‹ Les étoiles; essai d'astronomie sidérale (volume 2)Chapitre 12 sur 152 · PL IV · texte numérisé non relu

PL IV

LuneUe méridienne.

Nous donnons plus loin un catalogue qui contient les positions en ascensions droites et déclinaisons des principales étoiles, d'après les tables astronomiques du Naidical Aimanac de Londres; elles sont prises pour le commencement de l'année 1879 et pourront servir aux observateurs pendant un grand nombre d'années consécutives (voir à la fin du chapitre IV, page 37).

Si les positions des étoiles sont sensiblement invariables les unes par rapport aux autres, il n'en est pas de même de leurs positions par rapport aux cercles de la sphère; elles subissent des variations dont la valeur est donnée dans le tableau (page 37 et suiv.) à côté des coordonnées.

Les causes de ces changements sont multiples; mais la principale consiste en ce que le pôle du monde, et par suite l'intersection de l'écliptique avec l'équateur, se déplace dans le ciel par ce mouvement que les astronomes appellent précession des équinoxes. Les lois de ce mouvement étant complètement connues par l'observation et déterminées par la théorie, on peut toujours calculer les déplacements que les étoiles doivent subir de ce chef '.

1. Le pôle céleste, en substance, n'est autre chose que le point où viendrait se terminer l'axe de rotation du globe terrestre prolongé jusqu'au ciel; l'équateur céleste est l'intersection avec la sphère céleste d'un plan perpendiculaire à cet axe et passant par le centre de la terre. Notr.î globe a, dans l'espace, un mouvement de translation et de rotation; mais, comme dans la toupie, pendant que le corps tourne, sou axe décrit un cône. Ce cône est décrit par l'axe de la terre de façon que, reporté dans le ciel, il décrive le cercle polaire dans le temps très-long de vingt-six mille ans. Aussi rencoutre-t-il successivement différentes étoiles. Actuellement, il correspond à la petite Ourse; anciennement, il correspondait au Dragon ; un jour, il correspoudra à la Lyre. A ce mouvement d^ l'axe répond un mouvement de l'intersection de l'écliptique et de l'équateur, ou du point équinoxial, qui parcourt successivement les différentes constellations zodiacales, l'inclinaison de l'équateur surl'échptique restant constante. Il y a aussi d'autres petits mouvements; mais, pour les connaître, il faut recourir aux traités d'astronomie où ils sont décrits et expliqués. Il s'ensuit que les constellations changent de place par rapport aux équinoxes : ou a donc besoin de distinauer

Cette manière de fixer les positions des étoiles est par sa grande facilité la seule qui puisse être usitée dans la pratique ; aussi est-elle très-ancienne, et les Chinois en firent usage au moins 1,400 ans avant l'ère vulgaire. Dans leurs anciens mémoires astronomiques, on trouve aussi que, outre la division de la zone zodiacale en douze parties, ils avaient divisé le ciel tout entier en 28 régions qui s'étendaient beaucoup au nord et au sud de l'écliptique, qu'ils appellaient Sieu, et qui sont définies par d'autres étoiles. Ces divisions tirent leur origine du principe de la méthode d'observation du ciel au moyen des passages au méridien, comme nous le faisons nous-mêmes; et, comme les Chinois ne pouvaient se fier à leurs horloges qui étaient des clepsydres ou horloges à eau, ils avaient ainsi déterminé dans le ciel plusieurs étoiles qui leur servaient à rectifier souvent le calcul du temps, exactement comme on le fait aujourd'hui. A l'origine, les intervalles entre ces étoiles cléterminatrices des sections du

les signes de l'écliptique des constellations. On appelle signes les douzièmes de l'écliptique, soit des espaces de 30". Les signes commencent toujours au point équluoxial; celui-ci changeant déplace au milieu des constellations, tous les signes se déplacent aussi. Voici les symboles ou caractères des signes pour les constellations correspondant : 1° au temps d'IIipparque; 2" à notre époque.

GNES.

Constellations au temps

De nos jours

d'UU'PARQUC.

Bélier.

Poissons.

Taureau.

Bélier.

Gémeaux.

Taureau.

Écrevisse.

Gémeaux.

SI

Lion.

Écrevisse.

Vierge.

Lion.

JU

Balance.

Vierge.

in

Scorpion,

Balance.

Sagittaire.

Scorpion.

Capricorne.

Sagittaire.

^iX

Verseau.

Capricorne.;

Poissons.

Verseau.

ciel étaient presque égaux. Mais maintenant ils sont trèsinégaux, et, suivant les recherches du savant Biot, la plus grande partie de leurs inégalités proviendrait seulement de la précession des équinoxes, laquelle, changeant la position des pôles de la sphère au milieu des étoiles, a altéré les différences des anciennes ascensions droites et les déclinaisons des étoiles principales, jusqu'à faire disparaître leur distance et même jusqu'à renverser l'ordre de leur passage.

Ce fut précisément après ces études que le célèbre astronome'arriva aux conclusions suivantes : l'astronomie chinoise a commencé à une époque très-ancienne où l'équinoxe correspondait à peu près aux Pléiades, soit 1460 ans environ avant l'ère vulgaire, ce qui ne serait pas très-éloigné de l'époque de la construction de la pyramide de Chéops en Egypte. Les Chinois, ignorant la trigonométrie et ne sachant pas calculer les changements de place des étoiles correspondant à ces mouvements de la sphère, étaient obligés de refaire de temps en temps leurs catalogues d'ascensions droites et de déclinaison.

Hipparque ayant découvert la loi du phénomène, transporta, pour éviter le calcul des corrections, les positions des étoiles de l'équateur à l'écliptique, relativement auquel la précession n'altère que fort peu les latitudes célestes, et ne change les longitudes que d'une quantité égale au mouvement du point équinoxial '. Ce système prévalut jusqu'aux temps modernes, où on est absolument revenu à l'équateur, parce que les mêmes difficultés de calcul n'existent plus pour nous.

Les Indiens profitèrent des 28 divisions du Sieu chinois du

1. Les astronomes donnent le nom de longitude et de latitude célestes aux coordonnées spliériques prises par rapporta réclip tique, de la même manière qu'on l'a dit pour l'équateur.

ciel, pour faire leurs nakshcdras ou stations, les apjDliquant au cours de la lune ; mais les inégalités des espaces rendirent cette division inutile , et ils les ont abandonnées il y a longtemps, retenant seulement la division du ciel en 28 parties qui furent plus tard réduites à 27, montrant ainsi que leur astronomie était originaire de la Chine ; ils la transformèrent pour l'adapter aux usages astrologiques.

Les astronomes ayant souvent à déterminer la position des astres en dehors du méridien, l'instrument décrit ci-dessus no pourrait leur suffire. Ils font alors usage de celui qui est représenté planche V et qu'on appelle équatorial. Nous donnons ce dessin d'après l'instrument qui existe à l'observatoire du Collège romain, et dont la construction est de l'usage le plus répandu.

Il consiste en une grande lunette de 25 centimètres d'ouverture objective et 4'",50 de distance focale, portée par un joi7it de construction très-solide, lequel est monté sur un piédestal de granit soutenu par un vaste pilier massif de maçonnerie.

Le joint qui porte la lunette et avec lequel on fait tous les mouvements, est formé de deux axes rectangulaires en acier, d'un fort diamètre.

Le premier, comme on le voit dans la figure, est incliné sur l'horizon d'un angle égal à la latitude du lieu, et est placé dans le plan du méridien, parallèlement à l'axe du monde. A sa partie inférieure, il porte un cercle divisé en degrés et en minutes, qui représente l'équateur céleste ; au sommet est fixé, à angle droit, un fort tube qui reçoit un second axe perpendiculaire au premier par construction. Ce second axe, qu'on appelle axe de déclinaison, porte à une de ses extrémités le canal dans lequel repose le tuyau de la lunette, et à l'autre un cercle gradué et les contre-poids nécessaires pour

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