‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 62 sur 195 · ES · texte numérisé non relu

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les avantages de la religion. On vit d'abord les Français s'établir non loin de l'Atlantique, à Port-Royal, puis ensuite pénétrer dans l’intérieur jusqu’au delà des grands lacs, après avoir jeté les bases de Québec, des Trois-Rivières et de Montréal, et enfin tourner vers le sud, en suivant les traces de LaSalle, de Marquette et de Joliette, marquant leur dessein de faire du Mississipi la grande voie de communication de ce côté, comme le Saint-Laurent l'est au Canada. Avec le temps, le plan de colonisation se dessine plus nettement, En 1717, Bienville fonde la Nouvelle-Orléans, qui sera à la région méridionale ce que Québec est à la colonie du nord.

Dès la seconde moitié du dix-huitième siècle apparaît clairement la conception gigantesque d’un empire français fortement établi sur les bords de l'Atlantique, avec Louisbourg comme boulevard, servant de refuge à la flotte française, et chargée de monter la garde dans le golfe Saint-Laurent, pendant que Québec étendra son ombre protectrice sur l’intérieur du pays. Les établissements français se prolongeront vers l'ouest, à portée des uns des autres, jusqu’à ce qu’ils tournent vers le sud pour aller au devant des Louisianais qui rencontreront à mi-chemin leurs frères du Canada. Le fort Duquesne marque la dernière étape importante où pénètrent les ordres de Québec, tandis que le drapeau blanc des colons de la Louisiane flotte sur le fort de Chartres,

Cette vaste conception, dont la réalisation aurait rendu française presque toute l'Amérique du Nord, est restée à l'état de rêve ; il lui a manqué, pour entrer dans le domaine des faits, des ressources en rapport avec sa grandeur. C’est une vérité d'expérience que nulle Puissance ne peut prétendre à un empire colonial sérieux sans avoir une flotte redoutable, er $tat de tenir ouverte la route entre la métropole et ses colonies et de protéger sa marine marchande.

Colbert eut l'intuition de cette vérité que l’histoire des deux derniers siècles a rendue saisissante. Dès son arrivée aux affaires, on le voit créer de toutes pièces une flotte redoutable qui, durant quelques années, en impose à l'Angleterre, et qui aurait maintenu sa supériorité si Louis XIV, emporté Par son orgueil, n’avait pas déclaré la guerre à la Hollande, coupable d'avoir osé regarder en face le Roi-Soleil. Il eût

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