‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 5 sur 195 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

coupa court d'abord à toute expédition, puis l'édit de tolérance de Henri IV permit aux réformés de vivre en paix én France ; ce n'est qu'après la révocation de cet édit, sous Louis XIV, que de forts contingents de huguenots vinrent d'année en année grossir la population des colonies anglaises. Quelques historiens ont regretté, au point de vue des intérêts français, l'échec de Coligny et accusé d'imprévoyance impardonnable les gouvernements du temps qui n'ont pas voulu grouper en colonies d'outre-mer, sous la protection de la France, ses sujets de la religion dite réformée, ce qui, ajoutent-ils, aurait assuré son influence au nouveau monde, C'est là une de ces assertions qui ouvrent la porte à bien des opinions contradictoires. Nous ne prendrons partie ni pour les unes ni pour les autres, nous contentant de faire remarquer que rien n’est moins certain que le cœur des protestants eût battu à l'unisson de celui des catholiques de France, Il est dangereux de j'ger les événements du passé à la lumière des idées de nos jours. A seizième et au dix-septième siècles, la religion était la grande affaire et les intérêts suprêmes de la conscience primaient tous les autres. C'est ainsi qu'en haine de la foi catholique, la France américaine n'avait pas de pires ennemis que les huguenots fixés au milieu des provinces anglo-saxonnes. L'historien Hildreth déclare que ceux de Boston et de New-York ne cessaient d’attiser le fanatisme des Puritains et de les Pousser à la conquête du Canada (1). Après la destruction de l'établissement de la Caroline, le silence se fait sur l'Amérique du Nord que l’Angleterre et la France perdent de vue, au milieu de leurs bouleversements intérieurs. Seuls les Espagnols et les Portugais poussent plus avant leurs conquêtes ; leurs colonies du Mexique, du Pérou et du Brésil se développent rapidement, et les premiers en fondent de nouvelles sur les rives de l'océan Pacifique (la Californie). Elles étaient déjà prospères en 1579, lorsque Drake, dont nous parlerons plus loin, alla les piller.

(1) «Ces terribles incursions des 8.

New-York pour avoir à La haine du Papisme reçut d'eux

Ce n’est qu'en 1583 que Humphrey Gilbert, au service de la couronne anglaise, vint à rade de Saint-Jean une cinq appartenant à différentes nations.

ertu de la commission

qu'il tenait de la fille de Henri VIII. Aucune tentative d’ha-

bitation ne suit alors cette formalité, e

actif, dans les Pays nouveaux, que ce de Humphrey Gilbert. Ce navigateu représente comme un enthousiaste reli Vaisseau, faisant voile vers

r, que l’histoire nous gieux, mourut Sur son l'Angleterre. Comme ses amis

consacre ces Vers :

Beside the helm he sat

The Book was in his hand,

« Do not fear ; Heaven is as near, He said, by water as by land » (1).

En résumé, depuis la découverte de Colomb, les aventuriers espagnols se sont élancés sur la route ouverte par son génie, à la conquête de terres nouvelles. Le seizième siècle retentit du brui. de leurs seuls exploits et de ceux des Portugais, qui se déclarèrent maîtres avec leurs voisins des pays nouvellement découverts et des terres encore inconnues, cachées par delà l'horizon. L'envie de l'Angleterre et de la France proteste contre cette prétention; Bernal Diaz rap-

Sans lui en donner une part voir le testament du père À institués ses seuls héritiers » (2).

Mais l'empire de la mer au Portugal et ils se servent

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