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^lotorrc' uv fut au début pour ni'u dans cotte entreprise militaire, et (|ue ce n'est (pi'api*cs l'arrivée de J\îpperell sur les côt(\s du ('a])-Bret()n, (jue l'ciniii'al Wari*en vint prêter son a])})ui aux l^ostonnais. 11 n'avait ancune troupes i\c débanpienient et il n'aida les colons que» dans une mesure très restreinte en l>lo(juant l'entrées du havre. Autant Pep})erell déploya de résolution et d'intelli<4ence, autant Duchambon, (pii connnandait à Louisbourg, montra peu de sagacité et de prévoyanc(\ Après un siège de six semaines, la place se rendit à War*ren et le drapeau anglais flotta sur les murs conepiis par la bravoure coloniale.
La caui pagne contre Louisbourg, à part son im})ortance stratégicjue, — car cette forteresse donnait à ses possesseurs l'empire du golfe Saint-Laurent, - eut un trait bien caractéristique. L'enthousiasme religieux et national dominait ceux qui y prirent part. Cet enthousiasme découlait de la ferveur que depuis 1734 les prédicateurs puritains s'efforçaient de ranimer. Avant cette époque, les chefs de la secte avait noté un grand relâchement dans le zèle des fidèles et la sévérité de leurs moeurs. Malheur à la congrégation si l'on ne revenait pas à la rigueur primitive, car les murs de la Jérusalem nouvelle ne ])oiuTaient soutenir les attaques de l'erreur. Dans toutes les églises retentirent des appels énergiques à un retour à l'antique foi et des dénonciations féroces des fausses doctrines. Il résulta de ces })rédications un renouveau religieux connu dans l'histoire de la Nouvelle-Angleterre sous le nom de (rreat A ivaheyiiuif.
C'est au milieu de cette effervescence que fut prêchée la campagne contre Louisbourg. Si les puritains détes-
taieiit les autres sectes protestantes, quel ne devait pas être leur sentiment à l'égard du catliolieisnie ? L'Eglise de Kome. c'était pour eux la quintescence de l'erreur, l'idolâtrie, la bête de l'Apocalypse. Le fanatisme puisait aussi un autre élément de fureur dans la haine traditionnelle de l'Anglais pour la France. Aussi l'expédition contre Louisbourg revêtit le caractère d'une guerre sainte, d'une croisade protestante. Le pasteur Moody, qui accompagnait les troupes, portait a son côté une hache destinée à abattre les images et les croix de l'église de Louisbourg. Un autre ministre resté à Boston écrivait à Pepperell : " Que ne m'est-il donné d'être auprès de vous et du che}- pa/soii Moody, pour démolir les images de cette église et y entendre prêcher le vérital)le Evangile de notre Sauveur." Whitetield, le prédicateur rJier au peuple de la Nouvelle-Angleterre, proposait d'inscrire sur le drapeau de chaque régiment cette sainte divise : Nil des-peraiidum, C/wls-to duce.
La prise de Louisl)()urg eut un retentissement énorme en Angleterre et en xAmérique ; c'était la clef du golfe Saint-Laurent mise aux mains des Anglais, qui s'élanceraient de cette forteresse vers Québec. La flotte, rassend)lée dans son port spacieux, monterait la garde à l'entrée de la route qui menait au cœur du pays. Cette victoire causa d'autant plus de joie en Angleterre que les armes de la Ci rande- Bretagne avaient été plus malheureuses en Euro})0 : on avait sur le cœur à Londres la défaite de Fontenoy. Fn Améri(|ue, l'allégresse ne fut pas moins grande, et connue c'était autant un triomphe religieux (pie militaire, la prise de Louisbourg servit pendant longtenqjs de texte aux sermons de toute la comnmnauté puritaine. Mais la joie des vainqueurs
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se clian^va en oxas|)éi'ati()n lorsiju'ils vii-ont l'AiigielcuTc rendre l.ouisbour^' à la France, par le ti'aité d'Aix-la- (^hapelle, sans se soueiei' de l'eftet (jiie cette cession produirait eu Aniéi'i(|U(\ La mère-patrie affichait dès lors ce mépris pour l'opinion coloniale (jui devait lui être fatal un peu plus tai'd.
Un autre grief des colons et très cuisant celui-là : l'Angleterre^ avait gardé tout l'or trouvé sur les navires français pris par Warren. Les puritains n'étaient [)as détachés des biens de ce monde au point d'oublier leurs intérêts matériels. En 1749, l'Angleterre écoutant enfin leurs réclamations leur donna £183,000 sous forme de ()53,000 onces d'argent et 10 tonnes de cuivre, que l'on promena triomphalement dans les rues de Boston.
La prise de Lcmisbourg domine, en importance, toutes les actions militaires de cette guerre. La Nouvelle- France n'avait plus assez de soldats pour renouveler les exploits de d'Iberville. Aussi dut-elle se contenter de diriger des partis de guerriers contre les étal)lissements limitrophes. " Les frontières de Boston à Albany, dit Garneau, n'étaient plus tenables : les forts avancés avaient été évacués et la population effrayée courait chercher un refuge dans l'intérieur, pour se soustraire à ces dévastations meurtrières."
Les quatre années de la guerre de la succession d'Autriche avaient épuisé les combattants, mais l'épée n'était rentrée au fourreau que pour donner un répit aux soldats. Le traité d'Aix-la Chapelle ne contentait personne ; les Anglo- Américains crurent surtout avoir raison de se plaindre. En somme, la Nouvelle- France, qui dans l'ensemble des opérations militaires avait été la plus maltraitée, retirait de joins grands
l:î<S LES GUERRES
avantages de la })aix que sa rivale. Les intérêts de la Nouvelle-Angleterre se trouvaient sacrifiés à ceux de la mère-patrie. L'Autriche alliée de la Grande-Bretagne rentrait, par le traité, en possession des Pays-Bas et la France, dans celle du Cap -Breton et de Louisbourg, renonçant à ses droits sur Madras, aux Indes. Dans ce principe de restitution réciproque, l'on ne semblait tenir aucun compte des immenses sacrifices des Bostoimais et des colons du Connecticut. Aussi jamais convention solennelle entre des nations fut-elle moins respectée (pie celle d'Aix-la-Chapelle.
(M'EKRE DE SEPT ANS : QUATRIEME (ÎUERRE INTERCOLONIALE 1755 ()î>
Le traité d'Aix-la-Chapelle n'avait pas réglé la question de^ frontières des possessions françaises et des colonies anglaises, pendante de])uis si longtemps ; cette tâche avait été remise à des commissaires (pii, siégeant à Paris et ignorant la topographie de ces contrées, ne ])ouvaient guère s'entendre. " Pendant, que ces commissaires, dit M. de Broglie, s'étudiaient à débattre les titres qui appuyaient les prétentions op})osées, les l)arties restées en présence et en armes sur le sol lîoutesté, api)liquaient leur droit comme elles l'entendaient, bien décidées à pi'évenir tout empiétement sur ce qu'elles regardaient comme leur domaine légitime. Partout oii avaient été fondées pendant la guerre de petites stations anglaises et françaises, à |)ortée et en regard les unes des autres, on se menaçait derrière des forteresses élevées pour leur défense. C'étaient entre les commandants de ces postes des disput(\s journalières, qui aboutissaient souvent k dci^ rixes sanglantes."
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En 17.')4, le fort DiKiuosiic Imti par M. de Coiitro- L'd'ur au coiiHiicnt de l'Oliio et de M()ii()ii<;aliéla, vinl drt\ssei* ses bastions comme un défi aux Au'^iais. (Tétait une adniii*al)le [)osition stratéi^ique, commandant la, navigation du Mississipi et tenant ouv(Mte la routes vers la Nouvelle-Orléans. Le fort l)u(|uesne était-il en pays français? Les plantations du sud (jui avaient compris trop tard l'importauee de ce [)Oste, soutenaient (]ue la, France empiétait sur le sol de la Pennsylvanie, et conune les (puikers de cette colonie, empêchés j)ai' leur croyance religieuse de porter les armes, laissaient les Français s'v retrancher fortement, les Yii'giniens se chargèrent de les eu clélogei-.
C'est au milieu de cet état de choses (ju'un incident malheureux vint encore aggraver la situation. Un oilicier français envoyé par le commandant du fort Duquesne, M. de Contrecœur, pour sommer un parti de Virginiens de se retirer du territoire français, fut attaqué à l'improviste (le 17 mai 1754) par ces derniers. M. de Jumonville tomba, avec une dizaine de ses soldats, sous les balles des assaillants. Le commandant des Anglais avait un nom destiné à devenir célèbre dans l'histoire : il s'appelait Washington. Il fut, à la suite de cette atiaire, accusé d(^ meurtre. ( )n prétendit qu'il avait prémédité ratta(pie, et ([u'il avait donné ordre de faire feu, coimaissant l)ien le cai'actère de parlementaire dont l'oflicier français était revêtu. Washington a plaidé son ignoranc(^ de ce fait. IH^ plus, d'ajn'ès sa version, ce seraient les Fiançais (pii auraient conunencé rengagement. (^uoi(pi'il en soit de cette explication, il est évident ([ue, de part et d autre, on se guettait en ennemis et que la paix n'avait jamais été ()1)servée du
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côté de Fouest. La Virginie avait cloniié ordre, longtemps avant la déclaration de guerre, d'expulser les Français de la Pennsylvanie, et les colonies anglaises ne cessaient de presser la métropole de rompre avec la France.
Venger la mort de Jumon ville, fut le })remier soin de M. de Contrecœur. C'est au frère de la victime, M. de Villiers, (ju'il confia cette tâche. Celui-ci courut atta- (juer Washington retranché dans un fort élevé à la hâte, et que celui-ci rendit après un combat de dix heures (9 juillet 1754).
C'est au début de cette guerre que fut perpétré ce crime de lèse-humanité que l'histoire appelle la dispersion des Acadiens. ÏjC 10 septembre 1755, pi-esque toute la population française de l'Acadie, réunie par groupes a Crand-Pré, au bassin des Mines, etc., fut entassée pêlemêle sur des navires, puis jetée, sans ressources, le long de la côte américaine depuis Boston jusqu'à la Floride. Par un ratinement de cruauté, les membres des différentes familles avaient été séparés, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. L'imagination recule épouvantée, lorsqu'elle essaie de se faire une idée des souffrances de ces malheureux, abandonnés à la merci de leur ennemi séculaire. Mais tant de calamités finirent par vaincre l'antipathie des puritains pour les Acadiens et la ])itié prit la place de la haine ; la charité des habitants de Boston, de New- York, de Charleston, en sauva un boïi nombre ; mais combien moururent de faim et de maladies causées par la misère î Jamais on ne pourra faire \c compte de cette immense infortune pres(|ue sans pareille dans l'histoire du monde. La responsabilité de cetact(> de froide barbarie, longuement préparé, retombe surtout sur I^awrence, gouverneur de la Nouvelle-Ecosse. Shirlev,
MvS (;iJKI{l{KS 14]
i;ouverii('ur du Massacliiisetts, paraît avoii' été partie au complot. Wiuslovv fut cliai'i^é (rexéciiter les ordres du gouvei'ucîur : c'était un soldat d'uiie <>i*aHde hravourc^ et nous ne fu)nipreu(jus pas qu'il n'ait point })risé son épée et reculé devant l'horreur de sa mission. Non seulement Lawrence ai>'issait sans mandat, mais le aouvernement anglais lui avait enjoint d(^ nc^ pas mettre à exécution le cruel projet qu'il lui avait communi(|ué.
Lawrence a trouvé de nos jours des défenseurs. Li^^ Acadiens, sujets anglais, disent-ils, i-elusaient de prêter le serment d'allégeance ; en cas de guerre avec la France, ils auiaient prêté main-forte aux Canadiens. Donc leuiexpulsion était une mesure rigoureuse, rendue nécessaire pai' les lois de la guerre. Ce n'est là qu'une pitoyable argumentation dont ont fait l)onne justice M. l'abbé Casgrain et M. Richard. Les Acadiens avaient déjà prêté serment d'allégeance et s'étaient renfermés dans une neutralité absolue, malgré les sollicitations des Français et des Indiens, qui voulaient les entraîner dans la lutte. Ce refus leur avait même valu des mauvais traitements de la part de leur alliés sauvages. Non, le vrai motif qui fit agir Lawrence, ce fut le désir de prendre jjossession des terres des neutres. C'est la cupidité qui a inspiré cet attentat, dont les auteurs ont mérité les flétrissures de l'impartiale histoire.
Les commissaires, siégeant à Paris, étaient plus loin que jamais d'uni' entente, car l'Angleterre ne cessait d'exagérer ses réclamations. Elle en était rendue à demander, outi*e l'Acadie, vingt lieues de territoire sur le (Canada et la* neutralisation des abords du golfe 8aint-Laurent, prétention absurde s'il en fût jamais.
L'attaque et la prise, en pleine paix (mai 1755), du
Lyi^ et de VAlcide, au large de Terre-Neuve, par l'amiral Boscaweu, étaient une violation du droit des gens, autrement sérieuse (j[ue l'affaire de Jumon ville, et les ministres de Louis XV (|ui avaient jusque-là tout subi pour éviter une rupture, durent s'y résoudre. Nous entrons ici dans la guerre de Sept-Ans, si désastreuse, malgré ses éclairs de gloire, pour le Canada, et qui doit enfin couronner de succès la persévérance des Anglo-Américains. Le résultat final n'est pas douteux pour la Nouvelle-Angleterre. Ne })eut-elle pas mettre en canil)agne plus de soldats — contingent anglais et milices coloniales réunis — (]ue sa rivale ne compte d'habitants? Malgré cette inunense supériorité du nombre, il lui faudra six années de lutte j)our écraser cette ]3oignée de géants, conduits })ar un héros. Quelles campagnes que celhs (jui virent le triom])he des armées françaises sur rohio, à Oswego, k Williàm-Henrv et à Carillon ! Cha([ue printeni])s, depuis 1750 jus(iu'à 1759, on dit k Boston : " Enfin, nous touchons au triomphe," et au retour d(^ l'hiver, le cri de désespoir des troupes en déroute, démoralisées, retentit dans les villes oii Ton l)réparait des entrées triomphales aux vainqueurs. Mais la partie devient de plus en plus inégale. En 1759 le Canada est envahi par des nuées de nouveaux soldats. Les trouées faites au nn'lieu des colonnes anglaises, les campagnes [)récédentes, sont comblées, tandis que le Canada épuisé voit les vides de ])lus en plus nombreux, dans les rangs de son armée.
La E]*anc(^ *'* saignée k l)laiu' pour soutenir sa luui-
(1) On sait que la, Fiance (j[iii, depuis Richelii-u poursuivait l'abaissement de la maison d'Autriche en Europe, than^ea vers 1754 sa politique européenne. L'Autriche, déchue de son antique splendevu-, avait cessé
vclle |)oliti(|iu* ouropéoiuie, (^t (jui a mis ciiKj arniéosan siTvice (le Marie-Tliëreso, n'a plus de soldats à (nivoycr au Canada, (^ucboc succombe (17 septembres 1750), Montréal capitule (1700). La puissance française a vécu (Ml Amérique. Son drapeau, ([ui flottait gloi'ieusemcMit sur les bords du Saint-Laurent depuis un siècle et demi, re})asse les mers couvert d'un voile de (Uniil.
l^]nfin le tricmiphe des Angl()-/\méricains est complet, ([uoique cbèrenient aclieté : mais ils sont i^ens à ne ])as regarder aux sacrifices, lors(|ue leur intérêt est en jeu. (^uel })rofit innnédiat trouveront-ils dans la con([uête, ([ui, en définitive, fera surtout l'affaire de la mère-patrie? Cet avantage, il leur apparaît dans la tranquillité qui va régner sur leur frontière. Depuis ])rès de soixantedix ans, la [)opulation des établissements les ])lus rap- ])rochés du (^anada vit dans la crainte des terribl(\s ])andes de Français et de sauvages. Elle sèche de terreur au souvenir des massacres de C'orlar, de Casco, de Deerfield et de Haverliill. Chaque nuit de la guerre est une longue nuit d'angoisses. Dans le silence de ces solitudes, le moindre l)ruit aux heures des ténèbres semble lui révéler l'approche du redoutable Canadien. Dans leurs rêves, fenmies, vieillards et enfants entrevoient sans cesse l'éclair du sabre et de la hache d'arme des compagnons des Rouville et des Hertel. Durant les luttes de l'Ecosse et de l'Angleterre, les Anglaises des
d'être redoutable, tandis que la Prusse, entrée sérieusement avec Frédéric dans le concert européen, prenait l'attitude d'une puissance militaire de premier ordre. C'est cette vérité que Kaunitz, un des ministres de Marie-Thérèse, eut de la peine à faire comprendre à Louis XV, qui tinit par se rendre à l'évidence et s'allier à l'Autriche contre la Prusse. M, de Broglie, dans son œuvre magistrale, V Allia )ice iiufrichienne. a admirablement expliqué les raisons de ce changement de politique.
l>ES GUERRES
frontières sans cesse dévastées par les hommes du nord, chuchottaient le nom du Black Douglas à l'oreille de leurs enfants pour les retenir auprès d'elles. De même, le nom des chefs français, porte l'épouvante chez nos voisins. On ne trouve pas d'expressions assez fortes au Canada pour stigmatiser la dispersion des Acadiens, opérée au mépris du droit des gens. Certes, on a raison : cet acte empreint d'une froide cruauté, et que les fins de la guerre ne rendaient pas nécessaire, est inexcusable
HOMMES KT KRMMEvS TRAINEvS EN CAPTIVITE
mais l'impartialité ne nous fait-elle pas un devoir de passer condanuiation sur la méthode de guerre employée par les gouverneurs français ? On frisonne au récit de ces massacres, de ces incendies, de ces femmes et de ces enfants traînés en captivité, au milieu d(^ l'hiver, ^^^ dispersés parmi les tribus sauvages ! Quelles misères n'ont ])as endurées ces malheureuses victimes ?
(1) Garneau dit que les registres de Québec sont remplis de noms de personnes enlevées au Massachusetts et au Nevv-Hamphire.
(■es individus traînés en captivité étaient traités avec bonté par les Canadiens et leurs alliés. Eggleston reconnaît ce fait : " The Canadimis
\.KS (JCKHKKS 14")
Kicii, autant nue cvs incursions, n'a contribué à pousser les An^lo-Aniéricains à la conquête du ('anada, à ail un KM" leiu' haine et leur soif de ven|»'eance. Un incident, ignoré jusqu'ici au Canada, met bien cette assertion en relief*. Dans l'intervalle (]ui s'est écoulé entre* la cajHtulation de* Montréal (1700) et h' traité de Paris, (1703) ([uehjues publicistes anglais, entre autres, un M. Burke, frère dit-on du grand orateur, émirent l'opinion (ju'il serait de sage politique de rendre h^ Canada à la France et de garder [)lutôt l'île de la (xuadeloupe. Ils apportaient à l'appui de cette proposition-différents arguments (jui n'étaient ])as sans valeur au point de vue des intérêts anglais. D'abord, le Canada n'offrait à l'Angleterre que des produits similaires à ceux (le ses plantations, tandis qu'à la (luadeloupe, on trouverait en abondance le rhum, le sucre, le café et les fruits des tropiques. A cela s'ajoutait une importante considération jiolitique. Débarrassées de toute crainte du côté de leurs frontières, les colonies peuplées de gens remuants et de caractère difficile, ne se querelleraient-elles pas bientôt avec la métropole ?
" Si le peuple de nos établissements, ajoutait le publisciste, ne trouve pas de frein {check) du côté du Canada, il va se répandre dans l'intérieur et s'accroître. Quelles seront les conséquences de cet accroissement d'une
toeve gencvally klnd to the captives that fell into thclr hands and some of thc priso tiers icerc sorry to refiirn. Ce témoignage ne s'accorde pas avec la description de Tenlèvement cruel de captifs, telle que représentée par la gravure que nous reproduisons ici et que nous empruntons à cet auteur.
L'hon. Juge Gill, de Montréal, est le descendant d'un habitant du New-Hamphire enlevé par un parti d'Abénaquis. Il a raconté dans un opuscule très bien fait, les péri[)t''ties de la captivité de son ancêtre.
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population entreprenante et à l'esprit indépendant 'i Je laisse cette question à votre méditation. En voulant mettre la main sur un vaste territoire, nous courons le risque de perdre celui que nous avons. Un voisin (|ui nous inspire de la crainte n'est pas le pire des voisins. En mettant de côté la question de sacrifier la Guadeloupe au ( Janada, nous ne devrions peut-être pas désirer la possession de la Nouvelle- France, môme si nous pouvons l'avoir sans sacrifices. Il devrait y avoir en Amérique un équilibre des forces. Si nous gardons le Canada, nous trouverons bientôt l'Amérique du Nord trop puissante et trop peuplée pour que nous puissions la gouverner de Londres."
Franklin, de passage en Angleterre au moment de ce débat, se hâte d'y prendre part pour faire la leçon à Burke et à ses amis. Après avoir protesté de la loyauté inaltérable des cokms, — mensonge officiel souvent renouvelé, — il s'indigne à l'idée qu'on rendrait le Canada à la France et tourne en ridicule le plan suggéré par son antagoniste, de placer quelques forts sur les frontières afin d'opposer une ])arrière aux incursions des Français. E'ignorance de la topographie du pays peut seul inspirer un tel projet. Il faudrait une murai lie comme celle de la Chine pour mettre les colons à l'abri. " Une longue expérience a appris à nos planteurs, ajoutet-il, qu'ils pourraient autant compter sur la protection de ces forts que les citoyens placés en dehors de Londres (à Hacîkney par exemple), sur celle de la tcmr de Londres pour se défendre contre les entreprises des voleurs de grands chemins." Mais ce qui l'exaspère le plus, c'est \<\ proposition de laisser les Français au n(n'(l d(^ la Nouvelle-Angleterre comme fr(Mn à l'ambition des puritains.
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'' Voilà uru* ,j<>'i<^^ (wpression, dit-il, inassacrei* honinics, ibmmes et ont'ants, vous appelez cela (^.xercer mi (-on trôle sur k^s planteurs ( Si le (Vuiada doit eti'e remis à la France d'après ee prinei})e, c'est dire aux Fi-ançais, en termes non é()uivo([ues, ([ue l'odieuse barbarie^ qu'ils n'ont cessé de connnt^ttre avec l'aide des Indit^ns, nous est agréable et ([u'ils n'auront plus à ]*edouter le déplaisii* d'un gouvernement dont les vues s'accordent si bien avec les leurs."
Nous ne citons PVanklin (jue pour appuyer noti*e prétention, ([ue rien n'a tant contribué à pousseï' les Anglo-Améi'icains à la conquête du Canada (pie ces expéditions manjuées par tant de cruauté. Leur '' (hdenda CartIuKjo',' leur cri de guerre, devient de plus en plus violent, à mesure que les incursions se font plus nombreuses. La politique de Frontenac; qui avait inauguré ce mode de guerre pour innnobiliser nos voisins chez eux, au moyen de la terreur, n'atteignit (pi'une partie de son but : elle Jeta, il est vrai, l'épouvante dans la Nouvelles Angleterre, mais lui ins])ira aussi l'idée d'en faire disparaître la cause.
En fin de compte, il ne revenait à la Nouvelle-Angleterre qu'un seul avantage de toutes ses conquêtes : la paix sur la frontière. La part du lion était échue à la métropole (pii constituait le Canada sous un régime nouveau, différent de celui des colonies voisines et relevant directement de la couronne, régime qu'elles condamnaient parce (|ue le parlement de Westminster tolérait au Canada l'exercice de la religion catholique.
Nous allons voir maintenant la réalisation de la prédiction de Burke : les colonies anglaises, débarrassées de leurs voisins dangereux, vont se quereller avec
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l'Angleterre dont ils se délivreront avee l'aide de la France. Les deux métropoles, privées Tune et l'antre de leurs colonies, se trouveront à avoir mis en action au profit des seuls Américains le faille de Y HtiUre et des PJavleifra.