M. CLEVELAND
Présidence «+ M. Cleveland, 1885-1889. — Réforme du service administratif, L'immigration chinoise. — Tarif modifié dans le sens libre échangiste. — Défaite de Cleveland. — Harrison arrive à la présidence (1889-1893). — Relèvement du tarif.
Æ'ÉLECTION présidentielle de 1884 éleva sur le pavois, NZ en la personne de Cleveland, une individualité bien (ŒS remarquable. Il n'avait jamais fait partie du Congrès, mais le manque d'expérience parlementaire ne l'em-
pêcha pas d’être un homme de gouvernement de premier ordre,
avec un sens politique pénétrant. Sa caractéristique résidait dans des convictions ardentes et une grande sincérité, qualités qui lui firent subordonner les intérêts de son parti à ceux du pays. Sa conduite semblait s'inspirer de cette fière devise: Linea recta omnium brevissima. Ce n'est pas lui qui se serait plié aux exigeances tyranniques de la démocratie américaine, à l'instar de ces politiciens qui semblent dire: «Nous sommes ses chefs, suivons-la». Cette indépendance de caractère le mit souvent en conflit avec ses amis.
Depuis la présidence de Jackson, la coutume s'était introduite aux Etats-Unis de remplacer les fonctionnaires publics républicains par des démocrates, advenant le triomphe des premiers et inversement à l’arrivée de leurs adversaires au pouvoir. C'était l’application du principe féroce : Aux vainqueurs les dépouilles. Le nouveau président voulut mettre fin à ce déplacement dangereux des serviteurs de l'État. Il fit poser comme règle que pour les postes de confiance les amis politiques seraient appelés à les remplir, mais qu'ailleurs. rien ne serait changé. Cette réforme se