‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 127 sur 195 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

rement. D'année en année, i ient se grouper dans ces oasis consacrés à leur bien être, L'existence régulière qu'il leur fallait lait bien suppora vie aventureuse

es missions, s'éle-

gènes. Au son de l’Angelus du matin, Presque tous les habitants partaient Pour les immenses fermes qui dépendaient des missions, et le labeur varié des champs commençait sous la direction des moines. La culture de la vigne, introduite en Californie par les Franciscains, y réussit admirablement ; ce fut l’origine d’une industrie qui, aujourd'hui, promet de devenir, avant longtemps, une des Principales sources de la fortune publique de cette partie des États-Unis.

Ce régime quasi patriarchal, reflet de la vie simple des premiers âges du monde, exerçait l'influence la plus salutaire sur les indigènes, dont les mœurs, sous le double effet de la foi et d’une instruction appropriée à leur intelligence, s’adoucissaient de jour en jour.

Cet âge d'or prit fin après la révolution du Mexique. La prospérité des missions ne pouvait manquer de frapper les chefs de la nouvelle république. Leur trésor était vide et il ÿ avait, à portée de la main, assez de richesses amassées Par une sage administration pour le remplir en partie. A l'heure où ce contraste s'établit dans l'esprit ‘des radicaux maîtres du pays, le sort des missions fut décidé. Sous prétexte que les moines exploitaient les Indiens et que toute leur œuvre n'était que de la servitude déguisée, on fit main basse sur les propriétés de ces religieux qui durent s’exiler. Les Indiens retrouvèrent forcément la liberté et la misère. Durant de longues années, ces prétendues victimes de l'esclavage

ne cessèrent de demander la bienfaisante oppression, hélas, évanouie des bons Pères.

associés pour que les réformateurs

rvécu aux changements

m du P. Junipero Serra,

u en haute vénération,

Protestants que chez les catholiques,

Le traité de Guadeloupe-Hidalgo (1848) donnait aux États- Unis les immenses contrées du Nevada, de la Californie, de l'Arizona et du Nouveau-Mexique. Comme si les Américains eussent senti que leur conquête avait été trop facile et trop peu honorable, ils donnèrent au Mexique quinze millions de dollars à titre de Compensation pcur le territoire qu'on lui enlevait, Les peuples comme les individus voient souvent les châtiments suivre leurs fautes de près. Les États- Unis firent la triste expérience de cette vérité ; ce fut de ces annexions, faites au mépris du droit que surgit, de nouveau, avec une intensité inquiétante, la grande lutte, — Ja Jutte mortelle du Nord et du Sud — sur la question de la servitude. La responsabilité de ces conquêtes retombait au premier chef, sur les Eats à esclaves et c'est sur eux que s’abattra, par un juste retour des choses d'ici-bas, le plus fort de la tempête dont les horreurs se Préparent. Dès ce moment toute la politique américaine gravite autour de la question servile avec une fatalité qui déroute les prévisions de la sagesse humaine. On avait pensé, au sud de la ligne 36° 30’ frontière méridionale du Missouri, que cet accroissement de territoire fortifierait la cause de la servitude, car le travail des noirs s’imposait au Texas et au Nouveau-Mexique, placés dans les mêmes conditions climatériques que la Louisiane et ses voisines. Les adversaires des esclavagistes eurent bien vite deviné ce plan et aussi s'ingénièrent-ils à y faire échec. Lorsqu’en 1846, le Président Polk demandait au Congrès un crédit de trois millions Pour soutenir la guerre, M. Wilmot essayait de greffer à l'application de cette somme la con-

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