LES PLÉIADES DANS L'HISTOIRE
calcul rétrospectif que nous pouvons faire^ aujourd'hui que nous connaissons les effets de la précession. Vers Tan 570 avant notre ère, Anaximandre fixa leur coucher matinal au vingt-neuvième jour après Téquinoxe d'automne. Il y a trente siècles, les navigateurs attendaient Tépoque de leur lever printanier pour se mettre en route, ce qui a conduit les étymologistes à conclure que leur nom dérive de pieîn, naviguer. C'est ce que pensaient Lalande, Arago, etc. Il est plus probable qu'il dérive simplement de pléias, pluralité.
Ce groupe célèbrp se compose surtout de six étoiles visibles à l'œil nu. Il paraît qu'autrefois on en voyait ordinairement sept, car il y en a sept de nommées parles anciens : Taygète, Mérope, Alcyone, Celaeno, Electre, Astérope et Maïa. Ce sont les filles d'Atlas. Aratus les nomme toutes dans son poème, et il en est de même d'Ovide dans le quatrième livre des Fastes. Virgile signale la première dans les Géorgiques (liv. IV, v. 232) : à Deux fois, dit-il, les ruches se remplissent de miel lorsque la pléiade Taygète, élevant son front virginal au-dessus de l'horizon, repousse d'un pied dédaigneux les flots de l'Océan, et lorsque, fuyant les regards du poisson pluvieux, elle se replonge tristement au sein de Tonde glacée. » Et Ovide, dans les Métamorphoses (liv. III, v. 594) : « J'appris à gouverner les navires avec la rame; j'observai Tastre pluvieux de la Chèvre, ainsi que Taygète, les Hyades et l'Ourse. » Les astronomes modernes ont conservé ces noms en y ajoutant ceux d'Atlas et de Pléione, le père et la mère de ces Atlantides ; on a nommé la plus brillante Alcyone. Aujourd'hui on n'en voit que six. Avec beaucoup d'attention, et si le ciel est très pur, on en distingue une septième, mais elle n'est pas dans le groupe et elle n'a pas de nom : elle gît à une assez grande distance au sud d'Atlas. Cette étoile se voit mieux actuellement (septembre 1880) que Cèlaeno, Pléione et Astérope, qui font partie du groupe. Ovide déclare qu'on en connaît sept, mais qu'on n'en voit que six, et que la septième s'est enfuie à l'époque de la guerre de Troie : serait-ce celle-là, dont Téloignement et la faiblesse auraient donné naissance à cette fable? Des vues plus puissantes encore en comptent dix, et les vues les plus perçantes parviennent à en découvrir quatorze. La première lunette de Galilée en a montré une quarantaine. A l'Observatoire de Paris, Jeaurat a construit au siècle dernier une carte comprenant cent trois étoiles, et M. Wolf en a construit une nouvelle en ces dernières années, qui n'en contient pas moins de 625. En réalité il y en a des milliers.
Nos paysans appellent cet amas la Poule et ses Poussins ou la Pous-