CHAPITRE HUITIÈME
pendant encore de longues années. La tolérance ne s'étendait pas aux catholiques qui n’osèrent jamais s'y risquer avant la révolution. En 1701, la cour générale rendit un arrêt de proscription contre les jésuites et les prêtres. « Aux termes de cette loi, dit Hildreth, tout jésuite, tout prêtre trouvé sur le territoire du Massachusetts et de New-York était regardé comme un incendiaire et un perturbateur de la paix publique, un danger pour la société et un ennemi de la vraie religion chrétienne. Il devait subir un emprisonnement perpétuel, et la mort s’il tentait de s'échapper. Quiconque lui donnait asile était passible d’une amende de $200, et s’exposait à être mis au pilori ».
C'était une société qui ne laissait guère de place, nous ne dirons pas aux sentiments élevés, mais même aux sentiments d'humanité les plus ordinaires, que celle du Massachusetts et de ses voisins. La loi que nous venons de citer fait connaître son fanatisme religieux qui, rapproché de sa croyance à une prétendue sorcellerie, lui donne un caractère d’étroitesse d’esprit révoltant lorsqu'on songe qu’il conduisit les puritains au meurtre juridique. Quelle fut la conduite de ces sectaires à l'égard des Indiens ? Non contents de les dépouiller de leur propriété, ils les vendent comme esclaves. La piraterie ne leur répugne pas non plus lorsqu'ils peuvent tirer profit des rapines des individus engagés dans cette triste carrière.
Eux qui se plaignaient des incursions parfois terribles des Français et des Indiens, ne mettaient-ils pas à prix la tête de ces derniers ? En 1722, le Massachusetts offrait £15 pour chaque chevelure, et il en vint à payer £100 pour une de ces tristes dépouilles. Quelle prime à une férocité qui n'avait pourtant guère besoin d’être stimulée! Il n’est question que de sauvages dans cet appel barbare, mais il ne faudrait pas connaître nos Bostonnais pour ne pas voir qu’ils visaient tous leurs ennemis, et que le scalpe d’un Blanc valait autant, à leurs yeux, que celui d’un Peau-Rouge, comme le prouve le meurtre du Père Rasle, victime lui aussi des chasseurs de chevelures. Pour excuser ce meurtre, on prétendit qu’il poussait les Indiens au massacre des Anglais. Jamais accusation plus fausse ne vit le jour. Ce saint missionnaire em-
ployait sa vie à instruire ses néophytes et à leur donner des leçons d'humanité (1).
L'esclavage des nègres et des
chuset i orti es; car le trans du pays, préférable à
celui des noirs. Il Y avait aussi,
serviteurs enge :“: dont la conditio,
que celle des esucves, car il était
dant la durée de leur servitude, ]
Souvent prolongée au delà de ce
Population un autre élément fort
tirés des prisons d'Angleterre et
Pédiait sur tous les points de ses
tion provo
ver en Amérique.
population du Massachusetts
million d'habitants: son commerce — importations et exportations — avec Ja Grande-Bretagne avait atteint un chiffre d'au moins deux milli La population française du Canada n de 70,000 âmes! Tout concourait ment de la colonie anglaise et de différentes
donc en présence
(1) On conserve dans la bibliothèque de l’université de Harvard un dictionnaire abénaquis-français écrit tout entier de la main du Père À