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Fig. 233. — VouTement obtené dans le syilèm» de Cû8tor.
OU 122* parcourus en 161 ans. A ce taux moyen, la révolution en« tière, de 360*, demanderait 474 ans pour s'accomplir. Mais le mou- Tement se ralentit, de sorte que la période est certainement plus longue. Le calcul fondé sur l'analyse de Torbite conduit au chiffre de mille tins.
Ainsi, nous avons là sous les yeux un système de deux brillants soleils circulant Tun autour de l'autre et n'employant pas moins de mille années pour parcourir leur révolution. Lentement, ce lointain cadran stellaire mesure les destinées des peuples inconnus qui habitent en ces régions célestes. L'étoile secondaire s'éloigne insensiblement du point de son orbite où nous la voyons en ce moment, et elle n'y reviendra que dans dix siècles ; mais déjà elle est passée là il y a dix siècles, au temps où Jean Scot Érigène infiltrait ses singulières doctrines druidiques et bouddhistes au sein môme de la théologie chrétienne, où les derniers monarques carlovingiens assistaient à l'écroulement de l'édifice de Charlemagne^ et où trois rois rivaux se faisaient sacrer par les ministres d'une même religion pour démembrer la France chacun à son profit. Si cette étoile double voit de làr haut l'état de notre petite planète^ elle doit remarquer qu'en chacune de ses années (qui en valent mille des nôtres) il y a ici-bas d'étranges transformations dans la matière et dans l'esprit. Que verra-t-elle dans mille années?... Sans doute les habitants de la Terre en communication avec leurs voisins du monde de Mars.
Remarquons, en passant, la supériorité de l'étude de l'astronomie sur celle de la géographie. Combien est-il de lecteurs des voyages anciens et modernes qui puissent espérer visiter, je ne dirai pas Ninive, Thèbes, Memphis ou Carthage, qui n'existent plus, mais TAfrique centrale comme Livingstone et Stanley, les régions polaires comme Hayes, Hall ou Nordenskiold, ou tout simplement New- York, Constantinople ou Pékin? Les curiosités du ciel sont, au contraire, constamment déployées pour tous les yeux, et chacun de nous peut, sans dérangement, visiter les merveilles étudiées par tous les astronomes qui nous ont précédés, contempler avec Herschel le système de Castor, voir ce qu'ont vu Galilée dans Jupiter, Cassini
dans Saturne, Màdler dans la Lune, Secchi dans la nébuleuse d'Orion ; en un mot, nous pouvons voir nous-mômes tout ce (jue les explorateurs du ciel ont vu avant nous, et mieux encore.
Ck)mme nous venons de l'apprécier, saluons dans Castor l'un des plus magnifiques systèmes d'étoiles doubles que nous connaissions. Déjà môme nous pourrions le qualifier de système triple, attendu que ce couple est accompagné d'une étoile de 9* grandeur 1/2, éloignée
à 73', qui reste fixe à la même position par rapport au couple qu'elle accompagne.«Telle l'astronome anglais South l'a mesurée en 1823, telle je l'ai retrouvée dernièrement. Or, si cette étoile ne faisait pas partie du système de Castor, le mouvement propre aurait déjà allongé la distance de plus de iOF depuis 1823. C'est donc là un système ternaire. Il est probable que cette troisième étoile tourne lentement autour des deux premières. Mais quelle ne doit pas être la durée d*une pareille révolution! Si déjà, sur une orbite dont le demigrand axe, ou la distance moyenne entre les deux soleils, parait mesurer T, la durée de la révolution est de dix siècles, quel développement ne doit pas prendre une orbite dix fois plus large? Les lois de Kepler nous ont appris que les carrés des temps sont entre eux comme les cubes des distances : si l'on assimilait l'étoile principale de Castor à notre soleil, et les deux autres à deux planètes lumineuses, on aurait comme première approximation la proportion élémentaire :
looœ^ r^
"T^'"10*' qui nous donne
r=tooo*xio'
= 1000 000000; d'où
Boit plus de trente mille ans I Mais rien ne prouve qu'il en soit ainsi,
Fïg. 234. i- Syttème tripla de CAitor.
car il peut se faire (jue le centre de gravité du système ne soit pas dans l'étoile principale de Castor, mais entre le couple et la petite étoile, ce qui change les conditions d'équilibre et de mouvement. Toutefois, ce n'est pas nous avancer que de considérer la grande année de ce système stellaire comme étant assurément beaucoup plus longue que toute l'histoire connue de notre humanité, depuis Adam et Eve ou leurs sosies.
Comme nous l'avons dit, ce système va en s'éloignant de nous avec une vitesse évaluée à 45 kilomètres par seconde, 3700 par minute, 162000 par heure, 3888000 par jour,ou 1420 millions de kilomètres, 355 millions de lieues par an, de sorte que ce double soleil doit être de mille milliards de lieues plus éloigné de nous qu'il ne l'était il y a trois mille ans, à l'époque où les Grecs l'adoraient en compagnie de « son frère voisin > PoUux, qui va, au contraire, en se rapprochant de nous avec une vitesse plus grande encore, et doit être actuellement de quinze cent mille milliards de lieues plus proche de notre planète qu'U ne l'était à la même époque. La différence entre la distance des deux étoiles peut s'élever ainsi à deux trillions cinq cents milliards de lieues pour cetintervalle entre Homère et Hugo. Ce simple fait est bien aussi poétique que VOdyssée et que la Légende des siècles. Ne voussemblet-il pas même qu'il esquisse à lui seul, dans sa grandeur, la vraie « légende des siècles » et la meilleure image de l'odyssée de l'univers?
Polltix est aussi une étoile multiple» mais elle ne l'est que par un effet d'optique, c'est-à-dire qu'il y a derrière elle, dans l'infini, quatre lointains soleils devant lesquels elle passe. Ces faibles étoiles ne sont du reste accessibles qu'aux instruments de grande puissance. La plus proche est de 14* grandeur et éloignée à 43^; la deuxième est de il* grandeur, à 175"; la troisième est de 12* grandeur, à 205^^, et la quatrième est de 10* grandeur, à 22^. La deuxième est double. Il n'y a là qu'un groupe de perspective, car ces étoUes restent fixes au fond du ciel, tandis que PoUux brillant glisse devant elles, emporté par son mouvement propre rapide.
Un puissant télescope est nécessaire pour observer ce groupe ; mais une petite lunette dirigée sur y ouvrira sous les yeux de l'observateur un joli champ d'étoiles.
Diriger aussi un instrument de moyenne puissance vers la variable iï : on y trouvera trois étoiles rouges assez curieuses par le ton de leur lumière.
d est une belle étoile double : 3* et 8% à 7^ en mouvement orbital très lent.
m ÉTOILES DOUBLES DANS LES GÉMEAUX
Nous avons va aussi plus haut (jue Z, variable périodique, se montre accompagnée de deux autres, de 8* et 13* grandeur. — Ne chercher à voir que celle de 8*, à 9(/.
X : 4* et 9*, à 6', orangée et azur ; la petite paraît varier de 8 à 10. Sir John Herschel pensait qu'elle pouvait briller d'une lumière réfléchie, être une planète dont cette étoile x serait le soleil.
L'étoile 38 a, de 5* grandeur, jaune d'or, est une double intéressante. Son satellite varie d'éclat de 8 à 10, et de couleur, du vert au bleu, au pourpre et au rouge. Écartement s 6'. L'étoile principale paraît varier aussi de 5 à 6|.
L'étoile 61 (petit triangle au sud de d) est une double écartée à 60^, dont les deux composantes sont de 6* et 9* grandeur, et dirigent le regard vers une joue paire composée de deux étoiles de 8* et 9* dont la distance est de 6^. L'étoile 61 varie de 6 à 7 ), et son compagnon tombe même jusqu'à la disparition complète.
Ajoutons encore Tétoile n"" 20, de sixième grandeur, à 1* 1/2 au nord-ouest de Y, et à peu près à égale distance entre y et v : 6* et 7*; écartement = 20'; système fixe depuis Fan 1755 que nous Tobservons. Cette étoile est à la limite de la visibilité pour Toeil nu, et elle doit varier d*éclat, car nous avons comme observationSi entre autres, pour ses deux composantes :
Struve,. .
8truve.. .
PiaEzi.. .
Lalandc. .
Smyth.. .
qui diffèrent singulièrement. On arrive parfois à la distinguer à Todil nu, et Heis Ta insérée dans son Catalogue ; ce serait tout à fait impossible si elle n'était que de 8* grandeur, ou môme de 7*. Conmie on a presque toujours noté une grandeur de différence entre les deux composantes» on est porté à invoquer la transparence atmosphérique pour expliquer ces variations ; mais elles sont si énormes que Texplication n*est vraiment pas suffisante. Autre particularité. En 1696, Flamsteed a observé à côté de cette étoile, qu'il a notée de 7* 1/2, une voisine, de 6* 1/2, qui porte le n* 21 dans son Catalogue. Or on ne retrouve plus cette étoile au ciel, ce qui porte à penser que l'astronome anglais a commis là quelque erreur d'observation ou de rédaction. Peut-être est-ce la composante la plus brillante qu'il a observée cette fois-là, car elle est à l'est de la moins brillante, mais beaucoup plus rapprochée qu'il ne le dit, môme en supposant, comme l'a fait Baily, une erreur d'une minute de temps dans l'ascension droite. On en a conclu rpie l'étoile 21 Gémeaux n'existe pas. Tout ami des astres peut à la première occarion diriger une petite lunette vers ce point du ciel : !• pour voir s'il ne la retrouverait pas, et 2* pour vérifier la grandeur des deux composantes de l'étoile double dont nous venons de parler.
CURIOSITÉS DE LA CONSTELLATION DES GEMEAUX m
Un splendide amas d'étoiles enrichit encore cette opulente constellation des Gémeaux. On le distingue à l'œil nu, lors(jue le ciel est bien pur et que le clair de lune ne vient pas interposer son voile de lumière sous les étoiles pâlissantes. Regardez entre c des Gémeaux et Z du TaureaU) ou, plus minutieusement, au nord -ouest de fx — m. Prenez une jumelle, et vous aurez déjà comme un prélude du spectacle réservé à la vision télescopique. Dirigez là une petite lunette , et vous remarquerez des étoiles de 9* et 10* grandeur alignées en forme de courbes curieuses. Armez votre vue d'un instru-
. • • j j Fig. 235. " L'amas des Gémeaux.
ment plus puissant, et vous
découvrirez des centaines d'étoiles de il* et 12' grandeur. « C'est un objet céleste merveilleusement frappant , s'écriait Lassell, l'un de ses observateurs assidus. Nul ne peut le voir pour la première fois sans exclamation. Un champ de 19' de diamètre se montre absolument rempli d'étoiles. Il faut voir soi-même, dans un bon télescope, ce splendide amas pour le juger à sa valeur et l'apprécier dans son exquise beauté, car les dessins n'en peuvent donner qu'une pâle idée. » Ajoutons cependant qu'on peut se rendre compte de l'aspect général de l'amas par la gravure ci-dessus, quoiqu'elle n ait assurément ni l'éclat, ni la scintillation, ni la grandeur du spectacle céleste. Cette nébuleuse résoluble est inscrite sous le n"" 35 du catalogue de Messier.
Il y a encore dans cette constellation xme autre nébuleuse bien jeûneuse, c'est celle qui porte le chifiû^e H. IV, 45 et qui se trouve par 7" 22- et 21* ICy de déclinaison, à 2* au sud-est de i. C'est une étoile de 9** grandeur, qui brille juste au centre d'une nébulosité circulaire, phénomène remarquable et d'une extrême rareté. Telle William lierschel l'a observée il y a un siècle, telle nous la retrouvons aujourd'hui. Le diamètre est de 30^. On voit auprès d'elle, à l'est, ou pour mieux dire au nord-est, une étoile de 8* grandeur, un peu plus bril- L'inte que celle de la nébuleuse. La marge australe de ce disque
ASTRONOMIE. — SUPPLÉVBNT. 41
Sn LE PETIT OHIEN
pâle est un peu plus claire que la marge boréale. Étudiée au speetroscope, cette nébuleuse s'est montrée absolument gazeuse ^ son spectre est traversé des trois principales raies brillantes, dues à la prédominance de l'azote et de Thydrogène.
Telles sont les curiosités principales de la constellation des Gémeaux. On voit qu'elles ne manquent ni d'intérôt ni de variété. Mais nous ne pouvons pas encore quitter cette région du ciel sans remarquer le Petit Chien installé depuis deux mille ans au sud des Gémeaux, et dont l'étoile Procyon, de première grandeur, se trouve très facilement, soit à Taide de Castor et Pollux (revoir la fig, 195, p. 276), soit à l'aide d'Orion, à l'orient duquel elle scintille. Cette petite constellation tire son nom de l'éclat de sa brillante étoile, Pro^Cyon, < précurseur du Chien» , parce que le lever matinal de Sirius, du Chien, était attendu, épié, avec une attention perplexe parles Égyptiens, et que Procyon étant plus boréal apparaissait avant lui dans l'aurore. Le nom a dû précéder ici le dessin de la constellation, et ensuite on a pu trouver dans la disposition de ses étoiles une esquisse suffisante pour y dessiner un petit chien, car les étoiles ^ 7 et c forment facilement une petite tète. Quoique peu étendu, cet astérisme fait partie des 48 anciennes constellations déjà établies au temps d'Eudoxe; d'Aratus et d'Hipparque. Aratus, Hipparque, Ptolémée ne l'appellent pas le Petit-Chien, mais le Procyon. Sûfi le nomme al-Kalb al- Asgar, le Petit-Chien. C'est le nom qui lui a été unanimement coniervé. — En voici les étoiles principales.
PRINCIPALES ÉTOILES DE LA CONSTELLATION DU PETIT CHIEN. DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION.
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ll[ l 0 0 0 5 5 0 6 6 5.6 6.5 5,5