LES AÉROLITHES
Les aérolithes , qu'on appelle aussi météorolithes et bolides, sont des pierres qui tombent du ciel, traversent l'atmosphère et viennent frapper le sol , où elles s'arrêtent. Que de choses prodigieuses on a racontées à propos de ces météo-
res! On leur attribua longtemps une origine divine : c'était, disait-on , un avertissement que Dieu donnait aux hommes afin qu'ils eussent à s'amender s'ils ne voulaient être broyés par une pluie de pierres. On portait les aérolithes comme des talismans ayant la propriété de garantir de la foudre.
Les magiciens et les astrologues tiraient de ces pierres un grand parti en leur attribuant toutes sortes de propriétés merveilleuses. Mais plus tard les savants s'en emparèrent, et , après avoir reconnu que ces météores étaient composés presque exclusivement de fer et de nickel, ils en cherchèrent l'origine. Cela était difficile à trouver. Les uns prétendirent qu'ils se formaient dans l'atmosphère, ce qui s'accordait mal avec les éléments dont ils sont formés; d'autres affirmèrent qu'ils étaient lancés par les volcans de la lune. Cette opinion prévalut pendant longtemps ; mais aujourd'hui on croit que ces pierres sont des fragments de petites planètes qui flottent dans l'espace, où elles se rencontrent et se brisent, et que leur exiguïté nous empêche de voir.
Cela n'est pas démontré d'une manière bien satisfaisante ; cependant il paraît maintenant hors de doute que les météores qu'on appelle étoiles filantes ne sont autre chose que des aérolithes qui, à cause de la rapidité de leur chute, s'enflamment en traversant l'atmosphère.
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On a vu souvent de ces pierres d'une telle dimension et
d'une si forte incandescence, que, deux jours après leur chute, elles n'étaient pas encore entièrement refroidies.
Là se borne ce que Ton sait de ces météores ; tout le reste est incertain, ou du domaine de l'invention, sur lequel nous ne sommes pas assez mal avisés pour empiéter en présence du charmant conteur auquel nous devons l'histoire d'une Étoile qui file.
PLUIES DE FEU, DE SANG, DE SOUFRE, etc.
Les prétendues pluies de feu ne sont autre chose que la chute d'un certain nombre d'aérolithes qui, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus, s'enflamment en traversant l'atmosphère; on pourrait donc appeler avec autant de raison ce phénomène pluie de pierres.
Quant à la prétendue pluie de sang si longuement commentée par les amis du merveilleux , elle n'est composée que d'eau , laquelle se colore en rouge en traversant d'innombrables essaims de certains papillons qui , au sortir de leurs chrysalides, répandent dans l'atmosphère une liqueur d'un rouge très-vif.
Il en est de même des prétendues pluies de soufre, qui ne contiennent pas de soufre et ne sont autre chose que la dispersion du pollen des arbres.
Enfin , les prétendues pluies de paille , de sable ont des causes semblables : ce sont des trombes qui enlèvent ces matières de la surface du sol et les transportent à de grandes distances.
Ici , mesdames , se termine notre excursion atmosphérique ; peut-être le voyage ne vous aura-t-il pas causé de bien vives impressions; mais nous serons néanmoins heureux de l'avoir entrepris s'il ne vous a pas fait désirer le repos.