‹ Les ÉtatsUnis pendant la guerre 18611865Chapitre 6 sur 24 · L.UGU · texte numérisé non relu

L.UGU

TROIS AÎSS DE GUERRE

Rien n’cmpôchait pourtant d’aller, comme plus tard le fit Grant, se porter sur le James river, désormais librement parcouru par les canonnières fédérales. La mauvaise étoile de Mac Clellan le retint sur les marais de la Chickahominy ; Mac Dowell restait avec son corps à Fredericksburg, et Mac Clellan espérait encore qu’il viendrait donner la main ii son aile droite. Rien n’était plus facile que de se mettre en communication avec lui : malheureusement, le général confédéré Jackson s’était jeté dans la vallée de la Shenandoah; il avait battu en détailles troupes éparpillées qui la gardaient sous Frémont, Banks, Sigel; on eut peur à Washington, et l’on rappela Mac Dowell. L’armée du Potomac n’avait plus à compter sur aucun renfort. Elle usa son temps, ses forces et son courage sur les rives de la Chickahominy : bataille le 31 niai à Fair-Oaks, sanglante, confuse, inutile; bataille le lendemain, où Johnston, le commandant confédéré, est blessé. Bataille le 23 juin sur la route de Richmond, où déjà l’on trouve devant soi les troupes de Jackson, revenu de son heureuse expédition dans la Shenandoah.

On ne peut plus ni avancer ni reculer. Jackson menace déjà le chemin de fer qui approvisionne l’armée. Mac Clellan se décide enün à porter par un mouvement de flanc son armée décimée sur le James river. La retraite commence le 27 juin par la grande bataille de Gaincs-Hill, lutte acharnée qui s’achève dans les brumes du soir, dans un dés-

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ordre affreux ; 35 000 fédéraux avaient contenu tout un jour 60 000 confédérés. Les ponts de la Chickahominy sont détruits, les lents convois, les troupeaux, se mettent en marche; on se bat tout en marchant, en arrière, en avant, de tous les côtés; par une horrible chaleur on traverse ainsi d’interminables marécages. On arrive enfin aux collines de Walvern, qui dominent le James; l’armée conservait son parc de siège, retrouvait ses transports et était à l’abri. On le vit bien quand, le 11 juillet, les confédérés essayent d’enlever les positions de Malvem; une formidable artillerie les repousse et la retraite des sept jours se termine par une victoire. Mais l’armée du Potomac n’était plus en état de faire un mouvement agressif; elle s’enferme dans des retranchements, ennuyée, irritée, sous une chaleur torride, regrettant tant d’espérances perdues, si près et si loin à la fois de Richmond.

Lee, qui désormais commande l’armée confédérée, renvoie Jackson faire une diversion dans le nord de la Virginie. Celui-ci rencontre l’armée du général Pope sur le champ de bataille même de Bull Run : plus de panique cette fois, mais une terrible effusion de sang qui dure deux jours. Mac Clellan, rappelé du James river, revient lentement et à regret à Alexandria. Profitant de l’éparpillement de ses adversaires, de leurs défiances qui se trahissent par l'incohérence des mouvements, Lee se décide à envahir le .Maryland; Jackson investit Harper’s Ferry,

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tandis que le gros de l’armée confédérée se jette hardiment au delà du Potomac. Au milieu d’une confusion générale, Mac Clellan prend le commandement en chef et ajoute à son armée tout ce qu’il peut ramasser de troupes. Le 14 septembre, Hooker attaque à South Mountain l’avant-garde confédérée et la met en déroute. Le lendemain, on apprend que le commandant de Harper’s Ferry, après une misérable défense, s’est rendu avec une garnison de 11 000 hommes; cette honteuse capitulation permet à Jackson de venir rejoindre Lee; Mac Clellîin a donc devant lui toute l'armée confédérée. Il livre pourtant bataille le 17 septembre, sur les bords do l’Antietam, un petit tributaire du Potomac.

Toute la journée, la gauche et la droite des deux armées se cherchèrent, se heurtèrent ; les centres restèrent presque inactifs; le soir, les deux armées couchèrent sur le champ de bataille parmi 20 000 tués ou blessés; le lendemain Lee se mit en retraite et ordonna l’évacuation de Harper’s Ferry; Mac Clellan le laissa partir sans le molester, craignant sans doute de trop demander à la fortune qui lui avait enfin accordé une grande victoire.

Une longue pause suivit : l’opinion s’impatiente de nouveau; Mac (Jlellan use le temps en reconnaissances, fatigue le gouvernement de plaintes, de demandes, de réclamations. Le commandement lui est enlevé et donné à Burnside; l’astre « du petit Napoléon » tombe du zénith pour ne plus se relever.

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Burnside marche sur le Hapahannock; le 11 décembre il bombarde Fredericksburg, et, le 12, à la faveur d’un brouillard, il passe le fleuve. Le lendemain, il avance contre les hauteufs boisées occupées par Lee, Longstreet et Jackson. Nulle stratégie : on se rue inutilement contre des obstacles insurmontables; six fois la brigade irlandaise monte à l’assaut des retranchements de Lee; l’artillerie ennemie moissonne les fédéraux comme du blé mûr. Hooker ne réussit pas mieux. La grande boucherie ne s’arrête qu’ü la nuit, et l’armée découragée repasse le fleuve, sans avoir pu entamer les positions confédérées.

Burnside prend noblement sur lui toute la responsabilité de ce désastre et cède le commandement à Hooker, le favori de l’armée, celui qu’elle nomme fiyhting le Batailleur). Mais l’abîme appelle

l’abîme, et Hooker ne devait pas être plus heureux que son prédécesseur. Bien triste fut latin de cette année 1862, plus triste que celle de 1861 ; alors on s’amusait compter les régiments de l’année grossissante du Potomac; qu’étaient devenues et cette armée, et la gloire naissante de Mac Glellan, et l’espérance de foudroyer la rébellion ? Comment formerait-on autour d’elle le cercle de fer? Où prendrait-on prise sur cette fatale Virginie, l’ême et le bouclier de la confédération? Rien ne pouvait consoler le Nord des revers de la péninsule et de Fredericksburg, ni la victoire défensive d’Antietam, ni le brillant combat du Monitor, ni même la hardie capture de la Nou-

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velle-Orléans, où depuis avril flottait de nouveau le drapeau fédéral, ni la victoire de Rozencranz à Corinthe, dans l’Étatde Mississipi, ni la défaite de Bragg, qui, battu à Perryville, avait dû fuir après avoir un moment parcouru triomphalement le Tennessee, le Kentucky méridional, et osé menacer le nord du Kentucky et Cincinnati môme. Le dernier jour de l’année, le 31 décembre, Bragg attaqua de nouveau Rosencranz à Murfreesborough, dans le Tennessee, enfonça ses lignes et lui prit 28 canons. Le 1®^ janvier 1863, Rosencranz, resserrant son armée, avait repris lentement l’avantage : le lendemain, il passait de la défensive à l’ofl’ensive et forçait son adversaire à la retraite.

Avec 1863 s’ouvre la troisième année de la guerre; l’armée du Potomac attend jusqu’en avril pour se remettre en marche. Tout l’hiver Lee s’était tenu sur les hauteurs de Fredericksburg ; Hooker remonte avec la plus grande partie de l’armée le Rapahannock, passe le fleuve au-dessus de Frédéricksburg, et, paraissant subitement sur la gauche de Lee, menace ses communications avec Richmond. Aussitôt que Lee, effrayé, abandonnerait Fredericksburg, Sedgwick, laissé en arrière, devait s’y jeter; enfin, la cavalerie de Stoneman se lançait au cœur môme de la Yirginie pour couper les ponts sur la route de Richmond. Qu’est-ce qui manquait à ce plan? Rien en apparence : Hooker tenait déjà la victoire. Lee pourtant, au lieu de se laisser tourner, fait un

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changement de front, et, le 2 mai, donne ordre à Jackson de tourner lui-même la droite des fédéraux près de Chancellorville. Le corps de Jackson se montre inopinément sur ce point, jette le désordre dans quelques régiments : on a grand’peine à rétablir les affaires de ce côté. Le lendemain, Jackson recommence son attaque : pendant que Hookcr ne pense qu’à sa droite menacée, Lee se jette sur Sedgw’ick, qui était venu occuper les hauteurs de Frédéricksburg, et le rejette dans le fleuve. Hooker pouvait continuer la lutte, bien qu’il eût fait de grandes pertes d’hommes ; les confédérés avaient moins souffert, mais ils avaient perdu Jackson, frappé par méprise d’une balle confédérée. L’armée du Potomac reçut avec un morne mécontentement l’ordre de repasser le llapahannock. Enflés par le succès, les rebelles ne veulent plus s’arrêter qu’à Washington. 11 faut en finir, dicter les conditions à la Maison blanche. Dans la Shenandoah, ils surprennent les fédéraux à Winchester. Lee est déjà dans le Maryland, sa cavalerie parcourt joyeusement les paisibles vallées de la Pensylvanie. Dans la confusion qui suit cette audacieuse aggression, Hooker disparaît ; l’armée du Potomac, revenue en hâte pour défendre Washington, reçoit un nouveau commandant, Meade, soldat modeste, à peine connu de la nation. Mais l’armée le connaît, elle l’a toujours vu ferme, calme, patient, faisant sans bruit ce qu’il a à faire. Cet homme , ignoré la

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veille, va livrer la plus grande bataille de la guerre : dans sa main sera pour un jour le sort de l’Union. Je le vis plus tard, descendu du premier rang au second, sous sa tente, devant Petersburg; mais je ne pus lui parler que de Gettysburg. Gettysburg est resté dans mon esprit le grand tournant de la guerre ; la cause de l’Union, qui avait résisté à tant de chocs, pouvait, là, se briser. Meade logea son armée sur les hauteurs de cette bourgade et y fut attaqué par toute l’armée confédérée le 2 juillet. Lee tâta successivement la gauche, le centre, la droite des lignes fédérales, placées non en ligne droite, mais comme les deux branches d’un V, la pointe du V formant le centre. Du milieu de son triangle, Meade renforçait rapidement les points assaillis avec le plus de fureur. La première journée fut sans résultat, la droite fédérale seule avait un peu faibli : le lendemain, Meade y rétablit scs positions; un grand calme succède, interrompu bientôt par le tonnerre d’unè formidable artillerie. Lee fait gronder tous ses canons, et envoie Longstreet à l’assaut du centre. Les colonnes rebelles couronnent un moment les hauteurs, puis fléchissent et sont obligées de se replier. Trois fois elles reviennent à la charge, trois fois elles sont repoussées. Pickett fait en vain un dernier effort. Il recule aussi. La lutte désespérée ne finit qu’avec le soir ; l’armée fédérale reste fièrement dans toutes ses positions; Lee, qui a perdu la fleur de son armée, donne le signal de la retraite et retourne lentement

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au Potomac, redoutable encore et bien capable de repousser quelques molles tentatives faites pourTempécber de repasser le fleuve.

Que se passait-il cependant dans l’ouest pendant 1863, l’année critique de la guerre? Là s’obtenaient les grands triomphes, les victoires fructueuses, qui rendaient à l’Union non quelques villes ou la ligne d’un fleuve, mais des États entiers, des territoires immenses. Farragut lui avait bien rendu l’embouchure du Mississipi, mais au commencement de 1863, les fortifications de Wicksburg et de Port-Hudson interrompaient la navigation sur le fleuve. Entre ces deu.v points, le Mississipi reçoit les eaux de la rivière Rouge, et par ce fleuve arrivaient aux confédérés les troupeaux, le sel, toutes les marchandises qui, parterre, étaient transportées de Matamoras. La rivière Rouge était une sorte de cordon ombilical par où la confédération rebelle pouvait se nourrir. Jefferson Davis attachait une telle importance à cette voie de communication et à la possession du bas Mississipi qu’il déclarait que si Wicksburg tombait, la confédération tomberait avec elle. Sherman, à la fin de 1862, avait déjà commencé sans succès des opérations contre ce point stratégique qui commandait un des caps les plus élevés que contourne le Mississipi. Grant s’était convaincu que du côté nord Wicksburg ne pouvait être enlevé d’assaut, et résolut de tenter l’attaque par le sud ; mais comment transporter son armée de ce côté? Les batteries de Wicksburg eussent anéanti

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tous les transports. On se mit à creuser un canal sur la rive droite pour passer à l’abri des batteries. Une inondation creva les berges du canal inachevé : on explora en tous sens les méandres et les paresseux affluents du Mississipi, pour chercher si à l’aide de quelques travaux d’art on ne pourrait frayer une voie continue à des bateaux légers pour passer des uns dans les autres et arriver ainsi au sud de Vicksburg. Rien ne réussit : les ingénieurs cédèrent la place aux marins. Porter, qui commandait la flottille fédérale en amont de Wicksburg, perdit deux vaisseaux en essayant de passer devant les forts. Mais, de l’autre côté, Farragutfut plus heureux; bravant le feu des batteries, il franchit heureusement le redoutable passage, prit Natchez, mit en fuite la flottille confédérée et fit sa jonction avec Porter. Un corps de cavalerie, commandé par Grierson, parti des frontières du Tennessee, traverse l’État deMississipi, coupe toutes les communications entre Wicksburg et l’est, et ne rejoint les fédéraux que près de la Nouvelle- Orléans, préludant ainsi aux brillantes incursions que devait plus tard faire Sherman dans la Géorgie et les Carolines, Grant, avec l’aide de la flotte, transporte l’armée au sud de Wicksburg, s’empare des forts de Grand-Gulf, la clef de cette place. Il essaye inutilement d’y pénétrer de force, mais cette fois du moins il peut l’investir entièrement : Pemberton se défend jusqu’au U juillet et est réduit à capituler avec 30 000 hommes. Peu après, Port-

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Hudson se rend à rannée de Banks. Les confédérés n’ont plus une seule position militaire sur le fleuve et les bateaux peuvent remonter de la Nouvelle- Orléans à Saint-Louis, sans craindre autre chose que les balles de quelques guérillas. Il y a, je crois, dans l’histoire des sièges peu d’entreprises comparables au siège de Wicksburg. Pendant près d’un an l’armée de Grant fut retenue dans les bayous du Mississipi, décimée par les fièvres, exposée vers la fin à des chaleurs torrides. Grant fit voir ce que peut la ténacité américaine ; chaque jour déçu, chaque jour modifiant ses plans, cherchant toujours des moyens nouveaux, usant de la ruse, puis de la force, puis encore de la ruse, ne reculant que pour revenir, déterminé enfin à tout faire plier, les hommes, la nature, le hasard même devant son indomptable volonté.

Après la chute de Wicksburg, les fédéraux avancèrent dans le Tennessee et Bragg dut faire retraite sur les frontières de la Géorgie ; Rosencranz s’empare de Chaltanoga et poursuit son ennemi. Bragg, renforcé par Longstreet et par Hood, fait un retour subit et livre bataille à Rosencranz sur les bords du Chickamanga. Le 19 septembre la division fédérale commandée par Thomas résiste à tous les assauts. Le lendemain les confédérés , ne pouvant percer la ligne de Thomas placé à la gauche, se jettent sur la droite, la débordent, et enfin réussissent à mettre le centre en déroute. L’armée de Rosencranz se met en retraite et recule jusqu’à Chattanoga. Thomas pour*

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tant reste longtemps à sa place et ne se retire ensuite qu’avec lenteur, en défiant encore l’ennemi. Bragg s’établit sur la montagne Lookout et sur la chaîne du Missionnaire, en face de Chatlanoga où les fédérau.\ sont retranchés. Grant vient prendre le commandement. Hooker est envoyé à son aide avec un des corps qui ont remporté la victoire de Gyttesburg, et Sherman arrive de Wicksburg juste à temps pour prendre part à la bataille du 25 novembre. La veille encore assiégés, les fédéraux deviennent assiégeants; une division gravit les hauteurs de la montagne Look-Out, Hooker se bat au-dessus des nuages, chasse les confédérés de leurs retranchements élevés et les jette dans la vallée de l’autre côté de la montagne. Sherman, après des combats sanglants, occupe la chaîne du Missionnaire. Hragg est obligé de fuir avec foute son armée. Pendant qu’il se faisait battre, Longstreet, détaché de son armée, faisait une pointe dans le Tennessee occidental et tentait en vain de prendre Rnoxvillc.

Ainsi finit l’année 1863 : la fortune qui, àson début, souriait partout aux rebelles, était partout tournée contre eux. Le Mississipi était ouvert d ’un boutà l’autre, l’orgueil de Charleston avait été humilié : si la flotte fédérale n’avait pu pénétrer dans sa rade, on avait du moins pris le fort Wagner et les lourds canons de Gillmorcavaient à demi détruit lefortSumter. Meadc avait repoussé l’invasion de Lee, et l’armée du Potomac avait montré, dans une grande bataille rangée, ce dont elle était capable. Dans l Uuesf, les fédéraux

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avaient pris possession des montagnes qui séparent le Tennessee de la Géorgie et rais définitivement le Kentucky à l’abri des incursions des confédérés.

Dans les premiers mois de 1866, les affaires des confédérés parurent se rétablir; nombre de petits échecs interrompirent la brillante série des victoires fédérales; échec de Sherman qui essaye dans le Mississipi et l’Alabama ces grandes marches où plus tard il devait exceller, mais qui ne reçoit point les renforts de cavalerie sur lesquels il comptait; échec en Floride, où un général malheureux fait une incursion inutile; échec dans la Caroline du Nord où les rebelles reprennent Plymouth; échec dans le Tennessee où Forrest prend d’assaut le fort Pillow et passe la garnison noire tout entière au fil de l’épée; échec plus important sur la rivière Uouge, où Banks se fait battre par Kirby Smith, et manque perdre toute sa flotte de transports, sauvée seulement par un officier du génie, Dailey, qui élève les eaux du fleuve ù sec à l’aide d'une digue et fait descendre tous les vaisseaux par une coupure, sur des rapides improvisés et périlleux. M ais tous les yeux se tournent vers Grant, qui réorganise l’armée du Potomac. En mai il part et va droit au Rapidan, pendant que Butler remonte le James river du côté de Richmond. Lee et Grant commencent la lutte le 6 mai dans une vallée nommée the Wildernesü^ la Vallée sauvage; nom bien choisi pour ces scènes sanglantes. Deux armées immenses se cherchent tout un jour dans les bois, se déciment sans

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SC voir; dans ces fourrés épais, la bataille n’cst qu’une fusillade, une canonnade continuelle, une gigantesque escarmouche. On se bat de la même façon le 7, le 8, le 9, le 10, le H ; Grant ne recule pas d’une semelle et avance lentement sur sa gauche, ne pouvant percer la ligne toujours mobile et toujours solide de son advci’saire. Il avance ainsi en obliquant jusqu’au Chickahominy. Là il fait un circuit, franchit tranquillement ce fleuve, arrive au James et va rejoindre l’armée de Butler établie en face de Petersburg et de Richmond au confluent du James river et de l’Appomatox.

Pendant ce temps, Sherman commence sa campagne de Géorgie, la plus étonnante de la guerre. Ce que d’autres demandent à la masse des bataillons, à la force de l’artillerie, il ne le demande qu’à la vitesse de leurs mouvements ; le génie de la stratégie se développe spontanément et pleinement chez ce soldat ardent, qui se trouve capable de remuer une armée aussi facilement que d’autres un bataillon. 11 force d’abord Johnston qu’on lui a opposé à se retirer de Tunnel-Hill à Dalton, de là à Rcsaca ; Rome est le premier prix de scs efforts ; il ne s’y arrête qu’un moment, tourne son adversaire, le fait reculer à Mariet ta, le force d’abandonner les montagnes de Kencsaw, et enfin de passer le Chatahotchee. Il arrive enfin devant Atlanta, l’objectif de sa première campagne et la clef de la Géorgie.

Telle était la situation militaire aux États-Unis.

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quand je m’embarquai en Angleterre pour aller les visiter ; il me reste il montrer quelles avaient été les conséquences politiques de ces grands événements, quelles transformations l’opinion et les partis avaient subies pendant un drame si long déjà et si émouvant.

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