DOUBLES
l.OD
telle, et on doit la retenir comme un fait fondé en nature, en se bornant toujours aux étoiles en général , sans prétendre que la chose soit vraie pour aucune en particulier. Il en résulte donc qu'en donnant aux étoiles de première grandeur la parallaxe de 0',4, nous avons pour durée du trajet de la lumière 32 ans ; pour les étoiles de neuvième grandeur, la lumière nous arriverait en 1024 ans ; quant à celles de seizième grandeur, les dernières visibles dans le télescope d'Herschel, elles mettraient 24192 ans à envoyer leur lumière jusqu'à nous.
Toutes les étoiles pourraient donc s'anéantir, que nous continuerions à les voir encore presque toutes pendant plusieurs générations.
SEGcm. n, — 10
Gomme nous ignorons les distances stellaires réelles, il s'ensuit que le volume de ces astres nous est tout à fait inconnu ; nous ne pourrions d'ailleurs le connaître, même pour les étoiles qui ont des parallaxes, parce qu'elles n'ont pas de diamètre mesurable. En général, dans les bons instruments, les étoiles présentent, il est vrai, un disque apparent qui a trompé les anciens observateurs; mais ce disque est une simple illusion produite par la diffraction. Il suffit en effet de mettre devant l'objectif un diaphragme plus petit, pour voir leur disque grossir. Notre soleil, placé à l'unité de distance stellaire parallactique, sous-tendrait à peine un diamètre de 0",0093; il n'arriverait pas au centième de seconde; il ne serait pas mesurable. L'intensité de sa lumière serait celle d'une étoile de sixième grandeur. Il est donc impossible de connaître les dimensions matérielles des étoiles, comme il est impossible de connaître leurs distances en valeur absolue.
A propos de ces distances, on s'est demandé si les étoiles les plus voisines ne pourraient pas troubler l'action du soleil sur les planètes et sur les comètes les plus éloignées. La réponse est facile. Une étoile ayant une parallaxe d'une seconde entière est 200,000 fois plus éloignée de nous que le soleil, et 67,000 fois plus loin du soleil que Neptune. L'action d'un tel astre doit donc être insensible. La comète qui a l'orbite elliptique la mieux connue est celle de Halley, qui fait sa révolution en 75 ans. Elle s'éloigne du soleil d'environ 36 unités. Or, pour arriver au point médian entre le soleil et l'étoile la plus voisine, une comète devrait avoir une période de 100 millions d'années !
Bien que tous ces résultats soient incompréhensibles pour nous, néanmoins ces recherches nous font voir l'immensité de l'espace céleste; elles nous montrent que non-seulement
la terre, mais même tout le système solaire ne sont qu'u.i point par rapport à l'espace stellaire, et que les étoiles sonl placées à de si énormes distances que leurs actions réciproques doivent être très -faibles et même complètement insensibles; aussi doit-il en être de même de leurs mouvements propres apparents.