette du Michigan est de 2,529,872 dollars; le fonds des écoles s'élève à 500,000 dollars. Les propriétés productives lui rapportent 628,900 dollars; dépenses annuelles, 125,000 dollars.

Éducation. — L'université du Michigan , à Ann-Arbor, comprend l'enseignement de la littérature , des sciences , des arts , des lois et de la médecine. Cette institution a reçu une dotation considérable de terres. Albion possède une école supérieure méthodiste qui prospère. L'État renferme aussi quelques académies, et beaucoup d'écoles élémentaires. L'éducation y est l'objet d'une attention toute particulière.

Tilles principales. — La cité du Détroit, ancienne capitale, est la plus grande ville de l'État ; elle occupe la situation d'un ancien port et village français, qui portait le même nom à cause de sa situation sur )a rivière ou détroit qui relie le lac Saint-Clair au lac Érié. Quoique fondé au commencement du dernier siècle, Détroit n'était qu'un village en 4 830. Son commerce et sa population se sont accrus avec une grande rapidité dans ces dernières années , et s'accroîtront encore avec la prospérité de la grande région qui borde les lacs supérieurs. Cette ville sert d'entrepôt au commerce de fourrures du nord-ouest. Placée au centre de cette grande chaîne de mers intérieures, sur le plateau d'où s'échappent les principaux cours d'eau du continent , elle communique aisément avec Québec, New-York , la Nouvelle-Orléans,

et avec les rivages des lacs Supérieur, Huron, Michigan, etc. Elle possède quelques beaux édifices publics; ses rues sont régulières, spacieuses, et sa situation très agréable. Un grand nombre de grands bateaux à vapeur circulent entre cette cité et Chicago d'un côté, et Buffalo de l'autre , en touchant aux ports intermédiaires. Population: 24,057 habitants. Mackinaw, village et poste militaire des États-Unis, sur une île et un détroit du même nom, à l'extrémité nord-ouest du lac Huron ; il est dominé par un fort très bien placé sur un morne élevé. Les Indiens se réunissent une fois par an dans cette ville pour recevoir l'annuité que leur paie le gouvernement des États-Unis. Monroe city, près de l'embouchure dé la rivière du Raisin, possède un port accessible aux grands navires du lac , et fait un commerce important. Âdrtan est, après Détroit, la plus grande ville de l'État; Tecumseh, petit village sur le Raisin ; Ànn-Ârbor , siège de l'université du Michigan, belle ville en voie d'accroissement ; Ypsilanti, village prospère sur la rivière Huron, Jackson , sur la Grande rivière, ville considérable , et qui s'accroît encore , renferme une prison d'État ; Pontiac, sur le Clinton ; Kalamazoo et Marshall, sur le Kalamazoo river, méritent d'être citées. Sainte-Mary* s, près des rapides , est une ville commerçante et prospère ; Mont-Clemens, sur la côte du lac Huron, et Saint-Joseph , sur le Michigan , petites villes. Lansing, capitale de l'État, est agréablement située près du confluent de la Grande rivière et de celle du Cèdre. Le district environnant est extrêmement fertile. La plupart des villes de cet Etat sont dans le midi. Mackinaw et Sainte-Mary' s aux chutes sont les établissements les plus septentrionaux, si l'on en excepte ceux des mines de cuivre près du lac Supérieur. Niles , vers le midi de l'État, ville importante et en voie de progrès. Dans le comté d'Ottowa , sur le rivage est du lac Michigan, est un riche et prospère établissement fondé depuis peu par 3, 000 AIlemands, qui y possèdent de belles terres et un bon port.

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