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CHAPITRE QUARANTE-SIXIÈME

de 1,500,000. Son programme est très explicite: guerre

à l'immigration étrangère qu'il faut restreindre par des me-

sures législatives, et aux ouvriers non syndiqués ; mainmise

par l'État sur les chemins de fer, les télégraphes, les télé. : phones, les mines d'or et d'argent, les houillères etc.; na-

tionalisation de ces différentes exploitations ; voilà, pour

le quart d’heure, le minimum des revendications de la Fé-

dération (1).

L'écart qui sépare les classes riches des classes laborieuses va s'élargissant de jour en jour. Par malheur, les premières n'ont rien fait pour se concilier leurs adversaires qu'ils paraissent, au contraire, prendre plaisir à provoquer. En face de la grêve du travail, s’est placée, en plein antagonisme, l'organisation du capital. L’égoïsme le plus dur a fait naître ces sociétés qui, sous le nom de frusts, pools, syndicates, combines, mergers ont pour but apparent de maintenir la stabilité des prix, canaliser la production pour l'empêcher de se déverser trop rapidement. En réalité, ils visent autant l’accaparement des marchandises que les {rade unions, poursuivent la suppression des droits des ouvriers non syndiqués. Le monde a beau changer de régime politique, la plupart des abus restent, parce qu’ils tiennent plus à la soif du gain et aux ambitions humaines qu'aux formes de gouvernement. Voilà comment la République en est arrivée à hériter des abus propres à la monarchie, au dire des ennemis de celle-ci. Un article de la Déclaration des droits de l’homme, des révolutionnaires français de 1789, ne proclamait-il pas la liberté du travail en proscrivant les anciennes corporations ? Qu'est devenu cet article de l’évangile du dix-huitième siècle, une

(1) Le Fédération américaine du travail a adopté à une convention tenue à Chicago, au mois de décembre 1894, le programme indiqué plus haut, Nous citons le texte même des principaux articles.

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