I.KS r.AlSK-? DE U GlEUÎtE CIVILE
conserver le pouvoir ou pour rendre stérile la victoire de ses adversaires.
A ce moment, le lien qui unit la question constitutionnelle à la question de l’esclavage devint de plus en plus visible. Après avoir arraché au Nord.au nom de l’Union, les plus nombreux, les plus honteux sacrifices, 1e compromis du Missouri, les compromis de 1850, la loi des esclaves fugitifs, le bill de Nebraska, les hommes d’État du Sud se préparèrent A sortir de l’Union le jour môme où la balance politique cesserait de pencher en leur faveur. Les républicains n’avaient pourtant rien ajouté à leur programme : ils annonçaient seulement l’intention de limiter dans les territoires le domaine de l’esclavage. Cela suffit au Sud : les arsenaux furent dégarnis dans tous les États libres, les navires de la marine fédérale disséminés dans tout l’univers, et sans l’honnêteté de M. Holt, un des secrétaires d’État de M. Buchanan, et du général Scott, il est douteux que la première inauguration de M. Lincoln eût pu avoir lieu à Washington. La rébellion fut préparée à loisir : ce ne fut point la révolte unanime d’un peuple contre un gouvernement tyrannique, ce fut la tentative préméditée d’une aristocratie de maîtres d’esclaves déterminée à sortir de la république plutôt que d’en perdre la direction, le coup d’État d’une minorité contre la majorité, contre les lois, contre la constitution. Les ordonnances de sécession furent votées dans des formes et avec une rapidité qui indiquaient assez que les meneurs étaient
résolus à étouffer les protestations des citoyens paisibles et honnêtes ; elles furent promulguées par des conventions, et ne furent point soumises à la ratification directe du peuple des États. Le premier sentiment du Nord fut la surprise ; il ne voulait point croire à la rupture de TUnion; il n’avait jamais pris au sérieux les menaces de séparation de ceux qu’on nommait les mangeurs de feu.
L’administration nouvelle essaya de ramener les rebelles, on balbutia encore une fois le mot de compromis; mais le jour où le fort Sumter tomba sous le canon des rebelles, toute transaction devint impossible, et la guerre fut désormais le premier devoir du gouvernement.