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CHAPITRE TROISIÈME

La Virginie ressentit le contre-coup des bouleversements politiques qui agitèrent la métropole au dix-septième siècle. La lutte engagée entre le Parlement et Charles Ier, la République de Cromwell, la Restauration des Stuarts, la chute de leur dynastie avec Jacques JI, la Révolution de 1688, et l'avènement de Guillaume d'Orange et de Marie; tous ces changements de pouvoirs influèrent beaucoup sur le développement des colonies anglaises, quelques-unes le favorisant, d'autre: y faisant obstacle. Longtemps avant la chute de Charles Ier (1649), la Virginie avait pris son essor ; les émigrés venaient sur ses rives en grand nombre et l'on en vit débarquer jusqu’à trois mille par année (1). Le règne de Cromwell ne ralentit nullement le mouvement migratoire, mais il en modifia beaucoup le car-ctère, car il poussa vers l'Amérique nombre de royalistes. C'était un élément spécial, composé surtout de «cavaliers,» dont la présence dans ce pays réagira grandement plus tard sur son état politique ; car avec eux s'introduisit l’idée aristocratique qui fournira un point d’appui au pouvoir et l’aidera à se fortifier aux dépens des libertés populaires. C’est là que le sentiment royaliste est le plus morqué, et c’est aussi la dernière colonie qui reconnaît la république de Cromwell. On aurait lieu de croire qu'à raison de ses opinions, elle aurait été traitée sans merci par le Protecteur ; il en fut tout autrement. En profond politique qu'il était, il acheta l'adhésion des Virginiens au nouveau régime en les comblant de faveurs. C'est alors que la colonie vit son âge d'or et fit le plus de progrès à tous les points de vue. L'Eglise anglicane, seule, eut lieu de se plaindre, car elle perdit son droit exclusif de religion d’État. L'assemblée des bourgeois dominait le conseil et le gouverneur. Elle en vint même, comme nous le disions plus haut, à s’arroger le pouvoir de déposer ce dernier à son gré, et d’une usurpation à une autre, elle osa décréter, en contrevenant à une loi passée sous Jacques Ier, que la Virginie jouirait de la liberté de commerce avec toutes les nations du monde et que nulle taxe de douane ne serait levée par l'Angleterre à Jamestown sans l’assentiment de l'assemblée.

(1) Quel contraste avec la Nouvelle France, où il ne vint, depuis la fondation de Québec à la conquête, que 8,000 Français t

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L'assemblée avait élu Berkeley, BOuverneur en qui elle avait mis une confiance qui ne tarda pas déception. Pour se rendre agréa

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Pour dettes, qui ne Pouvaient être exercées que du consentement de l'assemblée, Les libertés Populaires disparaissaient l’une après l’autre et l’on vivait sous un régi à outrance, Berkeley en Profita pour s'enrichir au moyen d’exactions exorbitantes. I] s'appuyait sur l'assemblée, à qui il avait laissé décréter que la Propriété foncière serait exempte d'impôts et que le revenu de la colonie ne découlerait que d'une taxe de capitation.

Enfin, un jour, Berkeley défendit à ses sujets de faire la Buërre aux Indiens, de plus en plus audacieux, parce qu’une rupture ouverte avec eux aurait gêné le Commerce des pelleteries dont il tirait un grand profit.

en quelques jours. La ré

Surrection des colons contre la mère Patrie. Personne parmi les mécontents n'était de force à le remplacer. La répression

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