TERRITOIRE DU NOUVEAU-MEXIQUE
coule au sud , et va se jeter dans le golfe du Mexique après avoir , dans la partie inférieure de son cours, séparé le Mexique des Etats-Unis. Le cours entier de ce fleuve est de 2,000 milles avec ses détours. Sorti des glaces perpétuelles du nord, il a son embouchure dans une région quasi-tropicale. Sa pente est considérable , et son cours très rapide dans sa partie supérieure ; il féconde le sol , mais il est impropre à la navigation. On croit cependant qu'après quelques travaux de peu d'importance les bateaux à vapeur pourraient le remonter sur une longueur de 700 milles jusqu'à la ville espagnole de Loredo. Le Gila sort des monts Anahuac et se rend non loin du Colorado de l'ouest, dans le golfe de Californie.
Lacs. — A environ 100 milles au sud-est de Santa-Fé, et sur le haut plateau situé à l'est du rio Grande , on trouve plusieurs lacs salés qui fournissent le pays de sel. De nombreuses caravanes vont annuellement de Santa-Fé s'en approvisionner pendant la belle saison.
Animaux. — Le plateau qui est à l'est des montagnes Rocheuses nourrit des buffles , des chevaux sauvages et des daims. Dans les régions montagneuses , on trouve l'ours brun , l'ours gris , le loup, la panthère, etc.
minéraux. — Ce pays produit de l'or , du cuivre , du fer, de l'argent , de la houille , du gypse , de la sélénite et du se) ; mais ces mines sont très peu exploitées, excepté celles d'or et de cuivre. La sélénite sert à faire des carreaux de fenêtre. On tirait de ce pays des quantités considérables d'or dans les premiers temps de sa découverte , et l'on ne peut douter qu'une exploration attentive n'y fasse découvrir encore de riches mines de ce précieux métal.
Climat. — Les hautes montagnes sont couvertes de neiges perpétuelles. Les hivers sont longs et rudes dans le nord ; à Santa-Fé , il neige et gèle fréquemment , mais la glace n'est ja-
mais assez forte sur le rio Grande pour que les chevaux puissent la traverser. Le ciel est ordinairement clair et l'atmosphère sèche, excepté pendant la saison pluvieuse , e'est-à-dire de juillet à octobre. Le pays est généralement sain.
S*l» — La vallée du rio Grande est sablonneuse ; elle produit deux moissons par an , mais elle a besoin d'être arrosée. Une grande partie du pays est occupée par des montagnes et des chaînes de collines, et il ne reste à la culture que les plateaux et les vallées.
Aspect du paya. — Des montagnes de hauteurs diverses traversent le pays, environnant la vallée du rio Grande et les vallées plus étroites où coulent d'autres cours d'eau : d'autres forment des plateaux étendus et élevés. A l'est des montagnes, on voit se déployer de hautes prairies , des plaines , et une portion du désert d'Amérique ; cette partie du territoire est hantée parle bison et le cheval sauvage , et habitée par une féroce tribu d'Indiens appelés les Camanches.
AgHeadtaro et manufactures. — L'agriculture s'opère à la manière primitive dans le Nouveau-Mexique ; on y emploie beaucoup la houe et la grossière charrue de bois. Les irrigations , rendues nécessaires par la sécheresse du sol , se font en étanchant les ruisseaux et en conduisant l'eau dans des rigoles qui coupent ou entourent les cultures. Ce travail est exécuté par les habitants des villes et des villages qui s'unissent dans ce but , et allouent à chaque propriétaire la quantité d'eau qui lui revient. Les champs n'ont pas de clôtures , les troupeaux étant gardés par des bergers. Les haciendas sont de vastes exploitations agricoles dirigées par de riches propriétaires qui emploient un grand nombre de travailleurs indiens tenus dans une sorte de servitude appelée péonage. On élève dans les fermes des troupes de chevaux > de mulets , de bêtes à cornes , de moutons , et de chèvres de petite race , mais qui pullulent. Ces bestiaux sont
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souvent volés par des Indiens rôdeurs. D'immenses terrains restent inoccupés parce qu'ils sont trop arides et trop montagneux pour être cultivés ; mais ils seraient excellents pour y élever le bétail . Le maïs indien est la principale culture ; on y produit aussi cependant beaucoup de froment et de légumes. Les vignobles prospèrent en quelques points. 11 y a dans le pays des manufactures domestiques qui ont de l'importance .
Habitants. — La population de ce territoire est , à ce qu'on suppose, de 65,000 à 4 00,000 habitants. Les sept huitièmes sont des Indiens auxquels se sont mêlés quelques créoles ou métis ; un petit nombre sont venus d'Espagne , mais les Américains y sont nombreux. Les Indiens appelés pueblos, ou Indiens de village, pour les distinguer des Indiens sauvages, composent plusieurs tribus ayant un langage commun; ils s'élèvent à 20,000. Us conservent quelques unes des anciennes superstitions mexicaines mêlées aux dogmes catholiques qui leur ont été enseignés par les prêtres. Ils demeurent dans des villages isolés , cultivent le sol et élèvent du bétail. Ils sont pauvres , frugaux et sobres , et conservent cet aspect triste et rêveur qui caractérise leur race. Leurs villages sont régulièrement bâtis. Dans quelques cas , une seule grande maison à plusieurs étages sert pour tout un village. Les portes sont dans le toit; on y monte au moyen d'échelles que l'on retire la nuit. Leurs armes sont les flèches, la lance, et quelquefois le fusil. Les habitants les plus civilisés ressemblent aux Mexicains. Les classes supérieures adoptent les modes américaines ; les gens du peuple portent des manteaux ou couvertures de laine blanche sur les épaules avec de larges pantalons ornés de boutons brillants , et fendus de la hanche en bas pour laisser voir les caleçons de coton blanc qu'ils portent par-dessous. Les femmes portent le rebosoy qui est un petit châle coquettement contourné autour de la tête. Les deux sexes aiment également la cigarette, la sieste
après le dîner, le jeu de monte, et le fandango. Au nord-ouest sont les Camanches, qui s'étendent jusqu'au Texas. C'est une race sauvage , pillarde , montée de chevaux légers , et faisant souvent des incursions dans le voisinage pour voler.
Ville*. — Santa-Fé , la capitale , est à environ 4 2 milles à Test de Rio-Grande. En comptant les villages adjacents , elle renferme environ 7,000 habitants. Elle a été longtemps connue comme rendez-vous des caravanes marchandes qui , partant du Missouri, traversent le territoire indien et le Grand Désert américain. Ils se servent de chevaux et de mulets, mais il est question d'y employer les chameaux, parce que ces animaux peuvent vivre longtemps sans boire , et que l'eau est rare dans le désert. Ces caravanes se composent quelquefois de deux à trois cents marchands. Les autres villes sont petites. Les principales sont Albuquerque, Valverde et Paso del Norte. Celle-ci est dans une région renommée pour ses vignobles.
Antiquités. — Près des lacs salés déjà décrits, sont les ruines d'une ancienne cité de mineurs espagnols, probablement bâtie sur les ruines d'une ville indienne plus ancienne encore. On suppose qu'elle a été détruite en 4 630 ; mais son histoire reste enveloppée de mystère.
Histoire. — Ce pays fut découvert par quelques aventurière espagnols en \ 581 . Il fut colonisé en 1 594. Les Indiens furent conquis et réduits en esclavage ; des villes s'élevèrent et de riches mines furent mises en exploitation. Mais , en 1 680 , les Indiens, réunis en insurrection générale , repoussèrent les Espagnols hors de leur pays. Une guerre de dix années s'ensuivit , pendant laquelle les Espagnols reprirent le dessus. Ils continuèrent à dominer dans le pays jusqu'à l'indépendance du Mexique , en 1 821 . Il devint alors un État ou département de la république , sous le titre de Nouveau-Mexique. Un petit nombre d'Américains, sous les ordres du général Kearney, s'en emparèrent le 4 8 août \ 846,
et, à la paix de 4 848 entre les deux républiques, il a été maintenu aux États-Unis, qui, en 4 850, lui ont reconnu un gouvernement territorial.
Etendue, de 600,000 à 700,000 milles carrés.
Population, 250,000 à 300,000 habitants blancs ; estimée 100,000 Indiens.