IV^ ACTE
FEUILLES MORTES
Sur les marges du chemin,
un grand vent les froissant, bruissent
en tourbillons les feuilles mortes.
L'automne règne, l'automne rouillé
et dénudé.
Le Rêveur s'aper çoit que ce qu'il prenait dans la buée pour des feuilles,
sont ^■
d-es cheveux roux de femmes ;
FEUILLES MORTES
et il voit leurs silhouettes en corsets de satin, aux robes en fils de la Vierge qui restent accrochées aux arbres, tant la rafale les arrache brusquement ;
les tutus en feuilles de vigne sèches, à jour, n'ont plus que les nervures et laissent transparaître, sous leur dentelle,
les sexes roux comme l'automne, noirs comme la nuit.
Les amies, les souvenirs de jadis, les baisers d'antan, les caresses d'autrefois, les spasmes de sa jeunesse font autour de lui une ronde folle, qui l'emporte en tournoyant; des rameaux lui cinglent la figure; la bise, excitant, fait des houhou; à mesure, toutes, deux par deux ou en groupes,
les danseuses —