‹ Les étoiles; essai d'astronomie sidérale (volume 2)Chapitre 98 sur 152 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les étoiles doubles dont on a jusqu'ici calculé la période sont très-peu nombreuses, et encore, sur ce nombre, y en a-t-il beaucoup de douteuses. Le temps seul pourra nous enrichir de systèmes nouveaux, en développant la connaissance des orbites, à peine abordée aujourd'hui.

Pourtant M. Struve, voulant devancer l'avenir, a cherché, en dehors des mouvements propres, quelle était la probabilité du nombre d'étoiles optiquement doubles par rapport au nombre de celles physiquement doubles, suivant les calculs déjà cités de Mitchell. Il trouve que, en représentant par 693 le nombre des étoiles doubles visibles des trois premiers ordres (ce qui revient à dire celles dont la distance ne dépasse pas 4"), 48 sont optiquement doubles, et toutes les autres physiquement doubles. Cette proportion croit d'une manière continue en faveur des étoiles physiquement doubles, parce que le nombre de celles-ci augmente chaque jour grâce aux découvertes nouvelles. Dans ces trois premiers ordres, suivant nos seules mesures, on trouve des mouvements certains pour 149 étoiles, même sans avoir recours à la preuve indi-

fecte du mouvement propre. En ce qui regarde les mouvements propres communs, on a ce résultat remarquable : « La probabilité pour que deux étoiles ayant des mouvements propres communs ne soient pas physiquement liées est moindre que la probabilité de ne pas voir le soleil se lever demain, étant donnée l'expérience historique que nous avons de ce dernier fait ! » On admet donc comme postulat que deux étoiles ayant un mouvement commun sont physiquement unies.

Pour évaluer la valeur de cette preuve, nous ferons le raisonnement suivant. C'est un fait déjà prouvé (voir plus haut, ohap. I. de cette partie) que les grandes étoiles ont des mouvements plus grands que les petites ; il ne serait donc pas diificile de trouver deux étoiles d'égale grandeur animées d'un mouvement égal ou peu différent (comme la 61« du Cygne); par suite, il est très-improbable qu'une petite ait un mouvement égal à celui d'une grande. Par conséquent, pour toutes les étoiles inégales, un mouvement égal commun est une probabilité de plus en faveur de leur connexion physique.

L'observation a confirmé cette remarque. En effet, de l'examen des mouvements propres des étoiles doubles dont les distances sont inférieures à 4', il résulte qu'on n'en a trouvé aucune optiquement double. Pour les ordres supérieurs, de 4' à 16' de distance, sur 66 étoiles on en a trouvé 60 physiquement, et seulement 6 optiquement doubles. Les étoiles doubles en apparence se rencontrent plus fréquemment parmi les étoiles de grandeurs très-inégales, et, naturellement, les petites en très-petit nombre par rapport aux grandes.

En second lieu, on trouve que les mouvements orbitaires sont plus fréquents parmi les étoiles les plus voisines, et leur nombre va décroissant avec la distance : de plus, les mouve-

ments propres des étoiles des premiers ordres sont encore plus grands. En partageant les étoiles en deux catégories, l'une des grands mouvements propres, c'est-à-dire de 45" à 10' en 25 ans, les autres des mouvements au-dessous de 10', on trouve le résultat suivant :

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