LA NOUVELLE-ORLÉANS
C'en est fait probablement à jamais de l'héritage que nos pères nous avaient préparé dans le nouveau monde. Nous avons (je ne puis me lasser de le dire) possédé pendant deux siècles, sur le continent américain, l'immense espace qui du golfe Saint-Laurent s'étend par les lacs du nord, par les rives droites de l'Ohio et du Mississipi, jusqu'au golfe du Mexique. Nous avons eu dans l'archipel colombien la riche terre de Saint-Domingue, les îles de la Trinité, de Tabago, de Grenade, de Saint-Vincent, celles de Sainte-Lucie, de Montserrat, de la Dominique, et celles de Saint-Christophe et d'Antigue.
De tous ces domaines découverts ou conquis et peuplés par nos ancêtres, il ne nous reste sur le continent que les plages insalubres de Cayenne; à Terre-Neuve, l’île de Saint-Pierre et Miquelon, et, dans les Antilles, la Guadeloupe et la Martinique.
Le trajet que j'ai fait depuis Québec jusqu'ici est comme un voyage à travers les ruines de l’ancienne France. Partout les traces d’une domination qui n'est plus, d’un empire plus grand que celui d'Alexandre, dont les Américains et les Anglais se sont partagé les dépouilles.
Une consolation reste à celui que le souvenir du passé afflige dans cette longue exploration. C'est de trouver, comme
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