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CHAPITRE PREMIER i

d'immenses domaines dans le continent nouveau. Le Portugal s'établit fortement au Brésil. Cortès et les Pizarre font la conquête du Pérou et du Mexique, d'où les galions de Charles- Quint et de Philippe II reviennent chargés d’or et d'argent. Les riches Antilles tombent à leur tour dans le domaine de l’Espagne, pendant que les non moins riches Philippines, situées dans un autre hémisphère, lui ouvrent aussi leurs trésors.

Voilà les exploits des aventuriers de la péninsule ibérique durant la première moitié du seizième siécle, alors que les Cabot n’ont encore reconnu que les côtes de l'Amérique du Nord. L’Angleterre n’a que leurs découvertes de ce côté à son crédit et ne possède pas encore un pouce de l'héritage d'Adam. Puis le silence se fait chez elle sur le nouveau monde, et une voile anglaise est chose inconnue, pendant une cinquantaine d'années, sur ces espaces sans bornes où elle règnera un jour en maîtresse souveraine. Ses marins finissent par ignerci les routes qui conduisent à l'hémisphère occidental et ils en sont réduits à s’y faire conduire par des pilotes bretons ou gascons (1). Lorsque le drapeau anglais reparaît dans ces parages, c’est pour couvrir une triste marchandise : une centaine de nègres enlevés à l'Afrique et que sir John Hawkins va vendre aux Antilles (1562) ; c’est l'initinteur en grand de la traite des noirs. Plus tard, le grand navigateur sir Francis Drake, qui fit le tour du monde après Magellan, invente, lui, une autre source de profits. Armé en guerre, il court sus aux galions espagnols chargés de métaux précieux, dévaste, pille les établissements de la côte du Pacifique, débarque sur les rives de la Californie, dont il prend possession au nom de la reine Élisabeth et qu’il nomme Nouvelle-Albion. Il ne trouve la fin de son brigandage que dans sa défaite à Saint-Jean d’Ulloa. Quelques années après, ce même Drake avec Howard et Seymour, commandants des flottes anglaises, prend part à la longue série de combats qui dispersent l'invincible Armada de Philippe II (1588).

C'est le coup de grâce porté à la marine espagnole : dès lors la suprématie des mers passe à la Grande-Bretagne, qui s'en servira pour fonder un empire colonial, le plus considérable que le monde ait vu.

(1) Higginson, dans son History of the United States, atteste ce fait.

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