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LES ÉTATS-UNIS ET LA GRAU DE-BRETAGNE

stratégique, et, plus au Nord, les deux puissances ont une frontière commune qui a plusieurs milliers de kilomètres de longueur. Dans le passé, il y a entre elles des relations étroites, mais rarement amicales. Leurs intérêts étaient sans cesse en conflit, leurs passions constamment excitées ; elles n^ont eu qu^une guerre depuis rétablissement de l'indépendance américaine, mais elles ont été plusieurs fois sur le point d'en venir aux mains, et elles ne sont jamais restées dix ans sans avoir ensemble quelque longue controverse, pour ne pas dire quelque vive querelle. Et pourtant malgré tout ce passé, un ton d'extrême cordialité règne aujourd'hui entre les deux gouvernements, qui exprime fidèlement les sentiments réciproques des deux peuples. On a de la peine à croire que cette grande amitié, qui succède si brusquement à une antipathie traditionnelle, puisse longtemps durer. Avant de discuter l'avenir possible des relations anglo-américaines, il faut examiner les raisons qui ont brouillé les deux pays dans le passé, et celles qui les ont rapprochés de nouveau dans ces dernières

A la fin de la guerre de l'indépendance, les causes d'aigreur entre l'Angleterre et ses anciennes colonies étaient multiples. Ces longues années de lutte avaient laissé beaucoup d'amertume des deux côtés. Les Américains, qui avaient subi le fléau de la guerre à leur propre foyer, étaient particulièrement irrités d'avoir vu employer contre eux des Indiens et des mercenaires allemands. La métropole, humiliée de sa défaite, ne pouvait guère avoir de bienveillance pour ses enfants

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qui «iriâeot tailL nUiance avec l'^oneoii faérédkwe.

«spéc^r .<9ue les Aoiéricaias» étaol lei3 v^isqueiHrSy condCAtirctimit YÂte à p^fdoaaex U à oublier, et Von savait qu^W 4aigleteri!e uae partie de la oatioo avtut loujoufs condanuié les actes qui avaient provoqué le soulèvemenl d^ oalonJAS.

Paf inalheur, la mise eu vigueur du traité de paix donua Jiieu à des disputes prodoiigéês. Le faîUegouvernejuie^t de la ConfédératioB américaine ae parviat pas à tenir la proQiesse peu sincère quUl avait faite, d^indemniser les loyalistes américains dont les bieus avaient été coqfisqués. Les Anglais en revanche ne se pressèreD,t pas d^évacuejr certains postes militaires dans les territoires de l'Ouest, que le traité avait reconnus aux État^-UlAis. Il y eu^ de vives protestations, et des r^qtpes non moins vives. Après ces premières querelles il en viQjt d'autres, relatives à des questions commerciales ; puis les complications c^ausées par les droits neutres <fes vajlsseaux américains pendant le conflit de la Grande- Bretagne et de Napoléon. Ces complications amenèrent la guerre de iSia qui fit germer de nouvelles haines.

Après cette guerre, les conflits qui édatèrentles premiers et qui ae terminèrent le plus tard sont les différends de frontières entre les États-Unis et le Canada. Le traité de paix avait fixé la rivière Sainte-Croix comme limite extrême dans TEst. Par malheur on découvrit ensuijte qu'on ne s'entendait pas aur ce qu'était cette rivière. Le débat tratna pendant des années.

Tout ce qu'on fit pour arriver à une solution, à la

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paix de Gand (i8id), échoua; le partage &it par le roi deB PayB-Bfts, en 1837, fat rejeté par les deux parties, et ce ne futxpi'en iSia, parle traité A.«yburtbn, que rftffaire (ut enfin réglée. La «ection centrale de k IrontièPBy qui va des Grimds Lacs aux Montagfies Rocheuses, fut fixée sans trop d'embarras en 16 18; mais, coBame les deux pays refusaient de se feire des concessions réciproques pour les régions situées au delà des Rocheuses, il fallut se contenter pour le nsioment d'une double occopation. On renouvela ce compromis en 1837 ; mais en retardant Taccord on gardail pour ainsi dire la plaie ourerte : le mal empira, si bien que les États-Unis rejetèrent enfin Tarrangement. Il s'ensuivit quelques menaces de guerre, jusqu'à ce qu'e» i846 l'aJBEarire se conclût d'une façon simple et rationnelle, par le prelongemeat de la seconde section de frontière jusqu'à ia mer, ce qu'on aurak pu tout aussi bien faire dès le début. Gela n'empêcha pas cependant une autre disputé d'éclater à propos de l'ile San Juan da Fuca : une autre dispute arbitrale de l'empereur d' AUemagrie l'accorda en 1873 aux États-Unis. Puis les Américains découvrirent que la possession de TAlaska leur apportait une autre question de frontière à r^ler. Ds n'y parvinrent qu'en içoS, c'est-à-dire cent vingt ans après les premières négociations qu'ils avaient entreprises pour fixer les bornes entre leurs territoires et ceux de la Grsoide-Bretagne.

Viennent ensuite les quer^es relatives aux pêcheries. La plus ancienne se rapporte à la situation des pêcheurs américains dans les eaux de la Nouvelle-

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Ecosse et de Terre-Neuve : avant la guerre de Tindépendanoe, ils y avaient possédé, comme sujets anglais, des droits que dans la suite ils ne voulurent pas abandonner ; des concessions leur furent faites dans le traité de paix, mais plus tard on ne put jamais s'entendre sur leur portée. Ces sortes de questions sont les plus compliquées de toutes, à cause des difficultés qu^il y a à régler la pèche et à fixer les limites de la juridiction maritime. Un différend de ce genre, et plus âpre encore, exista pendant longtemps entre TAngleterre et la France, jusqu'au traité de 1904. Celui de r Angleterre et de TAmérique dure encore; maison va rapporter Taffaire au tribunal de La Haye, et Ton peut en espérer bientôt une solution satisfaisante. Dans la question du détroit de Behring, sur les pêcheries de phoques, la cause que défendaient les États-Unis était bonne du point de vue moral, mais faible du point de vue légal, et ils la perdirent devant le tribunal dWbitrage de Paris, en iSgS ; depuis ces pêcheries ont été décimées. Parmi les autres ennuis dus au voisinage des territoires, il faut compter les raids absurdes et du reste avortés des Fenians, entre i86g et 1870 dont le Canada eut raison de se plaindre.

Les intérêts de TAngleterre dans TAmérique centrale, et son désir de dominer le futur canal de Tisthme, provoquèrent une autre suite de disputes, où les Américains firent surtout appel à la doctrine de Monroe. Le traité Clayton-Bulwer, en i85o, avait amené un calme temporaire; mais ils ne tardèrent pas à regretter ce traité, et s'irritèrent de la contrainte qu'il leur impo-

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