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CHAPITRE TROISIÈME

en ce qui regarde le choix des colons, avait été corrigée, et maintenant des hommes d’une valeur réelle posaient les assises solides d'un établissement sérieux, Dès 1621, la Virgirie eut un code de lois qui réglait la vie civile, religieuse et politique. La législation de cette période est marquée, en général, au coin de la sagesse et de la prévoyance. En premier lieu, il y est décrété que nulle taxe ne sera levée avant d’avoir été votéé par l'assemblée des bourgeois ; le principe qui est à la base de la Grande Charte arrachée à Jean sans Terre, revit ainsi en Virginie. On stipule ensuite au profit des colons toutes les libertés dont jouissent les citoyens anglais. D'une année à l’autre, l'assemblée éiargira le cercle de ses privilèges. Elle en vint un jour à vouloir usurper le pouvoir de déposer le gouverneur nommé par le roi. Sous la république de Cromwell, elle s’arroge la liberté du commerce avec toutes les nations du monde, mettant ainsi de côté un acte restrictif de la navigation adopté par le parlement anglais sous le règne de Jacques Ier. Les délibérations des trois branches de la «cour» ou « assemblée générale, » noms que portait ce parlement, se faisaient en commun dans une même salle, mais le conseil et l'assemblée votaient séparément.

L'assemblée générale établit la foi anglicane comme religion d’État et assure son appui au clergé. Chaque ministre devra recevoir, outre les honoraires payés par le gouvernement anglais, le revenu d’une ferme de cent cinquante acres, à laquelle sont attachés six serviteurs engagés (indented servants), Si les ministres sont entourés d’une grande sollicitude au point de vue matériel, ils sont aussi soumis à de sévères règlements qu’on aurait pu croire inutiles, mais qui laissent supposer que ces clergymen ne se faisaient Pas remarquer par toutes les vertus cléricales, car l’assemblée éprouve le besoin de leur défendre, sous peine de châtiment, l'ivrognerie, le jeu, etc. La chronique rapporte que ces prescriptions de la loi avaient leur raison d’être.

La culture du tabac en Virginie étant très profitable, la colonie s’y était adonnée à l'exclusion de toute autre, au point d'amener une disette de céréale:. L’ase -mblée dut restreindre la culture de cette plante, et obliger les habitants à se-

mer au moins deux minots de blé Par année et à planter des vignes. Pour parer à toute éventualité de famine, chacun

s un grenier public, un minot de blé qu'il remplaçait à la moisson suivante par une même

à cause du climat, C'est à Jamestown les premiers noirs qu'onyait vus. Les annales du temps (1619) notent ce fait le plus simplement du monde. «Arrived to-day, disent-elles, «à Dutch man of warre ; sold us 20 negarsr.

L'esclavage prit des développements immenses. La Nouvelle-Angleterre, qui devait deux siècles plus tard demander Sa suppression, favorisa la traite de toutes ses forces, heureuse de profiter des avantages que rapportait ce commerce, Tels furent les humbles Commencements d'un état de choses qui Provoquera des querelles sans fin, une des plus terribles guerres que le monde ait vues et qui se pose encore aujourd’hui,

cinquante ans après l'émancipation des noirs, comme un problème redoutable pour les États-Unis.

destinées à devenir jeunes filles choisies

aux colons, on eut recours au procédé original de les vendre à l'encan. Une

femme se payait en moyenne cent cinquante livres de tabac, Si le plus grand

cent forçats tirés des prisons de l'Angleterre !

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