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LES ÉTOILES DU SEXTANT

de ce siècle; Tétoile n® 12 est actuellement un peu plus faible qu'il y a vingt ans et a cessé d*âtre visible à l'œil nu; Tétoile n^ 19, de cinquième grandeur au temps d'Hévélius, n'a été notée que de septième par Piazzi ; mais comme les évaluations de cet astronome sont souvent un peu trop faibles (notamment ici), il est probable que cette étoile n*est pas descendue au-dessous de la sixième; l'étoile 27 était invisible à l'œil nu en 1840, et elle l'est encore aujourd'hui ; Tétoilo 31 a été inscrite de G* par Flamsteed, de 6* y par Piazzi en 1797 et de 8« par le môme astronome en 1809 : elle est actuellement de 7«; Tcloile 41, au contraire, de 7» grandeur dans Flamsteed, s'est élevée à la 6* au xviii» siècle et à la 5* en 1840 et en 1860 : elle est en ce moment retombée à la sixième; enûn i*avant« dernière étoile de notre petit tableau a été inscrite de i* { par Lalande en 1798, de 5* par Harding en 1822, de 7« en 1840 (elle est rougeâtre) ; et la dernière, vue à l'œil nu par Heis, est actuellement invisible. Voilà encore des témoi* gnages de changements d'éclat arrivés assez rapidement dans les étoiles.

C'est dans cette petite constellation, alors non dénommée, qu'en l'an de grftce 1643 le capucin Antonio de Aheita, qui venait de construire un télescope de ses propres mains, s'imagina découvrir un assemblage d'étoiles reproduisant exactement dans le ciel la figure de Jésus-Christ sur le voile de sainte Véronique : « Sudarium Veronicse sive faciem Domini maxi^ ma similitudine in astris expressum 9, comme on le voit sur la gravure de l'époque {fig. 258). J'ai souvent visité cette région du ciel au télescope, sans jamais rien apercevoir qui ressemblât le moins du monde à cette image.

L'étoile 35 du Sextant est une belle double : 6* et 8% à 7^, jaune otbleue.

Belle nébuleuse, à 2'' 1/2 à l'est de l'étoile n* 8, sur le prolongement d'une ligne menée de a de l'Hydre à cette étoile. Lumineuse dans la nuit noire. Elliptique; son grand axe mesure 150^, son petit axe 35'; noyau de l'éclat d'une étoile de dixième grandeur (H. I. 163).

Nébuleuse double (H. L 3 et 4) non moins curieuse, au nord de l'étoile n^" 15 (la plus brillante de la constellation), et vers le milieu de la distance entre cette étoile et « du Lion, un peu à gauche de la ligne joignant ces deux étoiles, — ou, mieux encore, sur une ligne menée de Régulus à t) du Lion. — On voit là deux nébuleuses conjuguées, à 30 secondes de temps Tune de l'autre, rondes; la précédente, ou l'occidentale, est plus claire. C'est là sans doute un embryon d'univers. Un double soleil commence sa mystérieuse genèse, et dans quelques centaines de milliers d'années, les astronomes de la Teri*e, s'ils existent encore, ou ceux de Jupiter et de Saturne, ou leurs confrères des autres systèmes, verront briller là une magnifique étoile double dont ils observeront avec attention la grandeur et le mouvement, pour l'instruction de nos successeurs sur la scène changeante de l'impérissable univers.

Fig. 258. — Le Voile de sainte Véronique. ( Constellation du xvii* siècle.)

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