LES TROMBES
II y a deux sortes de trombes, celles de terre et celles de mer. On a cru longtemps que ces terribles météores n'avaient d'autre cause que les vents , mais il est aujourd'hui démontré qu'ils sont dus à l'électricité.
Les trombes de terre , plus désastreuses que les trombes marines, se manifestent sous la forme d'immenses colonnes d'air tourbillonnant avec une vitesse prodigieuse , enlevant tout ce qu'elles peuvent saisir à la surface du sol , et l'emportant à d'immenses hauteurs pour le précipiter ensuite sur la terre. Ces trombes brisent les arbres, enlèvent des habitations tout entières , dessèchent les étangs et même des lacs, et portent partout où elles passent la désolation et la mort. C'est surtout dans l'Amérique du Sud et aux Antilles que ces météores sont fréquents et se font plus violemment sentir. En Europe, où leur violence est moindre, on les confond souvent avec les tourbillons , dont nous avons parlé plus haut. C'est ce qui est arrivé à propos de l'affreuse catastrophe de Montville, près de Rouen , dont nous avons parlé plus haut : était-ce un tourbillon ou une trombe ? Les avis furent partagés: la cour royale de Rouen a décidé que c'était une trombe ; mais plusieurs savants physiciens sont convaincus que c'était un tourbillon : or , mettre le doigt entre des savants et des juges étant plus dangereux encore que de le
mettre entre l'arbre et l'écorce, vous nous permettrez, mesdames, de nous abstenir; dans le doute, c'est le seul refuge qui reste au sage.
Les trombes marines se composent d'une sorte de pluie dont les gouttes , excessivement grosses et fort agitées , forment un cône tronqué, ascendant ou descendant, qui s'élève de la mer aux nues ; elles produisent un bruit semblable à celui du tonnerre , s'élèvent souvent à une hauteur de plus de vingt-cinq mètres, et lorsqu'un navire se trouve attiré par l'immense aspiration de cette colonne , sa perte est presque inévitable.