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en quête d'un endroit projîice à un établissement. Ce ne fut que trois semaines plus tard que l'on mit définitivement pied à terre, sur une île, située à (quarante milles de l'embouchure de la rivière James et où l'on fonda

JOHN SMITH, FONDATEUR DE IvA VIRGINIE

(1()()7) Jamestown, non loin de la ville moderne de Kiclimond.

A la tête d(> rexpédition se trouvaient, avec Newport,

Wintield, Gosiiold et le fameux John Smitli. Ce dernier est un i)ersonnai>'e légendair(î, dont le nom remplit les premiers jours de l'histoire de l'établissement de la Virginie. Il avait un ])assé qui attirait l'attention sur lui. Ancien soldat d'aventure, mêlé aux guerres de Flandre, il avait piis part à maints coml)ats. On le retrouve ensuite en Orient, au service de r Autriche, bataillant contre les Turcs. Il raconte luimême, dans ses mémoires, qu'il en tua trois en coml)ats singuliers, livrés en présence des armées chrétiennes et du camp musulman. Smith aura des aventures non moins singulières sur le sol de la Virginie. Ne pouvant s'entendre avec ses collègues, il s'en va explorer la baie de Chesapeake et en dresse une carte précieuse qui a été longtemps consultée. Puis il remonte la rivière Powhatan, nommée James River par les colons, tombe entre les mains d'un roi sauvage, chef de trente tribus, et court les plus grands dangers. Une fois, il échap})e a la mort en faisant admirer une boussole aux Indiens, qui le regardent comme un être surnaturel. Plus tard, il n'est sauvé que par la fille du roi, la jeune Pocahontas, qui l'adopte comme membre de la tribu au moment oii les sauvages allaient le mettre à mort. A son retour h Jamestown, kSmith trouve le village naissant dans la, plus profonde détresse. Acharnés à la recherche des métaux précieux, les aventuriers, pour la plu])art gens sans aveu, ont épuisé les vivres apportés . d'Angleterre sans prendre les moyens de s'en procurer d'autres. La famine et les fièvres les déciment pendant que les Indiens que, par une imprudence sans nom, ils ont trompés et pillés, ne leur laissent plus maintenant une heure de repos, dé-

terminés qu'ils sont à se débarasser de ces envahisseurs. Enfin la colonie est sur le bord de l'abîme. 8mith se met à l'œuvre, rétablit la paix avec les indigènes et inspii'e confiance à tous ceux qui l'entourent. Par malheur, un accident qui met sa vie en danger le force à retourner en Angleterre après l'arrivée à Jamestown de sir James Gates et de cinq cents nouveaux colons. Il re\int on Amérique, fit un relèvement sommaire de la côte depuis la rivière Pénobscot jusqu'au cap Cod. C'est lui qui a donné à cette partie du continent le nom de New- England. Les compagnons de Gates ne valaient guère mieux que leurs devanciers. Banqueroutiers pour la plupart, ou repris de justice dont on voulait débarasser l'Angleterre, ils eurent bientôt fait de bouleverser l'œuvre de Smith et de trouver sur place le châtiment de leur inconduite. La maladie, la famine, les attaques des sauvages, plus audacieux à mesure qu'ils voyaient Jamestown faiblir de jour en jour, réduisirent cette ville à la dernière extrémité. Telle était la situation lorsque sir John Argall, qui faisait partie de l'expédition de Gates et que les vents contraires avaient [)oussé sur les Bermudes, parut à Jamestown. Comme il n'a|)})ortait aucun secours, le découragement complet vint s'ajouter à la misère. On tint conseil, et la faim, mauvaise inspiratrice, fit prendre aux soixante personnes survivantes des huit cents qui étaient débarquées en Virginie depuis 1607, la résolution su])rême d'abandonner l'Amérique et de retourner en Angleterre. Le matin du mois de juillet 1610, les débris delà colonie, tournant le dos à la terre ] n'omise de leurs rêves d'autrefois, prenaient place dans les embarcations (pii devaient les conduire aux vaisseaux d' Argall, mouillés dans la 1)aie.

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C'était un triste convoi, chargé de* voyai^curs ])ien allégés des es[)éi*anecs (^ui gonflaient naguère Unw coiur à leuidépart de l'Angleterre, qu'ils désiraient maintenant tant revoir. La flottille avançait lentement, lorsfjue tout à coup surgissent à leur vue (juelques eml)arcations. Ils eurent bientôt l'explication de cette rencontre inattendue. C'étaient des messagers de lord De la Warr, arrivé de la veille, qui venaient leur donner ordre de rebrousser chemin.

Lord De Ici Warr, nonnné gouverneur de la Virginie, y apportait des provisions en abondance et un fort contingent d'émigrés. La colonie était sauvée, mais par combien d'épreuves ne devait-elle point passer encore avant de trouver pon assiette définitive ! Les fautes de la première heure, les fautes comnuuies à presque tous les établissements nouveaux, vont se répéter jusqu'à ce que l'expérience, ouvrant enhn les yeux aux chercheurs d'or, leur ait enseigné (jue la prospérité ne s'acquiert qu'au prix de pénibles labeurs, et que le plus souvent les chemins qui paraissent mener rapidement à la fortune, ne conduisent qu'à la déception.

A lord De la Warr succéda sir Thomas Dale. L'administration du nouveau gouverneur fut marquée par des actes très inqjortants pour la nouvelle colonie. Elle mit fin aune espèce de communisme, obstacle constant à tout progrès. Cet état de choses remontait aux premiers jours de la plantation et avait été créé par des instructions venues d'Angleterre, les(|uelles décrétaient ({ue tout le produit du travail des colons serait mis en comnmn. C'était donner une prime à la fainéantise. L'aiguillon de l'intérêt individuel étant enlevé, personne ne se croyait tenu de travailler pour le voisin. Sir

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Thomas Dale prit le parti de mettre fin graduellement h. cet abus et de stimuler l'ambition de la nombreuse classe des colons qui n'avaient pas de terre en propre. Il en donna urois arpents à chacun et le privilège (le les cultiver en y employant une trentaine de jours j)ar année, le reste de leur temps devant être encore ■consacré aux travaux de la communauté. De suite un progrès marqué se fit sentir dans la colonie, ce qui engagea bientôt l'autorité à substituer partout l'individualisme au communisme, qui n'aïuva chance de l'éussir que le jour où ses adeptes seront animés de cet esprit de renoncement et de foi qui domine les associations de religieux.

Les actionnaires de la com])agnie de Londres, qui avaient compté retirer de grands profits de leur exploitation en Virginie et en étaient toujours pour leurs frais, imaginèrent de dresser un code de lois destinées à y faire régner la j^lus stricte vertu et à forcer au travail les colons récalcitrants. C^'était un ensemble de mesures draconiennes que sir Thomas Dale appliqua dans toute leur rigueur. La paresse était punie du fouet ; l'inci'édulité entraînait la peine de mort, et la simple indifférence en matière religieuse, le bannissement. Ce régime de terreur, s'il avait duré longtemps, aurait arrêté toute immigration. On le redoutait tellement en Angleterre, que des criminels mis dans l'alternative de purger leur condamnation en prison ou d'aller en Virginie, préféraicmt la perte de leur liberté au régime de sii' Thomas.

Notons au })assage cpie c'est sous l'administration de Dale que le capitaine Argall, lieutenant-gouverneur de la Virginie, dévasta, en pleine^ paix entre la France et

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