‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 138 sur 373 · LE PETIT CHIEN · texte numérisé non relu

LE PETIT CHIEN

luation un peu trop faible (jue Tycho ne Ta noté que do deuxième grandeur.

p a certainement augmenté d'une grandeur entière depuis Ptolé* mée, Sûfi et Ulugh-Beigh.

Aucune des autres étoiles de cette petite constellation n'a été signalée par les anciens. Tycho remarque le premier 7, 6 et 11 ; ce qui porte à croire que t était plus faible alors que de nos jours, car aujourd'hui il est difficile de voir 7 sans voir c L'étoile n* 6 était certainement plus faible du temps d'Hévélius, car dans sa description, très soignée d'ailleurs, il ne parle pas de cette étoile, aujourd'hui plus brillante que les autres dont il donne les positions. L'étoile n"" 11 est aussi* descendue d'une grandeur au moins entre Bayer et Hévélius. L'étoile P. VII, 289, a été estimée de quatrième grandeur par Flamsteed et Lalande, de cinquième par Piazzi, et de sixième par Argelander. L'étoUe P. VII, 249 était invisible à l'œil nu en 1840; mais en 1660, Hévélius Ta notée, à l'œil nu, de cinquième grandeur.

Ce sont là des fluctuations plus ou moins prononcées, mais certaines, et dont la considération ne laisse pas que de modifier profondément les idées admises jusqu'à présent, et unanimement enseignées, sur la fixité, la permanence, la stabilité presque immuable des étoiles disséminées dans les campagnes de l'infini.

(Par suite d'une erreur, qu'il n'est pas inutile de corriger, l'étoile P. VII, 289, qui se trouve incontestablement dans les limites de la constellation du Petit-Chien, et qui brille à Test de C, se nomme 13 du Navire dans les catalogues (Flamsteed, Piazzi, etc.). Or le Navire est relégué fort au sud, et entièrement séparé du Petit-Chien par la Licorne.)

Il y a là trois variables périodiques, R, S et T, qui oscillent, la première en 337 jours de 7,2 à 10, la deuxième en 324 jours, de 7,6 à 13, et la troisième en 340 jours, de 9 à 14. Mais on ne les voit jamais à l'œil nu, et leur étude est en dehors de notre programme actuel.

L'éclatant Procyon s'impose spécialement à notre attention par la grandeur de son mouvement propre et par une irrégularité curieuse découverte dans l'analyse de ce mouvement lui-même. La marche annuelle s'élève à — 0',047 en ascension droite et à — 1', 06 en déclinaison, ce qui donne pour résultante une ligne dirigée vers le 9udouest et mesurant 1^ 27, soit 127' par siècle ou 21' en mille ans. Il ne lui &ut pas plus de quinze cents ans pour se déplacer dans le ciel d^une quantité égale au diamètre apparent de la lune. Dans douze mille ans, si le mouvement se continue en ligne droite, cette belle

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étoile va traverser Téquateur et se lancer dans l'hémisphère austral. Ce mouvement est exactement parallèle et contraire au nôtre, de sorte que la perspective de notre propre translation entre pour une partie notable dans sa construction. Il est certain, toutefois, qu'il n'y a pas seulement là un effet de perspective, car sa valeur surpasse de beaucoup celle de notre propre déplacement. Peut-être ce soleil vogue-t-il précisément en sens contraire de nous. De même que, lorsque nous sommes emportés par un convoi rapide, un train en marche sur une ligne voisine nous paraîtra immobile, s'il court dans le même sens que nous et avec la même vitesse, tandis qu'un autre nous paraîtra se diriger vers notre but, parce qu'il est animé d'une plus grande vitesse, et qu'un troisième nous paraîtra reculer — ou se diriger en sens contraire, — parce qull va moins vite (ime gare nous paraîtra rétrograder plus vite encore parce qu'elle est tout à fait immobile); de même les étoiles du ciel nous offrent des marches variées suivant la combinaison de leurs mouvements avec le nôtre. Mais évidemment, en aucun cas, l'effet de perspective ne peut être supérieur à sa cause, et pour qu'une étoile nous paraisse rétrograder avec une rapidité plus grande que celle qui nous emporte nous-mêmes, il faut qu'elle soit animée personnellement d'une certaine vitesse et lancée en sens contraire de notre propre mouvement. C'est ce qui arrive pour Procyon.

Ce brillant soleil n'a offert comme parallaxe que la faible valeur de 0^,123, ce qui porte sa dislance à 1677000 fois le demi-diamètre de Torbite terrestre, à 1677000 fois 37 millions de lieues, ou à 62 trillions de lieues de notre fourmilière, distance que le rayon lumineux n'emploie pas moins de vingt-six années à franchir, malgré son inconcevable rapidité de 75000 lieues par seconde. Or si 0^,1 23 représente 37 millions de lieues vues de là, le mouvement annuel de r, 27, représente 381 millions de lieues par an, au minimum, puisque ce n'est là qu'une projection de la marche réelle, sur le plan de la sphère céleste. En réalité, cette marche n'est pas perpendiculaire à notre rayon visuel, mais oblique, car Procyon va en s'éloignant de nous, avec une vitesse évaluée à 43 kilomètres par seconde, 2580 par minute, 154800 par heure, 3715000 par jour, ce qui donne 1357 millions de lieues par an. Si donc nous voulons nous rendre compte du mouvement réel de Procyon, nous devons construire une figure en prenant 381 pour composante horizontale et 1357 pour composante verticale, et nous obtiendrons sa trajectoire relativement à notre position dans l'espace. C'est ce que nous avons fait, et ce que

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met en évidence la flg. 236. La résoltante est de 1409 millions de lieues — en supposant notre observatoire immobile. Mais en réalité nous entrons pour une partie notable dans ce mouvement, peut-être pour un tiers.

Mais ce n'est point encore là le fait le plus curieux de Tanalyse du mouvement de Procyon. Au lieu d'être uniforme et régulier, ce mouvement est quelquefois plus lent, quelquefois plus rapide, et au lieu de suivre une ligne droite, il oscille légèrement de part et d'autre de la trajectoire. D'après un travail de l'astronome Auwers, ces irrégularités s'expliqueraient en admettant que cette étoile est attirée par une autre située dans son voisinage et formant un même système avec elle, et que Procyon tourne, dans un plan perpendiculaire au rayon visuel, autour d'un centre de gravité situé à l',2, les deux astres opérant Tun autour de l'autre leur révolution en une période de 40 ans environ.

Des perturbations analogues ont été, comme nous le verrons plus loin, constatées sur Sirius, et la prédiction théorique a été brillamment confirmée par la découverte du satellite, faite en 1863, dix-huit ans après la prédiction de Bessel. Il n'en a pas encore été de même pour Procyon, quoique M. Otto Struve, directeur de l'Observatoire impérial de Russie, se soit imaginé avoir découvert ce satellite, et, ce qui est plus bizarre encore, ait cru l'observer pendant deux ans, justement du côté où la théorie l'annonçait, à 90* et 12'',5 en 1873, i 100* et 11^7 en 1874. On a fait beaucoup de bruit de cette découverte ; puis en la vérifiant à l'aide d'instruments plus puissants que celui de Poulkowa, on s'est aperçu que l'astre de M. Otto Struve

Fig. 236 — Ifouveipent de Procyon dans l'espaoe.

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n^exUte pas. CTest là nn remarquable exemple d^illusioiii bien rare chez les astronomes.

Les télescopes géants permettent d'apercevoir dans le voisinage de Procyon plusieurs petits points presque éclipsés par son éblouissante lumière. Dans les instruments de moyenne puissance, on dis^ tingue les trois plus éloignés, l'un, de S" grandeur i 346', l'autre

de 8*i à 371% et le troisième, de 7* grandeur, à 652^.

(Je donne ici mes mesures, faites en 1877.) Ces étoiles ne partagent pas le mouvement propre de Procyon, et gisent fort loin au delà de ce soleil dans l'infini. La dernière de ces étoiles est une double fort élégante et très serrée, à ^,4, formant un système orbital qui a tourné de 21^ depuis cent ans. Vers !• au sud-est de ce couple, il y a une belle étoile orangée, de septième grandeur et demie. Ajoutons encore que Tamiral Stnyth a mesuré en 1833 une étoile de 8* grandeur, à 85% c'est-à-dire à l'est, et à 145^, que personne n'a jamais revue depuis à cette distance, et que l'on a considérée comme variable, mais qui doit être tout simplement le compagnon que j'ai mesuré en 1877 à 81* et 346% Tamiral ne l'ayant mesuré qu'une seule fois et ayant pu se tromper dans la transcription de la distance.

On voit que malgré son exiguïté, la constellation du Petit-Chien n'en garde pas moins, dans Procyon et dans son voisinage, des curiosités sidérales dignes de Tattention du contemplateur du ciel. Elle complète admirablement celle des Gémeaux et couronne par son diadème les richesses de Castor et PoUux.

Fig. 237. — EtoUei Toldnet de Procyon (1— » 20«).

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