‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 37 sur 195 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

glicanisme le compt: d'abord parmi ses ministres et ensuite au nombre de ses adversaires déclarés ; puis il se fait puritain, pour devenir baptiste et enfin seeker. Il n'est pas étonnant qu'avec une telle instabilité de vues, il ait senti le besoin de prêcher la liberté de conscience.

A quatre reprises, les autorités civiles ou religieuses du Massachusetts le citèrent deva

’avoir pas Purgé par la pénitence ce péché originel. Plus tard, on le vit déclara e les colons du Massachusetts n'avaient aucun droit à leurs terres et qu'ils devaient tenir leurs titres de propriété des Indiens et non du roi: prétention qui devait naturellement le mettre au plus mal avec les colons. C’est lui qui suggéra à Endicott, Bouverneur de Salem, d'enlever du dra- Peau anglais la croix de Saint-Georges.

En toutes occasions, il préchait sa doctrine de la liberté de l’âme (sow/ liberty), si odieuse aux Puritains, auxquels il demandait de ne plus imposer par la force l'observation du dimanche. La mesure était comble et un décret de bannissement fut rendu contre Williams qui, Pour ne pas être transporté en Angleterre, prit la fuite. Durant de longues

, Ce fut grâce aux Indiens qui lui prétèrent secours. Enfin, il réussit à s'établir en un endroit, sis au fond de la baie de Naragansett, qu'il nomma Providence (1636) en souvenir de la miséricorde que Dieu lui avait témoignée dans son malheur, « désirant en faire un asile ouvert aux Personnes persécutées à raison de leur foi ».

En 1638, les amis d'Anne Hutchinson, Coddington et Clark, dressaient leur tente de proscrits dans l’île d'Aquiday (Rhode-Island), non loin de Providence, où de nombreux émigrés vinrent les rejoindre.

Un grand danger menaçait ces deux plantations dès leurs premières années. Le Massachusetts ne cachait pas son Mauvais vouloir à l'endroit de Williams, et élevait des prétentions sur le territoire de Providence et de Rhode-

Island. Il fallait se prémunir contre les entreprises de ce redoutable voisin et les établissements nouveaux qui s'étaient développés — indépendamment les uns des autres — sentirent la nécessité de se Concerter en présence du péril Il leur parut que le

tait d'obtenir du gou-

de leur État, car une

n sur leur droit de pro-

Par Providence, Ports-

evint avec des lettres

a colonie, pourvu mère patrie, Le arles Ier, ne se ré-

Cette assemblée déclara que Son gouvernement était une démocratie ou “gouvernement populaire», ce qui ne l’empêcha pas de poser dans son code de lois le principe essentiellement aristocratique de la primogéniture, dans le droit successoral de la colonie. Cet avantage en faveur du premierné subsista au Rhode Island jusqu’en 1770.

Roger Williams eut à lutter contre les Principes qu'il avait cherché à faire prévaloir dans le Massachusetts. Ses théories, soumises à l'épreuve de l'application, démontrèrent combien il est dangereux de mettre des instruments trop compliqués entre les mains de certaines gens dont l'instruction restreinte devrait leur en interdire l'usage. Dans ces sortes de choses, les disciples dépassent souvent les maîtres. Poussées à leurs dernières limites, les idées de Williams autorisaient

ses adhérents à conclure à l'inutilité de toute autorité en

Page 1