L'ETOILE DOUBLE GAMMA DE LA VIERGE
leur périhélie : la distance, qui est de 6^3 à l'aphélie, se réduit à 0^,43, il est vrai ; mais comme cette étoile n'offre pas de parallaxe sensible, cette faible valeur peut représenter un rayon égal à celui de notre système planétaire tout entier. L'espace ne manque donc pas pour la gravitation d'un grand nombre de terres habitées. Et quelle merveilleuse situation que celle de ces séjours illuminés par deux soleils égaux dont la splendeur s'efface et reparaît avec les variations des distances !
Les deux étoiles se sont recouvertes en 1836 pour les observations faites dans les meilleurs instruments : on n'a plus vu qu*une seule étoile, à peine allongée. Ce fait nous permet de calculer quels disques apparents elles offrent à la vision télescopique. Nous devons au moins leur supposer un diamètre de T pour que l'image optique n'ait pas été trop allongée et ait, comme on Ta observé, ressemblé à un disque circulaire. En dessinant ces disques à l'échelle de 1"" pour 1*, on obtient les aspects représentés fig. 273, qui correspondent aux obser-
Fig. 273. — Aipecti Tarlablet de l'étoile double ^ûtlà, Vierge.
valions faîtes à l'époque du périhélie. Les deux composantes se sont écartées lentement l'une de l'autre depuis 1836, et leur distance est actuellement de 5'.
Ces deux soleils tournent sur eux-mêmes, comme tous les soleils de l'univers, sans doute, et cette rotation semble se manifester à nous par les variations alternatives d'éclat qu'ils nous présentent, car tantôt l'une des deux étoiles est plus brillante et tantôt l'autre, sur une demi-grandeur environ de fluctuation.
Quoique ce magnifique système éclipse tous ses voisins par sa beauté et par son intérêt, nous ne devons pas, cependant, passer sous silence les autres couples de la même constellation accessibles aux instruments de moyenne puissance. Inscrivons-les par ordre de difficulté :