I.F.S fiUKKHKS
coloiiios voisines. J.a pi-emière a j)()iii' clK^fs d'Aillehoiist de Maiitot (^t i.(Mii()vn(^ (1(^ Sainte- [lélèiie. Après nnc; course (le trois ecMits milles, l(\s (Canadiens et les Sauva<4es Cjui la e()nij)os(Mit tombent, la nnit, à rim[)roviste, sur Corlar (SeJieneetady), massacrent une partie (le la |)opulation et en traînent unc^ autn^ (ui captivité. A la secondcN eonnnandait Franc;()is Hertel, (jui s'c^npare dc^ réta])lissement de Salmon l'alls (N.-H. ), M. de Portneuf, chef de la troisième expédition, détruit Oasco (l^)rtland). Ces incursions mai'([uées pai* des actes de ci'uauté, inaugurent le genre d'hostilités auquel on aura souvent recours (Ums la suite.
En 1(U)0, Phipps reçoit la mission de s'emparer de l'Acadie ; c'était un soldat d'aventure. Né à Pemacjuid, vingt-sixième enfant d'une pauvre famille, il fut successivement berger, matelot, puis capitaine de navire. Ayant amassé une grande fortune, il vint s'établir à Boston oii il acquit un influence considérable. 11 était gouverneur du Massachusetts lors des procès pour sorcellerie.
La flotte (|u'il connnande porte huit cents soldats avec lesquels il n'a guère plus de peine que de gloire à s'emparer de Port-Koyal, (ju'il livre au pillage. Les autres établissements de la ccOte subissent k* même sort. Fier de ses exploits, il rentre tout glorieux i Boston et obtient un commandement plus important. 11 s'agit de frapper la Nouvelle- France au cœur en s'emparant de Québec. Phipps attaquera cette ville par mer, pendant que Fitz- John Winthiop, fils du gouverneur du Connecticut, envahira le Canada par la voie du lac Champlain. On sait l'issue de cette entreprise. Frontenac force le premier à une fuite honteuse, (1B90). Le second, à la nouvelle de l'insuccès de Phij)ps, rebrousse cheniir ^-^^'^
avoir liii-iiiêiiie siil)i une défaite. L'atta([iie a été faite |)ai* mer et par terre : par le Saint- Laurent et parla voie du lac Champlain et du Iliclielieu : c'est ce même plan d(^ C(m(|uête (jue l'on suivra à trois reprises diiférentes et ([ui ne réussira (|u'à la fin de la <4uerre de Sept- Ans.
Saluons, au |)assage, la grande ligure de d'iberville, le premier ])atailleur de son temps, une des gloires les plus pures de la Nouvelle- France et dont les exploits extraordinair(\s et les c()n(|uétes, au cours de cette guerre, à la Haie d'Hudson et à Terre-Neuve, ont inunortalisé le nom.
Le traité de Jlysvvick (1697) clôt, les hostilités et laisse la France en possession de l'ouest de Terre-Neuve et de la Baie d'Hudscm.
(iLTEllKE DE LA SUCCESSION d'eSPAUNE : DEl XIL:ME OUEKUE IN'PEIK OLONTALE, 1701 -1 7 1 '-].
Dès 1701, la guerre delà succession d'Espagne a})pelait de nouveau Anglais (^t Français aux ainies, en Europe^ et en Américpie. Louis XIY avait à ternir tête à l'xVutriche, à la Hollande et à l'Angleterre, coalisées contre^ lui pour l'empêcher de placer la couronne d'Es- ])agne sur la tête de son i)etit-fils Phili|)p(^ V. C'est dire que la Nouvelle- FVance fut encore laissée presque à ses seules ressoui'ces î Les frontières du New-Ham])shire, l'Acadie et Terre-Neuve furent le théâtre des hostilités. Des l'uisseaux de sang rougirtnit les établissements anglais, aux lueurs de l'incendie^ allumé par les compagnons et énudes de ces terribles sabrcnu's (pii avaient nom Hertel de Rouville, St-Oui's Deschailloiis. Deerheld (1704), surpi'is la nuit, eut le sort de ('orlar, tandis (pi'à Ha^■(M'hill (170S), mis sur ses gardes, les
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Canadiens enrent à cmiIovcm* le \ilIa,L;(' d'assiml. hc Casco à Wells, immense lisière (l(^ pays, M. de Hcanbassin })r()nienait la tuerie. ( '(\s lîoiT(Mn-s font diic à lîancroft: ''Les sauvages, divisés |)ai' bandes, assaillirent, avec les Français, toutes les places foititiées et toutes les habitations a la fois, n'é[)ari>nant, selon un chroniqueur, ni l(\s cheveux blancs de la vicM'llesse ni l'cMifant sur le sein de sa mère. La cruauté devint un art. Il semblait (pi'à la pointe de clia(iue maison, un Indien caché épiât sa proie, (jue de personnes furent massacrées ou trainées en captivité ! La mort planait sur les frontières."
La terreur régnait partout dans la Nouvelle-Angleterre, tant on craignait de voir paraître nos redoutables guerriers. L'excès du mal finit ce})endant par donner du courage aux colons anglais qui tombèrent sur les Abénaquis de FAcadie et ne leur firent aucun (puirtier. Le gouverneur de Boston, Schuyler, écrivit à M. de Vaudreuil, poui- protester contre ces actes de sauvagerie peu conformes aux usages de la guerre. " Je ne puis m'empêcher de croire, disait-il, qu'il est de mon devoir envers Dieu et envers mon prochain de prévenir, s'il est possible, le retour des cruautés bar1)ares et païennes qui n'ont été que trop souvent exercées sur les malheui'eux habitants de la colonie."
L'officiel" anglais avait tort d'oublier que du côté de la ]Nouvelle-Angleterr(^ on ne cessait de pousser les Iroquois, les plus féroces des sauvages, au massacre des Français. Au reste, vers la même époque, le capitaine Church ne mettait-il ])as l'Acadie à feu et à sang. La guerre se faisait encore au dix-huitième siècle avec un terrible accom]jagnement de cruautés inutiles. On n'était
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pas éloigné des temps où la rage des soldats n'épargnait, dans la prise d'une place forte, ni les femmes, ni les enfants. Sons Louis XIV, le Palatinat fut ravagé avec une fureur qui rappelait le sac des villes au moyen-âge. N'est-ce point cette barbarie ([ui faisait dire à Leibnitz : liomo Juniiini lupins f
En Acadie et \\ Terre-Neuve, les Anglo-américains subissent longtemps revers sur revers, tenus partout en échec par Subercase et Saint-C'astin qui, avec des poignées de soldats font des prodiges de valeur. Mais le le nombre devait finir par avoir raison de l'héroïsme et Port-Royal succombe (1710) sous les masses commandées par Nicholson.
La Nouvelle-Angleterre qui, au déimt des hostilités, croyait avoir une tâche assez facile devant elle, se sent prise de rage en présence d'une résistence si prolongée ; elle jure d'écraser une bomie fois ces ennemis si peu nombreux et (pii tiennent sa pcjpulation dans la terreur. Le vainqueur de Port-lioyal, Nicholson, reçoit ordre de faire la conquête du Canada. On place l.'),000 hommes sous ses ordres. C'est presque le chiffre de la population du Canada ; |)lus (ju'il w\n\ faut, lui semble-t-il, pour s'en rendre maître. Il ira par le lac Champlain. L'amiral Walker ])r(nidra, de son côté, la route du Saint-Laurent, à la tête de quatre-vingt-dix vaisseaux, portant 2,000 hommes. On sait ce qu'il advint de cet armement formidable, l'n naufrage (1711) à rile-aux-(Eufs sauve la colonie du côté de l'Est, et Nicholson rebrousse chemin en apprenant le désastn» de son collègue.
l^a paix d'Utrecht (1713) vient fermer les hostilités et rendre aux colonies un repos indispensable. Elle con-