‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 181 sur 373 · LE SCORPION. — LE SAGITTAIRE · texte numérisé non relu

LE SCORPION. — LE SAGITTAIRE

le sens du mouvement de B, il est difficile de juger de la marche de la troisième étoile à la seule inspection de ces angles, et il vaut mieux les transformer en mesures directes de A à C. C'est ce que j'ai fait, et inscrit à côté. On voit que de 1782 à 1835 l'angle a diminué de 18% tandis que depuis 1835 il flotte autour de 73*. Il y a là un stationnement, quand même on voudrait mettre la rétrogradation sur le compte des erreurs d'observations , qui sont en effet extrêmement difficiles; or, puisque le mouvement n'est pas uniforme, il faut qu'il y ait une cause perturbatrice: cette cause reste cachée dans le mystère du fameux Problème des trois Corps.

L'interprétation des mesures ne permet pas de conclure rigoureusement sur la nature de la courbe, car quelques dixièmes de seconde de différence suffisent pour donner les quatre recourbements représentés au sommet du diagramme, et comme les mesures se font sur le point central entre A et B et non sur un point lumineux net et saisissable, on ne peut certainement pas répondre d'un ou deux dixièmes. Nous sommes ici dans un cas analogue à celui de Ç du Cancer. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'étoile s'est arrêtée vers 1840, qu'elle est revenue sur ses pas depuis cette époque jusque vers 1870, et que depuis dix ans elle continue sa direction première : elle est actuellement au point où elle est passée en 1827 et 1860. Mouvement bien étrange : l'explique qui pourra. Je crois pouvoir assurer que toutes les académies du monde réunies en conseil n'en donneraient pas la solution.

On peut voir, tout près de ce système, à 3',7 à Test et à 4',38 au «ud, un autre couple, dont les composantes (gr. = 7*,4 et 8*,1) restent fixes à 102* et lO*'. Peut-être ce second système est- il lui-même associé au premier.

Que de spectacles à contempler! Que de contrées nouvelles à visiter ! Mais nous arrivons au Sagittaire.

Cette constellation est reconnaissable, dans les belles nuits d*été et dans les belles soirées d'automne, par les cinq étoiles |jl, \ i, tetn qui en dessinent l'arc, à 25 degrés ou 1 heure 40 minutes environ à l'est d'Antarès. C'est certainement cet arc qui a donné aux hommes primitifs, pasteurs , chasseurs et guerriers, l'idée de placer là un archer lançant une flèche. La vieille et inexpliquée tradition des centaures a inspiré le dessin du personnage moitié homme et moitié cheval qui est représenté là depuis la plus haute antiquité sur les cartes célestes (fig. 279). Il est certain qu'il n'y a jamais eu de centaures,

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