‹ Les États-Unis et l'exposition de 1878Chapitre 4 sur 19 · LES ETATS-UNIS ET L'I · texte numérisé non relu

LES ETATS-UNIS ET L'I

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Entre l'Ainérique Anglaise et le Mexique, les Etats-Unis occupent, au centre de TAmérique du Nord, près de 935 millions d'hectares, plus que le Brésil dans l'Amérique du Sud. Dans cet immense espace presque rectangulaire^ les divisions naturelles sont marquées très-nettement. Partout, le Nord et le Sud diffèrent par les caractères les plus essentiels : le Nord est froid ou tempéré, le Sud est chaud et môme torride : il y aurait une ligne à tracer qui couperait la côte du Pacifique vers le 40» lat, N., les Montagnes Rocheuses vers le 3,7» puis le Mississipi, puis la côte de l'Atlantique vers York-Town. Les deux climats se retrouvent dams chacune des régions naturelles, car tous les grands accidents géographiques sont dirigés du Nord au Sud. Du Nord au Sud courent les AUeghanys, qui séparent les Treize Colonies de ce qui était pour elles le Far- West ; du Nord au Sud courent les Montagnes Rocheuses, qui séparent les ^tats de l'Ouest

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du bassin du Mississipi ; du Nord au Sud coule le (( Père de» Fleuves » , dont le bassin forme lui-môme deux régions, le pays des affluents de rive gauche sortis des AUegbanys, et Timmense terre encore presque vierge que parcourent les affluents de rive droite.

Ce sont les AUeghanys ou Apalaches qui déterminent le caractère de toutes les régions naturelles dans la partie orientale des États-Unis. Les AUeghanys, peu élevées, sont les montagnes sœurs du Jura, et par Tâge géologique et par la ressemblance. En très-grande partie calcaires, surtout au centre, elles ne forment pas une chaîne : c'est un grand nombre de chaînons, séparés par de profondes vallées, ou coupés pour le passage des fleuves par des écluses profondes, dont les a palissades » s'élèvent à i 50 et 200 mètres. Sur ces montagnes s'étendaientautrefois des forêts immenses et vierges ; depuis deux siècles, la hache les a partout entamées et fait disparaître sur plusieurs points ; néanmoins, elles sont encore très-riches, et présentent, à mesure que changent la latitude et la constitution géologique de la chaîne, un abrégé bien complet de la flore arborescente de l'Est. La montagne elle-même, comme toutes les montagnes calcaires, est percée à l'intérieur de grottes, de cavernes, de fissures et de passages croisés : on dirait une immense éponge pétrifiée ou une gigantesque mie de pain durcie depuis de longs siècles. La plus célèbre de ces

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cavernes est celle du Mammouth^ dans l'État de Kentucky : sa longueur totale est dei5 kilom., mais on en peut faire 240 si Ton veut suivre ses 223 galeries; l'eau coule dans presque toute la grotte, faisant des rivières de ces couloirs, et des lacs de cet grandes salles dont le plafond est parfois si haut qu'il échappe à la lumière des torches ; un fleuve, le Styx, traverse la grotte et s'échappe, comme il est venu, par une cascade souterraine, sauf à l'époque des grandes pluies, où il se rend dans la Rivière Verte; une faune spéciale habite ce monde aouter^ rain, faune de poissons et de sauriens aveugles dont toutes les espèces ne sont pas encore bien connues.

Il est remarquable que, dans la région de TEst, les trois masses primitives de colonies se soient trouvées groupées suivant les différences des climats et des systèmes géologiques. Au Nord, dans le pays froid et en général granitique, la Nouvelle-Angleterre ; au Centre, dans les pays calcaires, les anciennes colonies suédoises et hollandaises, et les fondations tout originales de la Pensylvanie et du Maryland; au Sud, dans le pays mi-calcaire, mi-granitique, . encore tempéré dans une partie de la Virginie, mais chaud dans tout le reste, les colonies féodales et anglicanes, qui sont devenues les États du Sud.

La presqu'île del'Acadie, aujourd'hui la .Nouvelle- Ecosse, n'appartient aux États-Unis que par la partie méridionale de son isthme, l'État de Maine ; au Sud, les bassins du Merrimao et du Connecticut forment

une région qui lui est toute semblable. Sauf le cap Cod, longue langue recourbée qui s'avance dans la mer, tout le pays est granitique, montueux, froid, humide ; les bois y occupent une grande place; les vallées sont bien cultivées, c'est un pays agricole, semblable aux parties les plus froides dek Grande- Bretagne. Cependant, des villes bien placées, sur des cours d'eau abondants qui fournissent une ample force motrice, font une grande industrie : Lowell est, dans le Nord, la première ville cotonnière. Boston, avec ses 300,000 habitants, réunit presque tout le commerce de cette région, viandes, farines et glace pour lea pays les plus éloignés du monde, pour rinde et pour l'Australie. Boston, qui se décerne le titre d'Athènes des États-Unis, parce qu'elle a conservé quelque chose de la culture européenne, Boston a, paraît-il, gardé beaucoup de traces de ses origines puritaines : là, se conserve Tesprit presbytérien avec sa rigueur étroite, les mœurs antiques et aussi, dit-on, des idées qui passeraient pour « en retard d dans d'autres parties des États-Unis. Le groupe d'Etats dont Boston est le centre comprend le Maine (cap. Augusta),le New-Hampshire (cap. Concord),le Vérmont (cap. Montpellier), le Massachussetts (cap. Boston), le Rhode-Island (cap. Providence), et le Connecticut (cap. Hartford), C'est là la « Nouvelle- Angleterre», qui a plus de trois millions. et demi d'habitants.

Au sud, le long de la côte, sur la chaîne des

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Alleghiinys, et les dépassant môme pour aller toucher les grands lacs, s'étendent les « États du Milieu » : New-York (cap. Albany), Pennsylvanie ' (cap. Harrisburgb), New-Jersey (cap. Trenton), Maryland (cap. Annapolis), Virginie occidentale (cap. Wheeling), Delaware (cap. Dover). Dans ce pays, la côte est presque partout granitique et profondément dentelée; l'intérieur des terres, couvert par les chaînons des Alleghanys, est calcaire; les fleuves, en général abondants et rapides, coulent dans de profondes vallées et viennent tomber dans des baies qui s'allongent entre de grandes presqu'îles, formées de terrains de sédiments tertiaires. Le pays est, en général, agricole, peu riche dans le New-York septentrional, au delà des Alleghanys, le long des lacs Érié et Ontario, fertile dans les vallées parallèles de l'Hudson, de la Delaware» de la Susquehanoah. Chaque fleuve a, près de son embouchure, au fond de la large baie qui le reçoit, sa grande ville d'industrie et de commerce, New- York, Philadelphie, Baltimore. New-York^ simple ville d'un État dont Albany, qui n'a pour elle que des souvenirs, est capitale, a aujourd'hui un million d'habitants, et près du double si on lui ajoute ses faubourgs : Brooklyn, qui a 500,000 âmes; Newark, qui en a 420,000, et six ou sept autres qui, chaque jour, augmentent dans d'énormes proportions.

New- York, située dans l'île de Manhattan, qui fut si chaudement disputée aux Hollandais pendant le

ilO DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE

dix-septième siècle, à rembouchure de l'Hodson, fait face à File de Long-Island, où est Brooklyn, arsenal maritime de T Union. New- York, T « Empire City », est la première ville de commerce de TAmèrique, et- elle est surtout le centre de l'immigration aux États-Unis ; c'est là que débarquent presque tous ceux des Européens qui viennent se fixer dans l'Union; et beaucoup s^ar* rêtent à New-York, qui voit ainsi sa population s'accroître de 430,000 âmes en dix années : un tiers de ses habitants sont Allemands, et un autre tiers. Irlandais. L'État de New- York renferme aussi BuffalOj grande ville de 125,000 âmes, sur le lac Érié, à vingt-cinq kilomètres au^essus de la fameuse chute de Niagara. Bien qu'endommagée par la ruine d'une partie de la roche d'oîi l'eau se précipite, la cataracte du Niagara est encore l'un des spectacles les plus imposants du monde : elle forme un fer à cheval, au centre duquel est une île qui coupe la chute en deux; une tranche d'eau de six à dix mètres d'épaisseur se précipite d'environ cinquante mètres dans une gorge pleine de tourbillons où le lac Ontario commence. La Pennsylvanie, par sa situation, est un pays privilégié : elle touche la mer, où Philadelphie, avec ses 850,000 habitants, est la première ville d'industrie des États-Unis ; elle touche les grands lacs Canadiens, par le port assez important à'Erié; elle est traversée par les chaînons boisés et les vallées fertiles des

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Alleghanys; enfin, avec le cours supérieur de rohio> elle possède une partie du bassin minier le plus riche des États-Unis et du bcissin houiliier te plus riche du monde ; Pittsburgh, l'ancien fort Duquesne du temps ^ la Nouvelle -France, a déjà i50,000 habitants et n'a pas de rivale pour l'industrie du fer. Le Maryland annonce les États du Sud : le PotomaC) sa grande rivière, dont la guerre de la Sécession a fait connaître le nom dans le monde^ a sa source en paj's calcaire, son embouchure dans . une côte graniti<)ue ; la tempéraRare n'est plus froide comme à New^^York ou à Buffalo, le tabac et le blé poussent côte à côte. Baltimore^ près de la baie de Chesapeake, a 300,000 habitants.

Sur les bords du Potomac, enire le Maryland et la Virginie, le Congrès a taillé un carré de quelques lieues dans tous les sens, terre neutre, qu'il administre lui-même, qui n'appartient à ai^cun Etat, et où il réside. Il n'y a pas beaucoup plus de i 10,000 âmes dans la capitale des États-Unis : Washington est une ville large, régulièrement bâtie, sur le Potomac, dont le CafHtole, siège de la souveraineté nationale, la Maison-filanche^ demeure du Président, et les administrations fédérales font toute Timportance et tout Tintérêt.

Les États du Milieu, qui étaient le centre politique de rUnion, mais tendent à ne plus Têtre, ont une pqpulation d'ensemble de plus de dix millions et demi d'habitantâ.

112 DESCRIPTION GÉOGRAPHrQUE

Parmi les États du Sud-Est, la Virginie lient le premier rang, et elle Ta longtemps tenu dans rUnion tout entière. La patrie de Washington, la vieille colonie des francs-tenanciers et des gentilshommes royalistes, a fourni quatre des cinq premiers présidents. Elle a toujours représenté le Sud dans ses caractères les plus acceptables, et elle a défendu sa cause avec ardeur. Dans la guerre de la Sécession, elle lui a donné sa capitale, Htchmond, sur le James-River, et c'est sur son territoire, entre Richmond et Washington, entre le James etlePotomac, qu'a été le grand champ de bataille : le Sud, l'élément aristocratique, agricole, et — il faut bien le dire aussi — l'esclavage ont succombé : la Virginie est sortie affreusement blessée de la lutte, déchue de son rang, atteinte dans toutes ses fortunes privées, démembrée par la création d'un État nouveau qui lui a enlevé sa part du bassin de TOhio. Dans les États du Sud-Est, la côte est plus éloignée que dans ceux du Centre des chaînons des Alleghanys; elle est basse, malsaine, bordée d'un bourrelet de sable, peu propre au commerce ; Charlestoin, et Savannak ne peuvent empêcher ces États d'avoir besoin des ports du Nord. Aujourd'hui les grandes plantations des Caroline» et de la Géorgie sont presque désertes; les noirs affranchis considèrent le travail comme au-dessous de leur nouvelle dignité d'hommes libres, et les plaies de la guerre civile ne sont pas près de se cicatriser. La Floride qui ter-

mine, en plein pays tropical, le groupe des États du Sud-Est, est une des plus singulières terres du monde ; dans sa partie péninsulaire, les quatre cinquièmes du sol sont sous Teau plusieurs mois de Tannée; au centre, une grande lagune, le lac Okeechobee ; au Sud, les Evetglades, où la terre et l'eau forment un mélange intime, à demi liquide, toujours vert ; dans d'autres parties, d'immenses cyprières, dont les pieds sont dans une boue claire d'une profondeur inconnue ; partout un soleil torride qui fait sortir de cette humidité une végétation invraisemblable. Certaines parties de la côte sont très-saines, les rivages des fleuves sont magnifiques et fournissent aux bûcherons des richesses végétales remarquables, l'intérieur n'est habitable que pour des Indiens, dont la vie est inexplicable dans ce milieu pestilentiel.

La population des États du Sud-Est ne dépasse guère auatre millions et demi d'habitants.

Lç Mississipi, dont le noni indien signifie le a grand fleuve », amène au golfe du Mexique presque toutes les eaux qui coulent entre les Alleghanys et les montagnes Rocheuses. Sa source, découverte en i832, n'est qu'à 500 m. d'altitude, au lac de la Biche, dans le Minnesota (cap. Saint-Paul). Toute la région de son cours supérieur est senîblable au pays voisin des sources du Saint«Laurent, des lacs de la Nouvelle-Bretagne; elle est boisée, trèshumide, embarrassée de lacs peu profonds, dus aux

pluies incessantes et au peu de pente du sol, et qu'on a appelés heureusement des « inondations permanentes )) . A. près les rapides du saut Saint- Antoine et la plaine du lac Pepîn, le fleuve longe l'État de Wisconsin (cap. Madison), reçoit la rivière de ce nom qui teint ses eaux d'une boue jaune, et arrive, après avoir séparé riowa (cap. Monroe) etriUinois (cap. Springfield), à Saint-Louis, dans le Misaour (cap. Jefîerson). Saint-Louis, centre géographique des Etats-Unis, est la seule grande ville sur le cours même du fleuve ; après le confluent du Missouri, les rives sont basses, marécageuses, désertes; ni villes, nî chemins de fer; des bateaux à vapeur troublent seuls le silence de la solitude. Une seule fois, près d'Herculanum, le Mississipi rencontre sur sa rivedroite des falaises qu'il a rongées, et sur lesquelles ses eaux viennent se heurter. Puis, pendant i,800 kilomètres, les États d'Arkansas (cap. Little- Rock) et de Louisiane, sur la rive droite, de Tennessee (cap. Nashville) et de Mississipi (cap. Jackson), sur la rive gauche, ne présentent qu'une plaine indéfinie, interrompue de loin en loin sur la rive gauche par de petites collines oti sont des bourgs commerçants : le Caire, au confluent de rohio; Memphis; Wicksburgh, devenue place fbrte pendant la guerre civile ; Natchez. Les rives, toujours inondées par. les crues, sont trop instables pour qu'on en puisse rien ftiire; le Mississipi s'y est créé des bras, des lagunes, des bayous qui régu-

larisent son débit, et empêchent ses crues de détruire les plantations de la Louisiane méridionale. Le Mississipi se bifurque à 500 kilomètres de la mer et tout son delta appartient à TÉtat de Louisiane (cap. Bâton-Rouge). Là, les champs de canne à sucre viennent jusqu^à un kilomètre de la rive ; des bouquets d^arbres magnifiques entourent de belles maisons de plaisance ; mais" le rivage môme du fleuve continue à être un marécage, le seul arbre qui y vienne est le cypre, les seuls animaux sont des alligators et des serpents, des nuages de moustiques obscurcissent Tair; les troncs d'arbres amenés par le fleuve sVntassent, les débris animaux et végétaux forment d'immenses tourbières. Bientôt Teau prend de plus en plus de place, et chaque bras du fleuve n'est plus bordé que par d'étroites langues de sable, qui font ressembler ces embouchures à une grande patte d*oiseau. Les bouches, dans ce sol changeant, changent sans cesse de place, et avec eux le petit village de La Balise, qui marque la pass« : elles sont d'ailleurs mal navigables. Malgré cet inconvénient, la Nouvelle-Orléans, située au milieu du Delta, à 180 kilomètres de la mer, entre deux golfes, le lac Pontchartrain et le lac Borgne^ est le premier port après New-York. La a. Crescent City » a 200,000 habitants et est une des plus belles villes du monde ; seulement la fièvre jaune la visite avec une effrayante périodicité. Une grande partie

de la population descend des créoles espagnols et français.

Il y a une grande différence de valeur entre les deux parties du bassin du Mississipi, mais tout à l'avantage du bassin de rive gauche, l'ancien Ouest des colons anglais, qui comprend les plus riches des États dits aujourd'hui « du centre. »

Ce bassin de rive gauche renferme d'abord de grandes plaines traversées par de belles rivières aux eaux calmes, districts agricoles sans grandes villes, qui forment les Etats de Wisconsin, d'Illinois, et, plus loin du fleuve, hors du bassin, sans en être séparé par aucune différence naturelle, le Michigan (cap. Lansing), qui enferme le grand lac dont il porte le nom. Dans tous ces Etats, l'ancienne a prairie » est devenue, suivant une expression trèsjuste, une Beauce, arrosée, comme ne l'est pas la nô Ire, par de belles eaux lacustres et fluviales; riUinois lui-môme, l'une des plus riches terres du monde, fait passer sa richesse agricole avant sa richesse minérale, quoiqu'il renferme assez de houille pour alimenter le monde à lui seul pendant quelques milliers d'années. C'est l'IUinois qui possède Chicago, la cité champignon a Mmhroom city », née en un jour au fond du Michigan, et qui renferme plus de 400,000 âmes : c'est la première place du monde pour le commerce des céréales. Milwaukeej dans le Wisconsin, lui fait déjà concurrence avec i 00,000 habitants.

Entre les Alleghanys et le Mississipi, tout un vaste territoire donne ses eaux h l'Oliio qui les apporte dans le (^and fleuve. L'Otiio commence son cours dans la Pensylvaoie, dans le pays houillier où le charbon se montre en rubans noirs le long des rivières, et oîi le pétrole coule comme en fleuves; c'est le district de Petrolia, avec Oil-CUy, Pittsburgh. Dana son cours moyen, TObio, qui ressemble alors aux belles rivières européennes, sépare l'État d'Ohio (cap- Columbus) du Kanawha ou Virginie occidentale et du Kentucky : tous trois sont des terres ^réables, pleines de sites majestueux ou charmants, et admirablement propres & la culture ; l'élève du bétail y est très-florissante, Cincinnati a mérité son surnom de a Porcopolis ». Cincinnati sur rohio a près de 250,000 âmes, elle n'avait en 180a que 508 habitants; en face d'elle, sur l'autre rive, sont NewporI et Covitigton, qui réunissent une population presque aussi considérable, et qui en sont de vrais faubourgs, quoique appartenant au Kentucky. Les affluents de rive gauche de l'Ohio, le Kentucky, le Cumberiand, le Tennessee, coulent dans les plis des Alleghanys avant de sortir en plaine. Le Kentucky (cap. Francfort) et le Tennessee commencent, sur cette rive du Mississipi, les Étals du Sud, États cotonniers et anciens États à esclaves, La partie inférieure de leurs rivières, ainsi que le cours de l'Ohio depuis le banc de corail

de Louisville, est marécageuse et déserte, semblable h la rive voisine du Mississipi.

Après le Kenlucky et le Tennessee, qui sont à l'ouest des montagnes ce que le Maryland et la Virginie sont à l'est, viennent deux États qui ne diffèrent pas de leurs voisines la Géorgie et la Louisiane, et dont les rivières se jettent dans le golfe du Mexique. L'Alabancifi (cap. Montgomery) et le Mississipi cultivent les fruits des tropiques, le coton et la canne à sucre ; ils sont en partie ruinés par TaboliLion de l'esclavage, et profondément troublés par la lutte, qui est une guerre, entre les blancs et les noirs.

L'immense région comprise entre le Mississipi et les Montagnes Rocheuses est jusqu'à ce jour la moins peuplée, et sera sans doute toujours la moins riche des États-Unis.

La partie qui longe le fleuve sur sa rive droite reproduit assez exactement les pays qui lui font fiaoe sur la gauche. C'est d'abord, au nord, le bassin des rivières qui descendent du coteau des* Prairies, le Minnesota, la rivière des Moines, l'Iovs^a, qui coulent parallèlement ; c'est la prairie cultivée, semblable dans le Minnesota et l'Iowa à ce qu'elle est sur l'autre rive, dans le Wisconsin et l'IUinois. Au centre, sur le cours moyen, l'Etat du Missouri renferme la partie inférieure de la grande rivière qui porte son nom, et qui est là tout à fait semblable au Mississipi; c'est près du confluent qu'est Saint^

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Loui», avec ses 500,000 âmes, centre géographiaue vers lequel semble se mouvoir le centre polilii économique, qui, d'abord fixé vers New-Yt Boston, se déplace déjà d'une manière sensibli Cincinnati et Chicago. Puis viennent l'Arkan la Louisiane, qui sont des types d'États du Tous ces États occupent le cours înféneu arOuents de droite.

En remontant ces affluents, le pays chang riche, il devient pauvre, et de fécond, stéri Mississipi reçoit sur sa rive droite trois g otïluenls, le Missouri, plus long que lui qui t'atteint au-dessous de Saint-Louis après avoi: couru 6,000 kilomètres, l'Ârkansas et la Ri Rouge. Tous viennent des Montagnes Rochi mais cette chaîne élevée ne leur donne presque elle arrête sur son flanc occidental les nuages du Paciflque, et il faut que.les longues rivièr sortent de son flanc oriental aient parcouru menses espaces avant de réunir assez d'eau être navigables, même en pirogue; il esl qu'elles coulent tout le long de leur parcou Canadienne, affluent de l'ArkaQsas, qui n' moins de 2,700 kilomètres, ne peut être ren au del& de 80, et on l'a vue complètement h.

1,200 de sa source. Sur le cours moyen c rivières, la terre n'est pas mauvaise, mais manque. Au sud, les rivières qui se jettent d golfe du Mexique ont le même régime, maii

plus nombreuses, et le Texas (capitale Austin) est encore assez bien arrosé pour avoir de Tavenir : quoique rattaché à TUnion depuis déjà quarante années et État depuis trente ans^ c'est encore une partie du Mexique, et les hacienderos y mènent à peu près la vie que mènent ceux du Pérou ou du Guatemala. La partie du bassin du Mississipi qu'arrosent les trois grandes rivières et leurs longs affluents comprend deux États de second ordre, le Nebraska (capitale Omaha) et le Kansas (capitale Lecompton), auxquels le chemin de fer du Pacifique donnera de la valeur. Au nord, le territoire du Dacotah renferme dans sa prairie les derniers restes des Sioux, qui poursuivent les derniers troupeaux de bisons. Au sud, dans le Territoire Indien sont parqués -les débris des Chayennes, des Corbeaux, des Choctaws et de presque tous ces peuples qui ne sont plus aujourd'hui que des noms. Les grandes confédérations des Sioux, des Mandans, des Pawnees, encore puissantes au milieu de ce siècle, ne sont plus que des souvenirs : 250,000 âmes forment toute la population indienne, qui décroît chaque jour, décimée par la guerre, la faim, les maladies, Teau-de-vie, et qui d'ailleurs ne se reproduit plus. Au delà des États de Nebraska et de Kansas, vers l'ouest, la prairie est tout à fait finie, un nouveau pays commence, plus élevé, montagneux, dont les Montagnes Rocheuses sont la partie culminante. Le massif des Montagnes Rocheuses est excessivement

large : ce n'est pas une chaîne, c'est une vaste région couverte de chaînons parallèles ou croisés, supportant de grands plateaux, ou enfermant de profondes vallées, et livrant passage aux fleuves par des « canones » étroits et majestueux. Les pics les plus élevés, comme le pic Frémont, le pic de Santa- Fé, ont de 4,000 à 4,300 mètres; il y a des volcans mal éteints que Ton a cru voir fumer encore.

S'il y a peu d'eau dans les grandes rivières mississipiennes après qu'elles ont couru des centaines de lieues et reçu de nombreux affluents, à plus forte raison n'y en a- t-il pas si l'on remonte leur cours jusqu'à la partie supérieure. A quelque latitude que l'on vienne de l'est, l'approche des Montagnes Rocheuses s'annonce par la sécheresse et le désert : au sud, au delà de la Sierra de Sabe, suite des Monts Ozark, qui ferme le Texas, ce sont les Llanos estacados, plaines nues où courent les Indiens Comanches et Apaches; au nord, ce sont les « Bad Lands, )> les mauvaises terres, que traversent le Missouri et son affluent, la Yellowstone ; ces « mauvaises terres » sont un désert sans eau, couvert de monticules de sable et d'argile séparés par des ravins profonds , riche en phénomènes curieux de la nature, mais dangereux pour le voyageur et impossible pour le colon. C'est auprès que se trouvent ces fameux volcans de boue, ces geysers du Fire Hole, qui ont fait prendre au gouvernement des États-Unis la résolution de consacrer

à un grand parc national cette merveilleuse contrée, la seule, dans les Bad Lands, qui, étant arrosée et habitable, eût pu tenter Tactivité des squatters «

C'est qu'en effet la chaîne elle-même, ou plutôt le pays qu'elle couvre de ses chaînons, diffère profondément des contrées qui Tavoisinent à l'est : là, de nombreux torrents se précipitent en cascades majestueuses, ou coulent au fond d'immenses caflones ; peu se dirigent vers Test; beaucoup, coulant sur des plateaux, s'y perdent, ou se jettent dans des lacs ; d'autres, nombreux et abondants, vont alimenter deux grands fleuves que les Montagnes Rocheuses envoient vers Touest.

Au nord, les vallées occidentales des Montagnes Rocheuses sont un des pays les plus humides du monde ; des pluies perpétuelles, dues en partie à ce que les hautes montagnes arrêtent tout ce qu'il y a de vapeurs élevées du Pacifique, y entretiennent dans une abondance extraordinaire le cours de la Lewis et de la Columbia, qui se réunissent, la Columbia, après avoir passé sur le territoire anglais qui porte son nom. Ces vallées sont excellentes, riches en bois incomparables ; malheureusement leurs rivières sont embarrassées de cataractes ; Tune des chaînes du pays s'appelle a Cascade Range » ; il y a d'anciens volcans et des pics de plus de 4,000 mètres. Au sud, les Montagnes Rocheuses donnent naissance à deux grands fleuves : l'un qui se rend dans le golfe du Mexique,le Rio Grande del Norte

DBt« ÉTATS-UNIS OU Rio Bravo, et l'autre qui se rend au fond du de Californie, le Rio Colorado. La Rio del ; n'u pas moins de 3,000 kilomètres, et Bon bat environ 9S millions d'heotares; c'est un pi fleuve, qui coula d'ftbord sur les plateaux du veau-Mexique, puis entra dapsde profonds caii et sert ensuite de frontière entre le Mexique Texaa. Le Nouveau-Mexiqne est peuplé en gi partie d'Jndiai msntoi, c'eat-à-dire désarmés i dentaires, de métis et de créoles bispauo-ai cains; la relief ion catholique y domine; on y surtout l'espa^ol : ce pays a près de 100,000 1 il vient de devenir Étal. Le Colorado a un basa peu inférieur à celui du Rio del Norte, et il peu plua d'eau, grAce h sa situation h. l'ouest chaîne, quoiqu'il n'en ait pas assez pour ve l'aridité naturelle du sol si l'ardeur du solei reste, ces fleuves n'arrosent pas, enfermée sont dans des caiïonea effroyables : les pan celui du Colorado montent en roohea droites ju douze, quinze ei dix-huit cents mètres, et cela pendant cent cinquante lieues! Le Qeuvo t beau rouler des milliards de mètres cubes, n'arriverait pas encore à humecter le platei l'Arizona, au-dessous duquel il serpente. Aua plateaux ne sont-ils habitables que dans de oasis; le reste a dû l'être pourtant, car on y ti les ruines des demeures du peuple qui domioi Mexique quand les Européens y arrivèrent, <

avait d'abord résidé là. L' Arizona est la terre des cactus ; le pitahaya, géant du genre, y forme de véritables forêts.

Si les Montagnes Rocheuses envoient des eaux abondantes dans la partie septentrionale de leur pente occidentale, et si elles ont encore quelque chose, au sud, à fournir au Rio Colorado et à son grand affluent, le Rio Gila, il n'en est pas de môme au centre. C'est que la côte de TOcéan Pacifique est bordée de chaînes élevées; au nord et au sud, ces chaînes laissent passer les nuages marins, qui vont s'arrêter aux Montagnes Rocheuses ; mais, au centre, la Sierra Nevada est au moins aussi haute, sinon plus, que la grande chaîne, et elle intercepte complètement tout ce qui pourrait Valimenter. Aussi, le plateau de TUtah, qui s'étend entre la haute vallée du Colorado et l'État nouveau de Nevada, est-il un mauvais désert; c'est une argile où rien ne pousse. Çà et là, quelques lagunes ; au centre, un grand lac salé, véritable Mer Morte de six pieds de profondeur, où les poissons ne peuvent vivre, et dont l'eau lourde ne peut servir à rien. Avant l'ouverture du Pacific-Railway, le désert de l'Utah était presque aussi' dangereux à traverser que le Kalahari ou le désert de Libye : la soif y a fait bien des victimes. Et cependant les Mormons, chassés de toute l'Union et fuyant la persécution générale, ont fait leur Terre Promise de cet abominable désert : ils ont donné le nom de Jourdain au

DES ÉTATS-UNIS misérable fleuve qui alimente leur lac; ils ' auprès de leur ville, la cité des «Saints des ( Jours ii; ils ont amené, par des canaux, les la montagne, et mis en culture une partie dt Aujourd'hui, ils sont 130,000 dans le mo plupart habitent leur < Deseret », et y pn librement la polygamie et la religion que le vélée Brigham Youog. A l'ouest de l'Utah at le « Grand-Bassin ». Là, le plateau s'anêtï lui et la Sierra Nevada sont de nombreuses les unes énormes, les autres petites, génér enfoncées entre des montagnes d'une certaii teur, et toutes sans écoulement vers la n elles sont au-dessous d'elle : le fond de la Valley est à cinquante et quelques mètres audu niveau du Pacifique. Ces vallées ont belles eaux, qui se rendent dans de gram comme le lac de la Pyramide, le lac Carsoi Humboldt, qui reçoit la rivière du même no I! n'y a que quelques années, le massif de tagnea Rocheuses était presque compl inconnu, et, aujourd'hui encore, toutes ses n'ont pas été également explorées. Mais vernemeot des États-Unis a dirigé plusieui ditions dans les parties les plus importantes peut être éclairé, aujourd'hui, sur les ressoi ces contrées. Les territoires de Montant Wyoming, au Nord-Est, ne seront jamais loul de bien bonnes terres agricoles ; l'eau y mi

par endroits ; mais une grande partie de Tldaho, qui contient le cours supérieur de la Columbia et de la Lewis, peut fournir à l'exploitation de grandes richesses forestières. Au centre du massif, TUtah donne à peu près tout ce qu'il peut donner ; mais l'État du Colorado (cap. Denver-City), qui est arrosé, est excellent pour la culture et le pâturage ; et le Nevada (cap. Carson-City), qu'on a fait État, quoiqu'il n'ait guère plus de 50,000 âmes, a dépassé la Californie par sa production de métaux précieux. Quant à TArizona et au Nouveau-Mexique, cent millions d'hectares de leut sol ne seront jamais que secs et déserts. Cependant tous ces pays se peuplent, et l'immigration s'y porte rapidement ; c'est que la richesse agricole n'y doit venir qu'au second rang, leur vraie richesse est dans le sous*sol. Il n'y a peutêtre pas au monde de région qui réunisse avec plus d'abondance tout ce que l'homme peut extraire du sol : tous les minéraux précieux s'y trouvent, prêts pour l'exploitation; les métaux s'y montrent partout; il y a, du sud au nord, presque partout de l'or, de l'argent, du fer.

Bien avant que ces vastes espaces fussent connus et explorés, au milieu de ce siècle, des États, qui grandissent tous les jours, s'étaient élevés, comme en un clin d'œil, sur la côte du Pacifique. Depuis qu'en 1848 la découverte de l'or en Californie rendit la moitié des Européens fous, et en fit partir des centaines de mille à la poursuite du bienheureux

métal, Yerba-Buena, qui avait pour habitants 459 pauvres diables, est devenue S an- Francisco^ qui a 260,000 habitants, et TÉtat (cap. Sacramento), en a plus de 600,000. La Californie est vraiment un pays béni du ciel. La Sierra Nevada lui envoie presque toutes ses eaux ; elle a de belles rivières, le Sacramento, le San-Joaquin, avec d'imposantes cascades, comme celles d'Yosémité, des lacs magnifiques, de» pics neigeux, et des pentes couvertes de Séquoias, les plus beaux arbres verts du monde. Les montagnes semblent créées pour être des amas de métaux. Le climat est beau, l'agriculture réussit merveilleusement, les vins de Californie sont déjà célèbres. Avec cela, San-Francisco est dotée par la nature du port le plus beau qu'il y ait au monde. Dans sa baie, qui est des plus sûres, toutes les marines du monde pourraient se loger à leur aise. San Francisco regarde la Chine et l'Inde comme New-York regarde l'Europe, et il n'y a aucune raison pour qu'elle ne soit pas destinée à un développement aussi merveilleux. Au Sud du beau pays dont elle est la reine, s'étendent une côte peu saine et des plateaux déserts qui vont Jusqu'au cafione du Colorado inférieur, et o\x de misérables Indiens végètent : ils dépendent du môme État. Au nord, un État et un territoire que le fleuve Columbla vivifie et arrose à l'excès. Si ses vallées supérieures sont humides, ses vallées inférieures sont noyées, et leurs habitants méritent certainement lesobriquet

de « palmipèdes», que leur ont donné leurs voisins. La Columbia sépare TEtat d'Orégon (cap. Salem), qui a déjà environ 400,000 âmes, du territoire de Washington, destiné au môme avenir. Si la Columbia était mieux navigable, ces pays, si riches en bois et qui le sont aussi en argent, marcheraient encore plus vite. Néanmoins, cette côte du Pacifique, où domine San-Francisco, est en train d'avancer à grands pas vers le jour où elle fera équilibre, par sa population, sa richesse, son importance, à la côte de l'Atlantique, à laquelle elle est reliée maintenant par le Transcontinental Railway. Depuis 1867, TUnion possède un nouveau territoire, Tancienne Amérique Russe, que le gouvernement du Czar lui a vendue : c'est le territoire d'Alaska. C'est une pauvre terre, située en face de la Sibérie, de l'autre côté du détroit de Behring, et presque réunie à elle par le chapelet des Iles Aléoutiennes. Des montagnes de 5,000 mètres, comme le Saint-Elie, sont couvertes de glaciers depuis le sommet jusque presque à la base ; dans la partie continentale, la température descend^ en hiver, à — fîO". Dans les îles, à Sitka, l'ancienne Nouvelle- Arkangelsk des Russes, les froids de r-50*ne sont pas rares; c'est cependant encore supportable, d'autant plus que, l'été, le thermomètre remonte quelquefois jusqu'à -|- 28«; jusqu'au détroit deJBehring la côte est donc habitable, et l'on y compte 70,000 personnes, dont 2 à 3,000 blancs»

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Au delà débouche le Youcon, rnagniiique fleuve de deux kilomètres de large, navigable pendant 400 lieues ; malheureusement, il ne conduit nulle part, si ce n'est dans la Mer Glaciale.

Outre celle possession nouvelle, qui enFenne la Colombie Anglaise entre deux territoires à eux, les Américains occupent, aux Antilles, l'une des Viciées, l'Ile Saint-Thomas, et, en Océanîe, ils étendent de plus en plus sur le royaume d'Hawaii (lies Sandwich) un protectorat envahisseur.

Sur l'immense étendue des États-Unis vit un nombre d'hommes qui doit approcher de 50 millions. Il est difficile d'avoir, pour le moment où ces lignes s'écrivent, une évaluation exacte ; car le recensement officiel ne se fait que tous les dix ans. Celui de 18ï0 a été le neuvième, et il a donné 38,925.598 individus. Dans ce nombre, 38,379,079 personnes appartenaient aux 39 États représentés aujourd'hui au Congrès avec voix délibérative et au District Fédéral de Colombie, qui renlermait 131,700 âmes. Les 7 territoires comptaient pour 179,292 habitants; le territoire d'Alaska, recensé à part, pour 70,641 ; le territoire Indien, qui est en dehors de l'Union, quoique sous sa surveillance, pour 68,152; elles Indiens répandus à la surface des États-Unis pour 228,614.

Sans tenir compte des territoires, qui, administrés par des gouverneurs nommés par le pouvoir fédéral, n'ont au Congrès que des délégués avec voix

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consultative, les Etals membres de l*Union se groupent ordinairement comme il suit : — Etats dû la Nouvelle 'Angleterre^ 3,487,9i4 habitants, comprenant le Massachussetls, le Maine, le Connecticut, le Vermont, le New-Hampshire et le Rhode^Island ;— États du Milieu, avec le District Fédéral, 10,290,429 habitants^ comprenant le New- York, la Pensylvanie, le. Ne v^- Jersey, le Maryland, la Virginie Occidentale ou Kanawha, la Delaware; — Etats du SudrEst^ 4,373,987 habitants, comprenant la Virginie (cap. JefTerson), la Géorgie (cap. Milledge ville), ia Caroline du Nord (cap. Raleigh), la Caroline du Sud (cap. Columbia), la Floride (cap. Tallahassee) ; — États du Sud, 6,434,410 habitants, com[»*enant le Kentucky, le Tennessee, rAlabama,leMi88issipi, le Texas, la Louisiane, TArkansas; — États du Centre, 43,098,668 habitant», cqmprenani TOhio, riUinois, le Missouri, Tlndiana^ Tlowa, leMichigaD) le Wisconsin, le Minnesota, leKansas, leNebraska, le Colorado, le Nouveau-Mexique (cap. Santa-Fé) ; — États du Pacifique, 693^661 habitants, comprenant la Californie, TOrégon, le Nevada.

Dans chacune des divisions ci-dessus, les États sont rangés dans Tordre que leur donne leur chifik^ de population. En tête de toute TUnion est le New- York, avec 4,383,759 habitants; vient ensuite la Pensylvanie, avec 3,5i1 ,951 ; pui», tout de suite rohio et rillinois, avec l'un 3,665,260 âmes, et Tau ti^ 2,539,891 . A la fln d'une liste générale vien-

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drait le Colorado, qui n'a que 39,864 habitants, mais qui est aussi le plus jeune des États, ne datant que du premier août 1876.

Malheureusement, on ne peut donner ces chiffres qu'en les empruntant au « Ninth census of the United states ; statisticê of population » , publié à Washington en i872, mais dont les résultats ont été arrêtés en juin 1870. Or nous sommes aujourd'hui beaucoup plus près du dixième que de ce neuvième recensement ; et, dans l'intervalle entre deux opérations de ce genre, la population change énormément, et s'accroît avec une rapidité extrême. LouisviUe^ dans le Kentucky, la dernière ville qui eût atteint 100,000 habitants en 1870, n'en avait que 68,000 en 1860 ; Washington, qui n'en avait que 61,000, était arrivée à i 09,000. L'iUinois, dans la même période, avait gagné plus de 800,000 âmes, le Missouri près de 600,000, le New-York, 500,000, la Pensylvanie 600,000, le Wisconsin 400,000, rohio plus de 300,000. Depuis 1870, des évaluations partielles permettent de pressentir les résultats du recensement de 1880. Voici en effet des calculs faits sur de» États qui ne sont pas tout à fait ceux dont la population croît le plus vite : en 1875, le Massachussetts a donné 1 ,661 ,662 habitants ^ au lieu de 1,457,351 en 1870; la même année, le Rhode- Island, avait grandi de 217,352 âmes à 258,239; en 1874, leMichigan avait déjà atteint 1,330,110 habitants, tandis que, quatre ans auparavant, il n'en

m DESCBlPnON GÉOGRAPHIOLE

comptait que 1,181,039. Si i'on examioe quelques viUes, New- York, en 1873, donne, pour sa commune seule, 1,028,6^ habitants au lieu de 942,292 en 1870; Philadelphie, au 3 avril 1876, 817,448 au lieu de 674,022; en 1875 : Boston, 341,919 au lieu de 250,526 ; Providence, 100,675 au Sieu de 68,904. L'émigration, loin d'être ralentie, augmente : en une seule année, 1875, 144,179 Européens et 191,231 non Européens sont venus s'établir aux Etats-Unis : dans le nombre, 36,565 Allemands, 23,420 Canadiens, 66,179 sujets britanniques, dont 29,%9 Irlandais, 19,033 Chinois, toutes races trèsprolifiques. Le total du recensement de 1880 dépassera les 50 millions que des. calculs faits dans ces dernières années indiquent comme un minimum.

Cette population, qui dépasse de beaucoup celle de la France et celle du nouvel empire allemand, serait peu de chose, si elle était répartie uniformément sur toute Fétendue du territoire , mais il n'en est rien. Les pays s'étant peuplés peu à peu, il s'ensuit qu'il y a depuis longtemps dans l'Union des pays aussi deusément peuplés que ceux de l'Europe, et, où, par conséquent, les conditions de l'existence tendent à se rapprocher de ce qu'elles sont dans le vieux monde. Ces Etats anciens servent de pères aux nouveaux : ils sont comme le point de départ de la colonisation nouvelle, à laquelle ils prêtent une base solide. Un État comme le Massachussetts est une vraie nation moderne. Un État comme la Cali-

foroie est un peuple qui se fait. Dans unjeuue Etat comme le Colorado ou un territoire comme le Washington, un peuple peut se faire.

C'est en ouvrant partout au commerce, à l'émigration, aux échanges, des voies hardies, aisées et complètes que les Américains travaillent le plus à accélérer le peuplement et l'organisation des parties ■ encore inoccupées ou peu occupées de leur territoire. Si, par exemple, en 1870, les États-Unis ont produit pour 80,889,037 dollars de métaux précieux (dont 40,478,369 pour le Nevada, et 16,326.211 pour la Californie); s'ils ont travaillé S,448,539 tonnes de fer sous toutes ses formes; s'ils ont, en 1874, extrait 43,413,340 tonnes de houille, c'est-à-dire 2,564,099 de plus que l'année d'avant, que serait-ce si toutes les richesses des Montagnes Rocheuses et des massifs qui les accompagnent, étaient actuellement en exploitation? Si le bassin de l'Ohio est aujourd'hui la première terre agricole du monde, et prend une part prépondérante dans la valeur de 162,100,000 dollars de céréales que les États-Unis ont exportée en 1873, et qui représente 648,400,000 francs, n'est-ce pas h cause de ses chemins de fer qui sillonnent l'ancienne Prairie comme les chemins vicinaux sillonnent la France, et surtout à cause de ces beaux canaux, qui joignent et complètent le« grandes rivières, permettant d'éviter les rapides. . les mauvais lacs, les cataractes? 11 faut dire que, presque partout, l'accomplissement de ces grands

ETATS-nNIS 8

travaux est facile ; mais ce fait n'ôte ni leur utilité ni leur mérite au canal de Saratoga, par exemple, qui met l'Erié en communication avec l'Hudson pour éviter le Niagara ; au Grand-Canal^ qui met le même lac en communication avec TOhio au-dessous de la barre de Louisville ; au canal latéral destiné à éviter cette barre : au canal qui met Chicîigo eh communication directe avec le Mississipi, et à tant d'autres? En 1827, le premier chemin de fer fut ouvert aux marchandises à Quincey, dans le Massachusselts; jusqu'au 1" janvier 18":6, il a été dépensé pour construire des voies ferrées et équiper du matériel, 4,678,856,932 dollars: et, au 1" janvier de Tannée dernière, il y avait en exploitation dans rUnion une longueur totale de 78,654 milles, soit environ 125 mille kilomètres. Le a Transeontinental railway » ou chemin de fer du Paciflque, la dernière des grandes lignes créées, est aussi la plus remarquable, parce que là se sont rencontrées des difQcultés à vaincre. Il s'embranche à Omaha sur les chemins de ter qui viennent de New^-York et de Chicago ; puis, il remonte la vallée de la Nebraska, gravit les Montagnes Rocheuses par des pentes d'une hardiesse extraordinaire, les coupe au tunnel de Sherman à 2,569 mètres, redescend à travers les neiges par des rampes qui ne sont pas sans danger, et vient enfin retrouver les chemins de fer californiens : New-York et San-Francisco sont désormais en relations directes ; les deux groupes d'Étals de

DES ÉTATSl'Atlantique et du Pacifique lement à peupler et à exploit du centre, qui ne sera pas ni C'est par "ces grands trav publique pour le monde, qu( pour ainsi dire, créé à son nouvelle : par la culture et ] le territoire qu'il occupe e ouvrage que celui de Dieu ; incessant, fiévreux, et comm îi accomplir l'œuvre pour la doute, la mise en valeur ave près d'un milliard d'hectares

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