CLEVELAND
Deuxième présidence de Cleveland, 1893-1897. — Crise économique aux États- Unis. — Nouveau tarif des douanes. — Menaces de guerre entre les États- Unis et l'Angleterre au sujet du Venezuela,
VANT les elections, républicains et démocrates s'é-
taient ingéniés à gagner les Populists à leur cause.
Sans s'engager à fond, les uns et les autres avaient
laissé entendre que la frappe libre de l'argent leur Semblait une réforme possible et pratique. Ici encore l’intransigeance de Cheveland vint à l'encontre des promesses fallacieuses de ses amis. Ce que l’on semblait promettre était à ses yeux une hérésie économique susceptible de conduire le pays aux pires désastres. Un cours monétaire avec l'or comme seul étalon, telle était sa doctrine irréductible. Pour l'appliquer autant que faire se pourrait, il mène, haut la main, ses partisans au Congrès et les force à retrancher de la loi Sherman l’article qui autorise l'achat de quatre millions et demi d’onces d'argent par mois. Quel sera l'effet immédiat de cette mesure draconienne ? Il n’est pas difficile de l'imaginer. L’expioitation des mines d'argent s’arrête brusquement et la misère s’installe dans les chaumières des familles sans travail. Pour comble de malheur, la moisson brûlée par les ardeurs du soleil, manque dans l'Ouest. De toutes parts, des plaintes s'élèvent accompagnées de demandes de secours. L'on voit une armée de miséreux partir des rives de l'Océan. Pacifique et se rendre à Washington. Là, son chef, un nommé Casey réclame, au nom de sa suite, l'émission de $500,000,000 de greenbacks destinés à payer