‹ Les étoiles; essai d'astronomie sidérale (volume 2)Chapitre 13 sur 152 · PI. V · texte numérisé non relu

PI. V

LuiieUe liqu.ilonale.

que la machine reste en équilibre dans toutes les positions. Sur ce dernier cercle, on lit les déclinaisons des astres; sur le cercle placé au pied de l'autre axe, on lit les angles horaires; de quelque façon que la lunette soit dirigée sur un point du ciel, on obtient du premier coup la déclinaison et l'angle horaire de l'astre, d'où, connaissant le temps sidéral, on déduit tout de suite son ascension droite. Vice versa, en disposant les cercles suivant la déclinaison et l'angle horaire de l'étoile, elle se trouvera au centre du champ optique, si l'appareil est bien placé.

Pendant l'observation, la lunette peut suivre l'étoile par un simple mouvement angulaire autour de l'axe horaire; et, pour plus de commodité, ce déplacement est donné à l'appareil par une horloge qui met en mouvement une vis sans fm engrenant dans le cercle horaire. Quand l'horloge marche, l'étoile reste fixe dans le champ de la lunette, parce que, par l'action de la machine, cette lunette la suit dans son mouvement apparent. Grâce à cette immobilité apparente, il est très-facile de prendre, avec des appareils micrométriques, les mesures relatives de la position des étoiles voisines qui entrent en même temps dans le champ de la lunette. Pour celles qui n'y entrent pas, on détermine les différences d'ascension droite, en laissant fixe la lunette, et en notant la différence des passages, comme au méridien; pour la déclinaison, on se sert de micromètres ou bien des lectures sur le cercle.

La grande lunette en porte une autre petite appelée chercheur, qui sert à trouver approximativement la position des astres, pour les mettre ensuite dans le champ optique de la lunette. Sans tous ces accessoires, il serait impossible de faire des mesures d'étoiles très-voisines, parce que le mouvement diurne de la sphère est tellement amplifié dans ces

machines colossales, qu'elles traversent rapidement le champ

en un petit nombre de secondes.

Ces grands appareils sont tous placés sous des dômes arrondis, percés de grandes fenêtres qui peuvent s'ouvrir librement sur une partie quelconque du ciel. Tous les grands télescopes, soit à lentilles, c'est-à-dire à réfraction, soit à miroir, c'est-à-dire à réflexion, sont maintenant montés d'une manière analogue, et l'art est vraiment arrivé à des proportions colossales, telles qu'on les croirait à peine possibles même pour des machines industrielles. Jusqu'ici, les plus grands télescopes à réfraction étaient ceux de Poulkova, près de Saint- Pétersbourg, et de Harvard Collège, près de Boston, qui ont 16 pouces (0™,406) de diamètre et 6 mètres de longueur focale. Mais aujourd'hui ils sont de beaucoup surpassés en dimensions par celui de Washington, qui a 26 pouces (0™,660) et iO'ii de longueur. On dit que ceux de Vienne et de Paris, maintenant en construction, seront encore plus grands.

Avec les miroirs, les dimensions des appareils sont encore plus gigantesques. Le réflecteur du télescope de l'Observatoire de Paris a l'",10 de diamètre; celui de Lassell a 4 pieds (i"i,30); celui de lord Ross, 6 pieds (1™,9J); celui de l'Observatoire de iNIelbourne, en Australie, est presque aussi grand. Les montures de ces machines géantes font encore équatoriales, mais de formes diverses. Ceux qui voudraient plus de renseignements peuvent lire l'ouvrage de M. Chambers, dans lequel sont réunies beaucoup de notes et de curiosités sur ce sujet K

Heureusement, la science est si vaste, qu'il reste ample matière à recherches, même pour les instruments plus modestes, comme le nôtre, et même pour de beaucoup plus petits.

1. Chambers, Descriptive Astronomy , Oxford, 1867, et d'autres auteurs, sui'tout anslais.

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