Î7« LES PLÉIADE5 - LES IIYADES — LE TAUREAU
minière : Alcyone est la poule. Cette appellation n'est pas moderne. II y a neuf siècles, les Arabes disaient déjà : Dadjêdja al-«amâ ma 6anatihi, <c la Poule céleste avec ses petits »; nouvel exemple des ressemblances plus ou moins vagues cherchées par les anciens entre les tableaux du ciel étoile et les choses de la vie terrestre. On nommait aussi ce groupe la Grappe de Raisin. — Nous reviendrons tout à rheure plus en détail sur cette petite république céleste.
Douces et lointaines Pléiades ! Combien de regards mortels ne se sont-ils pas rencontrés sur cette île de lumière suspendue dans les cieux ! Combien d'espérances ne leur ont-elles pas été confiées, depuis Tespoir du marin perdu sur les mers jusqu'aux vag-ues et inconscients désirs de la jeune fille qui cherche à lire sa destinée dans les étoiles! Elles semblent veiller là, au sein de la nuit solitaire, et dominer du haut de leur céleste demeure les vaines et puériles agitations de la terre. Mais, en réalité, elles sont si éloignées qu'elles ne nous entendent pas, et leur domaine est si vaste que notre humanité tout entière arrivant là ne serait qu'une fourmilière inaperçue !
Si les Pléiades signalent par leur groupe classique la constellation du Taureau, les Hyades et Aldébaran la caractérisent sous un aspect non moins remarquable. On peut môme admettre que c'est à la disposition particulière de ces étoiles que l'on doit le nom donné à cette constellation. Le triangle formé par les étoiles a, 6 et y d'une part, par 7, d et e d'autre part, donne l'idée d'une tête d'animal, et plutôt celle d'un taureau qui se précipita en avant que celle de tout autre être ; regardez dans le ciel : Aldébaran forme l'œil droit, vif, rouge et menaçant; e Tœil gauche, y la bouche; j'avoue qu'on ne trouve pas facilement les cornes, mais l'impression reste. (On les a mises dans p et C^ mais c'est bien loin.) — Voy. fig. 198.
On a donné le nom d'Hyades aux étoiles disséminées qui avoisinent Aldébaran. Ce nom vient, dit-on, du mot grec huein^ pleuvoir, parce que leur apparition coïncidait avec la saison des pluies. Le fait est que, dans l'antiquité, on leur associait toujours le qualificatif de pluvieuses. Elles forment un groupe très écarté, qui perd son aspect lorsqu'on le regarde dans une lunette, les étoiles qui le composent étant très éloignées les unes des autres. H est probable, néanmoins, que ces lointains soleils sont réellement associés en un môme système physiqne, comme ceux qui composent le groupe plus intéressant des Pléiades.
L'étoile la plus brillante du Taureau, Aldébaran, tire son nom de larabe al-dabarân^ qui signifie la Suivante, parce que cette étoile suit