NEIGE. — GRÊLE. — GRÉSIL. — GIVRE
Faites provision de courage et de fourrures, mesdamés, car nous allons parcourir les régions glacées. Neige, grésil, givre , n'est-il pas vrai que ces trois mots donnent froid ? Tels sont pourtant les sentiers qu'il nous faut parcourir pour arriver à la glace proprement dite, par laquelle nous terminerons l'explication des météores aqueux.
Nous voici en décembre; le soleil entre au signe du Capricorne,- les nuits sont longues, les jours tristes. La nature
semble morte. D'où viennent ces innombrables flocons qui, chassés par le vent du nord, s'abattent sur la terre et la couvrent comme d'un linceul? Il y a peu de temps, quelques heures seulement peut-être, ces flocons n'étaient que des vapeurs imperceptibles ; arrivées à la région des nuages, un froid subit les a saisies. Si ce froid s'était produit graduellement , le nuage se serait condensé et il serait tombé en pluie; mais il a été atteint subitement par une température au-dessous de zéro; il s'est congelé sans gradation et il tombe par flocons. La neige forme de petites étoiles régulières à trois ou six rayons; mais cette forme, cette régularité singulières ne peuvent être observées que lorsque la neige tombe par un froid très-intense; elle ne tombe pas alors par flocons, mais par parcelles plus dures.
La neige fertilise la terre ; elle la mouille plus profondément que la pluie, attendu que son évaporation est moindre. Dans les immenses plaines voisines de la mer Glaciale, sur les pics des plus hautes montagnes, la neige est éternelle.
Par une singularité qui n'a pu jusqu'ici être expliquée d'une manière satisfaisante, la grêle, plus solide que la neige, et qui semble être le produit d'un froid beaucoup plus intense, ne tombe presque jamais l'hiver, tandis qu'il en tombe quelquefois d'énormes quantités pendant l'été, dans les jours d'orage. On croit que l'électricité joue le principal rôle dans la formation de la grêle; toujours est-il
qu'elle tombe en forme de glaçons très-durs et plus ou moins volumineux. On a vu souvent, au plus fort d'un orage, tomber des grêlons gros comme des œufs de poule. Alors la grêle écrase et détruit les récoltes, brise les vitres et les toitures des habitations, tue les hommes et les animaux qu'elle surprend en plaine. La neige, dans nos contrées, n'est que bienfaisante; la grêle, au contraire, ne nous apporte que le désespoir et la mort. On a cherché à se garantir de ce fléau au moyen de paragrêles, construits d'après les principes du paratonnerre (voyez Météores ignés); mais jusqu'à présent on n'a obtenu que des résultats insignifiants.
Le grésil n'est autre chose qu'une petite grêle peu consistante qui ne tombe que pendant des orages faibles et de courte durée.
Quant au givre, il est formé par la rosée lorsque cette dernière, arrivée sur le sol, est saisie par un froid au- Jessous de zéro ; c'est ce qu'on appelle une gelée blanche.