CHAPITRE XLII
Caractère* généraux du pays. — C'est un terrain vaste et inorganisé, dont la plus grande partie n'a jamais été explorée que par les Indiens.
Montagnes. — Les montagnes Rocheuses, qui forment la frontière occidentale de cet État, s'élèvent jusqu'à 4 3,570 feet au pic de Frémont. Dans cette région, elles sont couvertes d'une
neige perpétuelle. Les Black Hills (collines noires), qui commencent au sud-ouest, s'étendent vers le nord jusqu'auprès du fort Laramie. De là elles s'avancent vers le nord-est, et croisent presque tout le territoire jusqu'au Missouri.
Prairies. — Une grande portion de ce territoire se compose de vastes prairies qui s'étendent souvent sur un espace d'une centaine de milles. Les cours d'eau sont ordinairement bondés de bois aux grands arbres. Le sol y est généralement léger. On rencontre en quelques points des plaines de sables tout k fait nues, et ailleurs les vestiges d'une action volcanique. Ces plaines fournissent une pâture abondante à d'immenses troupeaux de bisons , de daims , d'antilopes qui errent dans ces parages.
Désert. — Le Grand Désert américain pénètre dans le Nebraska; nous le décrivons au chapitre du territoire Indien.
WUBmvem et rivières. — Le Missouri, avec le Mississipi dont il est réellement la source, a un cours de 4,500 à 5,000 milles; c'est beaucoup plus qu'aucun autre fleuve du monde. Sa source, explorée d'abord par Lewis et Clarke , en 4 805, se trouve dans les hauteurs des montagnes Rocheuses, à trois quarts de mille seulement de la source de la Columbia, qui coule k l'ouest et va porter ses eaux dans l'océan Pacifique. Trois petites rivières, le Jefferson, le Gallalin et le Madison, s'unissent dans les montagnes et se font jour pendant 5 milles à travers une barrière de rochers, qui de chaque côté de leur lit n'ont pas moins de 1,200 feet de hauteur. La convulsion qui a frayé ce passage au Missouri doit avoir été terrible, comme le prouvent les énormes colonnes de rochers arrachées des montagnes et roulées dans la vallée. Au-dessous de ce point, le fleuve descend sur des rapides de 350 feet, pendant un cours de 45 milles. Le lit du Missouri est extrêmement contourné, rempli d'îles, de bancs de sable, de barres, de hauts-fonds, et change constamment, tant ses eaux minent profondément ses rives. Son courant est rapide et
sa navigation difficile. Les parties inférieures en sont cependant continuellement parcourues par les bateaux à Tapeur qui, pendant les hautes eaux, remontent jusqu'à l'embouchure du Yeliow Stone river ( rivière de la Pierre jaune). Son cours, depuis sa source jusqu'à sa jonction avec le Mississipî , est de 3,000 milles avec tous ses circuits. Le Yeliow Stone prend sa source dans le Wmd river mountam ( montagne de la rivière du Vent ), embranchement des montagnes Rocheuses ; son cours supérieur est rapide, mats 300 milles au-dessus de sa jonction avec le Missouri, il coule tranquillement dans une fertile et belle vallée où il est remonté par les bateaux à vapeur. Beaucoup d'autres rivières plus petites descendent des Black Hills et vont grossir le Missouri. C'est dans cette région que se trouve le Passage du sud ( South Pass > par lequel les émigrants traversent les montagnes Rocheuses pour arriver dans la région du Pacifique. C'est là aussi qu'on trouve la montagne gravie par Frémont, et qui porte son nom; elle a 4 3,570 feet et se couronne d'une neige perpétuelle. Le Nebraska, ou Vlatte river, a ses deux sources près des montagnes Rocheuses, et coule à l'est jusqu'au Missouri. Du fort Laramie au Missouri il v a une distance de 700 milles ; une tentative faite en 4842 pour descendre la rivière en bateau à partir de ce point a été déconcertée par les écueils et les bancs de sable.
Lacs* — D y a plusieurs lacs dans ce territoire, mais aucun n'a une grande étendue.
AMâmmmx* — Les grandes prairies du Missouri sont habitées par des troupeaux de bisons. On en aperçoit quelquefois plusieurs milliers répandus dans les hautes herbes aussi loin que l'œil peut s'étendre. Sont-ils effrayés par les chasseurs, ils se précipitent tous à la fois dans la même direction, remplissant l'air de leurs beuglements et faisant trembler la terre sous leurs pas. Si un chasseur se trouve enveloppé dans cette masse épou-
vantée, lui et son cheval sont sûrs d'être jetés à terre et foulés aux pieds jusqu'à ce que mort s'ensuive. A côté de ces troupeaux , on aperçoit quelquefois des troupes de loups de prairie au guet, et sûrs de faire fête de tous les buffles qui sont blessés par hasard. Quelquefois ils enferment leur victime dans un cercle, et attendent qu'elle meure ; quelquefois ils l'attaquent, et une sanglante bataille s'engage. Plusieurs loups périssent ordinairement dans la rencontre. Le buffle se défend d'ordinaire jusqu'à ce que sa langue soit mise en pièces et que ses entrailles soient dévorées par les assaillants ou dispersées en lambeaux sur la terre. Les chasseurs indiens font une guerre incessante au bison pour sa chair et sa peau. Ils l'attaquent ordinairement à cheval, quelquefois avec des carabines, d'autres fois avec un arc et des flèches. L'élan et le daim abondent également dans les prairies ; on trouve au pied des montagnes Rocheuses quelques troupeaux d'antilopes aux pieds légers. Là aussi vit l'ours gris qui, particulier à ces régions occidentales, est la plus redoutable des bêtes de proie du continent américain. Dans les montagnes errent des troupeaux de chèvres et de moutons sauvages qui sont indigènes à ce pays, de même que les autres animaux que nous venons de mentionner. Les eaux , en beaucoup de points, nourrissent des légions d'oiseaux aquatiques, entre autres d'oies, de cygnes, de pélicans. On rencontre aussi dans les plaines une pie qui ressemble presque complètement à celle d'Europe, et qui n'existe dans aucune autre partie de l'Amérique.
Habitante. — Ce territoire est entièrement au pouvoir des Indiens, à l'exception d'un petit nombre de forts et de stations possédés par les chasseurs et les compagnies qui font le commerce des fourrures. Le Nebraska renferme aussi quelques sociétés errantes de blancs qui font le métier de chasseurs et de trappeurs, et vivent parfois des années loin de la société civilisée. Le gouvernement des États-Unis possède Fort Laramie, près des collines
Noires sur la branche nord de la Platte. Les principales des tribus indiennes de ce pays sont : les Penvnees, dans l'angle sud-est du territoire, sur les deux rives dn Nebraska ; les Puncas et ffenofo*, feu nord, sur le Missouri ; les fittes, près des sources du Wbfte river, ou rivière Manche ; les Skiennes, sur la rivière qui porte leur nom ; les Jttcums, les Mbinetarees et les Assini- Ooûw*, au nord, sur le Missouri; les Crmos et les Bktckfeet (pieds noirs), qui occupent f angle nord-ouest du territoire. L'Intéressante tribu des Mandant est maintenant éteinte. La plupart des Indiens nue nous avons nommés gardent leurs habitudes 4e sauvagerie traditionnelle, excepté qu'ils se servent de chevaux, de carabines, de couteaux d'acier, de couvertures , 4 l'imitation des blancs. Ils ont des villages qu% occ up ent «m été, et cultivent quelquefois le maïs indien et quelque* légumes, fin automne , ils changent de lieu pour chasser, phunt leurs tentes pour quelques jours ou pour quelques semaines , selon qu'il est nécessaire. Ils vivent surtout de chasse, et ont fréquemment de sanglants conflits avec les tribus rivales. Maftotii. — €e territoire était compris dans l'achat de la Louisiane. Il est resté au pouvoir des Indiens, et les blancs n'en ont exploré qu'une petite partie. On l'a appelé territoire du Missouri et du Nord-Ouest ; «nie désigne plus généralement maintenant sous le nom de Nebraska.
T€RR1T0fRE INDIEN.
étendue estimative, de 100,000 a 156 ,000 mille»
riiè(l|.
Population, 70,000 à 100,000 Indiens.