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LES MARÉES

On appelle marée le mouvement périodique des eaux de la mer qui, deux fois chaque jour, se soulèvent, sortent de leur immense bassin , et vont en mugissant battre le rivage et s'étendre sur les grèves , et qui , deux fois dans le même espace de temps , rentrent dans leur lit , laissant à sec les terres qu'elles avaient envahies. Le mouvement de la mer, quand elle monte, se nomme flux; celui qu'elle fait en baissant s'appelle reflux. Chacun de ces mouvements se reproduit toutes les douze heures.

Les marées sont un des résultats de la loi de gravitation universelle qui fait que tous les corps s'attirent et pèsent les uns sur les autres. Le soleil et la lune attirent la terre et sont attirés par elle; cette attraction est plus ou moins forte, selon la distance à laquelle ces deux astres se trouvent placés de notre globe. Cette force, en croissant, cause le flux; quand elle diminue, le reflux commence. C'est à l'époque où le soleil et la lune sont en opposition que les marées sont le plus fortes. Dans les détroits, les golfes, les isthmes, les marées sont moins fortes , parce que la masse des eaux est arrêtée ou leur cours est ralenti par une foule d'obstacles; dans

les mers intérieures, comme la Méditerranée, les marées sont à peine sensibles, parce que l'étendue de ces mers n'est pas assez considérable pour que l'attraction donne un grand mouvement à leurs eaux. Aussi les anciens Grecs ignoraientils jusqu'à l'existence de ce phénomène, ce qui explique le désastre de l'expédition chargée par Alexandre-le-Grand de descendre le Sindh jusqu'à son embouchure dans le Grand- Océan oriental. Arrivé à ce point, l'amiral fit, selon l'usage de ces temps , tirer ses vaisseaux sur le rivage et y établit son camp. Le ciel était serein, l'air calme; la plus grande sécurité régnait dans le personnel de l'expédition. Qu'on juge donc de la surprise et de l'effroi de ces infortunés, lorsque la mer, arrivant tout à coup avec un fracas épouvantable, entraîne les navires qui s'entre-choquent et se brisent, et submerge hommes , chevaux , tentes ! Quel spectacle horrible que celui d'une armée entière se débattant au milieu de flots dont la violence augmente à chaque instant! Aussi l'histoire a-t-elle perpétué le souvenir de cette grande catastrophe, qui atteste l'ignorance de ces temps.

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