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UN SOLEIL ROUGE DANS CÉPHÉE

La dernière étoile du tableau précédent n'a pas reçu de lettre, quoiqu'elle soit bien visible à l'œil nu près de l'Étoile polaire. On pourrait croire qu'elle a augmenté d'éclat ; mais son absence des catalogues anciens vient surtout de ce qu'elle n'était incorporée dans aucune figure, se trouvant entre la queue delà Petite Ourse et le pied gauche de Géphée. C'est la 43* du catalogue d*Hévélius. Dans son voisi* nage, la 42* paraît diminuer d'éclat.

Il y a là aussi une étoile bien extraordinaire, l'étoile f* (chercher vers a) : William Herschel l'appelait Gamet Sidus a l'astre grenat », et telle est, en effet, sa couleur. Quelquefois elle est rouge comme un grenat illuminé à la lumière électrique, et quelquefois elle brille d'une vive couleur d'orange translucide. C'est la plus rouge des étoiles que l'on puisse voir à l'œil nu (le télescope montre des étoiles qui sont tout à fait rouge sang). Pour apprécier sa nuance remarquable, se servir d'une jumelle ou d'une petite lunette, et regarder d'abord une étoile blanche, comme « Céphée. Son éclat varie de la 4* à la 6* grandeur en une période qui, d'abord évaluée à cinq ans, paraît assez irrégulière. Je l'ai observée le 27 février 1880 : elle était de 4* grandeur, un peu plus brillante que e et un peu moins que K : dans une lunette de 75 millimètres, elle offrait la couleur de la flamme du feu, ou plutôt celle d'un petit charbon ardent.

Examinée au spectroscope, cette étoile /x de Céphée donne un spectre du troisième type, c'est-à-dire formé de lignes noires et de lignes brillantes entrecoupées de zones ou bandes obscures qui, quand le spectre est complet, comme dans cette étoile type, sont au nombre de neuf, disposées comme autant de colonnes cannelées vues en per-

Fig. 18. — Spectre de l'étoile |& de Céphée.

spective et ayant la partie éclairée du côté du rouge. Il y a là deux spectres superposés, l'un formé de zones larges dégradées qui font l'effet des ombres sur une colonne cannelée, l'autre formé des lignes métalliques noires d'absorption. Les lignes de renversement de l'hydrogène sont très faibles et parfois absentes ; au contraire, les raies du sodium, du fer et du magnésium sont très fortes, ainsi que les bandes du carbone. Là, l'hydrogène se présente sous l'aspect de raies lumineuses. Ces spectres à colonnades paraissent dus aux oxydes, d'après les belles analyses de Lockyer, et les lignes fines aux sub-

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