CHAPITRE DEUXIÈME
l'Angleterre dut ses premiers essais de colonisation transatlantique.
Son imagination, éprise de projets de découvertes, s'était échauffée à la lecture des récits de quelques navigateurs espagnols, qui prétendaient avoir vu un pays merveilleux (la Guinée), dont la richesse dépassait celle du Mexique et du Pérou. La capitale, éblouissante sous la profusion de métaux précieux qui couvraient ses maisons, avait nom : l’El-Dorado. Dans presque toutes les relations de voyages de l’époque, la fable se mêle à la vérité. Le merveilleux hante l'esprit des chercheurs de trésors, rendus crédules par leur trop grande soif de l'or, et leur fait donner un corps à leurs rêves. Raleigh, que dévorait l'ambit' 1 de se distinguer en travaillant à la grandeur de l’Angleterre, Raleigh, en qui s’attardait l’âme d’un ancien preux dans un siècle dépouillé de tout idéal, prit la mer pour disputer aux Espagnols la contrée aux richesses incalculables. ;
L’El-Dorado se déroba à ses recherches : il dut se contenter de remonter l’Orénoque, dont il fit des descriptions fortement colorées, portant la trace des défauts des récits de son époque.
«Il y a dans ces régions, dit-il, au sein d’une richesse incomparable, des hommes dont les yeux sont placés entre les épaules et la bouche au milieu de la poitrine». Il n'avait pas vu lui-même ces êtres étranges, mais des centaines de personnes lui en avaient affirmé l'existence. Raleigh ne vint qu’une fois en Amérique, mais il fit les frais de neuf expéditions entreprises dans le but de l'ouvrir à la colonisation anglaise. Sa foi dans son projet resta inébranlable jusqu’au dernier jour de sa vie. On l’entendait dire souvent, alors que rien ne semblait justifier ses paroles : Z shall yet live to see tt an English Nation, comme s’il avait entrevu à travers les brumes de l'avenir la fondation d’une seconde famille britannique au delà des mers. Il n'avait cessé, au temps de sa puissance, d'engager la reine Élisabeth à coloniser l'Amérique. Le prince qui possèdera cette terre, disait-il, sera le plus grand du monde. Raleigh avait l'intuition de l'avenir.
En 1584, Raleigh frète deux vaisseaux, qui mettent à la voile pour l'Amérique sous le commandement de sir Richard Grenville. Un voyage de quatre mois de navigation
amène celui-ci sur les côtes de la Caroline du Nord. Après un séjour de six semaines dans ces contrées, il retourne en Angleterre qui se sent prise d'enthousiasme aux récits de Grenville et de ses Compagnons, encore éblouis par les merveilles qu’ils ont admirées au delà de l'Océan. Raleigh donne à ce irginie, en l'honneur de la reine vierge des courtisans de l’époque.
Plusieurs autres expéditions, envoyées par Raleigh dans t misérablement. Les
ils épuisèrent en explo- , à la recherche de métaux précieux.
grés, victimes probables de ces entreprises avaient ruiné leur Promoteur. Après la mort d’Élisabeth, il tomba en disgrâce. Jacques Ier Je fit enfermer à la tour de Londres, où il écrivit l'Histoire du Monde, ouvrage très estimé. Le roi le fit sortir de prison douzeans plustard pour l'envoyer à l'échafaud. La chronique rapporte qu'ei, vnvant la hache du bourreau il dit:« Voilà une terrible médecine qui va mettre fin à tous mes malheurs ». Ainsi périt l’homme qui avait mis sa fortune et ses talent Projet qui, repris par d’autres sultats. L’Angleterre n° des connaissances assez cette ‘poque date l’intr vertus médecinales qu’on 1 à en populariser l'usage.
émérite. La légende rapp :
DS