‹ Les États-Unis, origine, institutions, developpementChapitre 55 sur 79 · JOHN QUINCEY ADAMS · texte numérisé non relu

JOHN QUINCEY ADAMS

C'étaitle prix de la trahison, disaient-ils,leprixdes services rendus par Clay à Adams. L'accusation de corruption dirigée contre le président et son ministre ne put jamais être établie.

Si l'époque de Monroe avait vu le règne de la paix, celle d'Adams fut marquée par l'acrimonie de discussions acerbes. C'est à cette date que remonte l'origine des partis qui existent aujourd'hui aux Etats-Unis. Adams se réclamait des fédéralistes, (|ui ne comptaient plus comme organisation politique et dont l'héritage était passé aux nationaux républicains, aux whigs, comme on les appelait parfois. A la faction adverse commandait le général Jackson, le chef des démocrates, (jui prétendait s'inspirer des idées de Jefferson. L'attachement à l'union, le respect aux droits des Etats, la soumission aveugle aux volontés populaires, tel était le programme des démocrates, qui puisaient leur force surtout dans le 8ud et prenaient l'esclavage sous leur protection. Pendant de longues années, ce parti fournira des présidents à la républi(|ue.

Il y eut, sons l'administration Adams, un remaniement sérieux du tarif dans le sens des idées protectionnistes. Les premiers droits à l'importation sur les marchandises étrangères dataient de l'année 1816, et — cliose qui paraît singulière de prime abord, au regard de l'opposition acharnée que le Sud fit, en 1824, à cette politique— c'était Calhoun, (jui avait alors réclamé un relèvement du tarif comme mesure de représailles contre l'Angleterre, qui gênait l'importation chez elle du coton américain. A cette époque, Calhoun soutenait, ainsi que tous les Etats à esclaves, (pie le régime de la protection favoriserait l'établissement de nom-

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blouses iiiailufactures auxquelles le Sud fouruirait la uiatière première. Sa ])ré(lictiou se réalisa ; mais, par malheur, ou uégligea de fouder la filature à côté du champ de cotou, et la Nouvelle-Augleterre, qui avait d'abord vu le uouveau tarif avec uu mauvais œil, saisit bieutôt tout le parti qu'elle en pourrait tirer. Des manufactures s'élevèrent partout au Nord et, en 1824, ses représentants, mis en appétit })ar leur succès, réclamèrent un relèvement de droits qui frappaient une foule d'articles nécessaires à l'agriculture et aux plantations du Sud. L'opposition a cette augmentation d'impôts se fit violente et ses adversaires la dénoncèrent comme une mesure arbitraire et tyrannique.

La lutte entre les deux grandes sections du pays, sur le terrain économique, commencée à cette époque, se continuera jusqu'à nos jours. On verra, sous l'administration de Jackson, le Sud agriculteur, exaspéré, prêt à résister, wanu ^militari, à ce qu'il appelait les exactions de l'industrie de la Nouvel le- Angleterre.

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