‹ Les États-Unis d'Amérique;Chapitre 75 sur 91 · CHAPITRE XLIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIH

Caractère gémértU 4n paya, — Ce ternaire est placé dans une classe a part des États-Unis, comme la demeure permanente d'un certain nombre de tribus et de nations indiennes qui y ont été refoulées par l'ordre du gouvernement général.

Maatagnm. — L'angle suri-ouest de ce territoire est traversé par la chaîne de YOzark. A l'ouest de ce point, le pays offre une série de plaines légèrement ondulées, s 'élevant graduellement vers les montagnes Rocheuses. Ces montagnes forment plus loin la frontière occidentale du territoire de Nebraska, et vont ensuite traverser le territoire du Nouveau-Mexique,

Prairies. — L'est du territoire Indien se compose de fertiles prairies où coulent des rivières bordées de forêts.

Départ. — Un immense terrain appelé le Grand Dtwrt américain s'étend à l'orient des montagnes Rocheuses, depuis le territoire du Nebraska jusqu'au Texas, sur une longueur de près de 600 milles, en se rapprochant de la frontière est de ce territoire. Le sol n'est formé que d'un sable aride et stérile où il ne croit que

(1) L'étendue de ce territoire est estimée diversement à cause de la différence des limites au nord et à l'ouest adqplées par des diverses autoriAés.

32 i TERRITOIRES DE LA VALLÉE DU MISSISSIPI.

peu d'arbres et d'arbrisseaux. De vastes espaces n'offrent que des rochers nus, du gravier et du sable où poussent çà et là quelques cactus , quelques vignes et autres plantes du même genre. Presque tout ce pays est privé d'eau une partie de l'année, ou n'offre au voyageur épuisé qu'une boisson amère et saumâtre. Ia> sol , en un grand nombre d'endroits, se couvre d'efflorescences salines blanches ; il est impropre à la culture, bien que pendant la saison pluvieuse il soit traversé par une foule de cours d'eau, et qu'on y trouve quelques oasis où pâturent des troupes de bisons , de chevaux sauvages et d'autres animaux. Ces oasis servent de retraite aux Indiens dans leurs lointaines expéditions de chasse.

Fleuves et rivières. — Le Nebraska ou Flatte formait autrefois la frontière du nord. On l'appelle le Shallow river , parce qu'il est si peu profond qu'il peut être passé à gué dans presque tout son cours à l'époque des eaux moyennes. Le Kansas est maintenant considéré comme faisant la limite de ce territoire. L'Arkamas sort des montagnes Rocheuses près de la source du rio Grande et du rio Colorado de l'ouest. Il forme la frontière entre le territoire Indien et le Nebraska à l'ouest. La navigation y est difficile, parce qu'il est peu profond et que pendant la saison sèche il disparait quelquefois complètement en certaines parties. Les bateaux à vapeur du Mississipi le remontent jusqu'au fort Gibson, quelques milles à l'ouest des frontières de l'Arkansas. Cette rivière reçoit du nord divers petits cours d'eau ; son principal tributaire, au sud, est la Canadienne, qui a 4,000 milles de cours. La rivière Rouge (Red river) prend sa source dans le Nouveau-Mexique et , coulant à l'ouest , fait partie de la limite méridionale de ce territoire , puis va se jeter dans le Mississipi après avoir traversé la Louisiane.

Animaux. — Le bison, le cheval sauvage, l'élan, le daim, le loup, l'ours gris, diverses espèces de quadrupèdes plus pe-

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tits, les grues, les oiseaux aquatiques errent dans celte région en troupes considérables. Les Indiens s'emparent des chevaux sauvages, et les forment pour la chasse. Cet animal, si docile à l'état domestique, est dans son état sauvage un des plus timides et des plus vigilants entre les animaux de la création. On le prend avec le laço et quelquefois par un procédé appelé creasing, qui consiste à lui envoyer dans une certaine partie du cou une balle dont Tenet est de déterminer une paralysie temporaire. Les chevaux de l'ouest , ceux des prairies surtout, sont sujets à une sorte de panique à laquelle on a donné le nom de stampède. Sous son influence, les chevaux d'une tribu ou d'une compagnie de voyageurs brisent tous leurs freins , et dans leur terreur furieuse s'élancent au galop, et finissent quelquefois par s'abattre et mourir de fatigue ou de peur. Les bêtes bovines sont parfois frappées de la même terreur. C'est probablement le résultat des habitudes sauvages de ces animaux.

Sol et climat. — Ce territoire peut être divisé en deux sections. Celle de Youest, d'une largeur d'environ 50 milles, n'est guère qu'un désert, semé de plaines ou prairies dans lesquelles paissent les bisons et les chevaux sauvages. La section de Y est, large d'environ 200 milles et longue de 300, renferme un très beau pays de prairies et de forêts, coupé de vallées où coulent des eaux fécondantes. Les bêtes fauves et le petit gibier y sont si abondants, que c'est une sorte de paradis pour le chasseur indien. Le midi de ce territoire jouit d'un climat si doux, que les animaux domestiques trouvent à s'y nourrir pendant l'hiver, sans que leurs maîtres aient à s'en occuper. Une faible portion est occupée par des montagnes et des hauteurs aplaties. Le reste est propre à la culture, et produit en grand nombre des grains et des végétaux communs dans les territoires de même latitude situés plus à l'est. Le pays convient merveilleusement à l'élève du bétail.

■ftUteato. — Les habitants de ce territoire sont des Indiens qui y ont été refoulés pour la plupart de diverses parties des États-Unis. Les Chickasawê et les Choc taxes étaient des tribus alliées du nord du Mississipi et de l'Alabama. Elles ont été refoulées dans ce pays il y a quelques années ; elles s'y sont mêlées et demeurent maintenant ensemble. Elles habitent la frontière méridionale, et sont dans un état assez avancé de civilisation. Ces Indiens se construisent des maisons, ferment leurs champs, cultivent le mais indien et le coton , construisent des moulins à farine, des scieries hydrauliques et élèvent beaucoup de chevaux , de bêles bovines, de moutons et de porcs. Ils possèdent une constitution écrite et un gouvernement régulier. Les États- Unis leur paient une annuité, et des missionnaires se sont établis au milieu d'eux. Les Creeks, anciens habitants de la Géorgie , habitent un fertile district plus au nord , où ils possèdent quelques villes, et cultivent des jardins, des vergers et des champs bien labourés. La garnison du fort Gibson s'approvisionne chez eux de maïs indien et de légumes. Ils ont aussi leurs missionnaires et leur gouvernement régulier. Les Semnole$ y venus de la Floride, étaient dans l'origine une branche de la tribu des Creeks ; ils parlent le même langage et ils vivent maintenant dans le même pays. Le travail leur répugne toujours; ils ont fait cependant quelques progrès. Au nord-est des Creeks, vivent les Cherokees de la Géorgie, les plus avancés en civilisation de toutes les tribus indiennes. Le pays qu'ils habitent est très beau , leurs maisons sont commodes , leurs fermes prospères ; ils élèvent de grands troupeaux de bêtes à cornes, travaillent le sel , le coton, la laine, le fer et possèdent même une imprimerie. Us ont un gouvernement régulier, une législation, avec tribunaux , shérifs et toute l'organisation nécessaire pour faire respecter la loi. Plus au nord, on rencontre les Otages, les Shawnees, les Kanzas, les Delawares , les Kickapoos et Jes

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Otoes. Les Sioux et les Arrapahoes habitent à l'ouest. Quelques unes de ces tribus sont venues s'établir dans le territoire Indien, d'autres y étaient indigènes. La plupart conservent leurs habitudes sauvages, modifiées seulement en ce qu'ils se servent du cheval , de la carabine et des couteaux d'acier. Ils ont des superstitions , mais peu de religion. Un cercle de squelettes indique souvent le terrain qui leur sert de cimetière. Les corps sont placés sur des plates-formes élevées jusqu'à ce qu'ils soient desséchés. Leur principale occupation est la chasse. Quelques uns ont des villages pour l'été, et ils errent aux environs avec leurs tentes pendant les saisons de la chasse, — l'automne et l'hiver.

Histoire. — Ce territoire a été acheté avec la Louisiane. C'est pendant les vingt-cinq dernières années qu'il est devenu la demeure des tribus indiennes refoulées des États de Test. Les tribus qui ont des demeures fixes reçoivent des annuités des États-Unis , au moyen desquelles elles se procurent des forgerons et autres «artisans. U y a aussi (les missionnaires m milieu d'eux. Le dessein du gouvernement a été de les préserver du contact corrupteur des blancs et de les placer dans des circonstances favorables pour en faire des chrétiens et des hommes civilisés. Cette politique promet d'être couronnée de succès*

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