‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 167 sur 373 · LA VIERGE. — LA BALANCE · texte numérisé non relu

LA VIERGE. — LA BALANCE

e : triple; 4* J, 9* et !()•; V et 65'. Les deux premières forment un système physique en mouvement propre commun. Mais elles restent fixes Tune par rapport à Tautre.

84 : 5%8 et 8%5, à 3^,5; jaune et bleue; belles couleurs. Système orbital en mouvement lent.

54 : 6%3 et 7*,5 ; 5^,7 ; fixes depuis un siècle qu'on les observe.

Tout près de 4», au sud-ouest, l'étoile P. XII, 196 : 6* J et 9*|, à 33'.

A 3* au sud de n, un peu à l'ouest, P. XII, 32 : 6* et 6* |; écartement = 21. Piazzi les a estimées seulement de 7* | chacune.

Enfin, tout près de C, au nord-ouest : P. XIII, 127; couple très délicat ; 8* et 9% à 2^,3. Facile à trouver, à 25 secondes précédant Ç et à 17' au nord. Cette étoile parait animée du même mouvement propre que ç.

A l'aide de notre petite carte (fig. 266), on pourra encore glaner, dans ce fameux champ de nébuleuses, Tétoile double 17 Vierge : 6* J et 9^, à 20^; rose et rouge; couple remarquable.

Telles sont les richesses et les curiosités sidérales que la Vierge céleste garde en réserve pour ses contemplateurs. La Balance est moins riche.

On enseigne classiquement que cette constellation n'a été introduite dans le Zodiaque, entre la Vierge et le Scorpion, qu'à une époque relativement récente, pendant la vie de l'empereur Auguste, et l'on cite à l'appui ces vers de Virgile dans les Géorgiques :

Anne novum tardis sidus te mensibus addas, Qua locus Erigonem inter Chelasque sequentes Panditur : Ipse tibi jam bracbia contrabit ardeus Scorpius, et cœli justa plus parte reliquit.

flatterie qui peut se traduire ainsi : « Et toi qui dois un jour être admis au conseil des dieux, ô César! veux-tu, nouvel astre d'été, le placer entre la Vierge Érigone et les serres du Scorpion? Déjà devant toi Tardent Scorpion replie ses serres pour te laisser dans le ciel un espace suffisant. » Ce serait la justice d'Auguste qui aurait inspiré à ses sénateurs et à ses astronomes la création du signe de la Balance. Mais il y a là une erreur manifeste. Auguste était né au mois d'août (lequel mois, comme nous l'avons vu, a reçu son nom à cause de cette coïncidence) ; on lui aura consacré un astérisme qui existait déjà, généralement nommé chelaï « les serres y> du Scorpion, et à dater de cette époque cet astérisme s'est spécialement appelé la Balance; mais déjà les Egyptiens et les Grecs lui avaient donné ce nom. La nais-

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sance d'Octave- Auguste tombait au commencement de la Balance. De plus, c'est là qu'était apparue la fameuse comète qui plana dans b ciel à la mort de Jules César et dans laquelle la piété du peuple avait vu l'âme de César elle-même s'envolant dans les cieux.

Virgile lui-même semble reconnaître une autre étymologie à ce nom de Balance :

Libra die somnique pares ubi fecerit horas, Et médium luci atque umbris jam dividet orbem, Exercete, viri, tauros...

« Quand la Balance rend égales les heures du travail et les heures du sommeil, quand le jour et la nuit se partagent également le monde, laboureurs, conduisez vos taureaux aux champs.... n

Mais c'est encore là une origine erronée. La Balance existait dans le Zodiaque avant l'époque où elle marquait Téquinoxe d'automne. Son nom est dû à ses deux étoiles principales qui sont d'égale grandeur, assez écartées lune de l'autre, et donnent fort simplement l'idée de deux plateaux de balance. On a prétendu aussi que les anciens ne connaissaient pas la balance à deux plateaux, et que les Romains, notamment, se servaient de Tinstrument que nous appelons balance romaine. Nouvelle erreur : la balance dite romaine ne vient pas du tout des Romains, mais des Arabes : son nom dérive du mot arabe rommana, poids; et la plus ancienne balance, la plus naturelle, est la balance à deux plateaux.

Primitivement, le Scorpion étendait ses serres jusqu'aux pieds de la Vierge. A l'époque où l'on a assigné un signe au soleil pour chaque mois de Tannée, les onze constellations zodiacales ont dû faire place à douze, et c'est celle du Scorpion qui a été scindée en deux. Le Scor* pion proprement dit a formé une constellation, et les serres en ont formé une autre. Hipparque et Ptolémée conservent encore les Serres, continuant Eudoxe et Aratus. Mais le prêtre égyptien Manéthon, qui vivait sous Ptolémée Philadelphe, au m* siècle avant notre ère, remarque déjà que les serres ont été changées en plateaux de balance, à cause de la similitude.

Ptolémée ne comptait que huit étoiles dans cet astérisme («, |3, Yf ^1 h 0i fA ^^ ^)f ^^ ^^^^ ^^^ alentours. Nous n'en comptons guère plus aujourd'hui , de la première à la cinquième grandeur inclusivement.

La comparaison de Téclat actuel de ces étoiles avec les éclats anciennement observés montre, comme on le voit par le tableau ciaprès, que plusieurs variations importantes se sont opérées.

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