LE SAGITTAIRE
Ptoléraée présente les étoiles « et (3 comme appartenant à la seconde grandeur, et Bayer a suivi cette tradition en leur assignant les doux premières lettres. Lors de ses observations fuites à Tîle Sainte-Hélène, en 1677, Hallcy, remarque qu'elles ne sont que de quatrième; Bt s'il n'ose pas encore attaquer l'incorruptibilité des cieux toujours enseignée et vénérée dans les Écoles, il admet toutefois un changement — ce qui, en définitive, revient à peu près au même : <c quod corporum
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TELESCOre
Fig. ^. — Principales étoiles de la conètelUtlon da Sagillalre.
cœlestium, dit-il, si non corruptibilitatem, saltem mutabilitatem demonstrare videtur. »
Mais déjà, au dixième siècle, Sùfi signalait la différence entre l'état •du ciel et le tableau de rAimageste. D'après ses observations, p se range parmi les petites de la quatrième grandeur, et « est également des moindres de cette grandeur. Il n'est pas probable que Ptolémée ait ■commis une erreur, car en rédigeant son catalogue d'après les observatioiis d'Ilipparque et les siennes propres , il a exposé avec uii
soin minutieux Tétat de la science à cette époque, et les diverses copies de VAlmageste s'accordent toutes sur cet éclat. Cependant, si nous pouvions trouver d'autres observations anciennes de ces deux étoiles, notre appréciation serait encore plus sûre. Or, précisément Âratus parait signaler ces étoiles dans le passage suivant : « Sous le Sagit* taire, dit-il, on aperçoit un cercle qui n'est pas brillant (en effet, les principales étoiles de la Couronne ne sont que de quatrième grandeur) ; mais sous les premiers pieds on voit des étoiles qui ont beaucoup plus d'éclat » . Ces étoiles doivent être « et |3 du Sagittaire, car il n'y en a pas d'autres dans cette région du ciel.
Ainsi les étoiles ot et |3 du Sagittaire sont tombées de la deuxième à la quatrième grandeur. Leur lumière paraît encore instable et flotter de3|à4|.
Les étoiles 0 et t ont subi une diminution corrélative. Tandis que Ptolémée les dit absolimient de la troisième, Sûfi remarque qu'elles sont des moindres de la quatrième. Lacaille et Piazzi ont même noté 9 de 5* J, et Maraldi déclare qu'il l'a cherchée en vain et ne Ta vue reparaître, de 6* grandeur, qu'en 1699.
On ne trouve l'étoile x sur aucun ancien catalogue, de sorte qu'il est impossible de rien conclure à son égard. Je ne sais où Bayer a pris cette troisième grandeur, et il n'est pas probable qu*il l'ait observée lui-même. Cassini assure que Halley l'a vue de 3* grandeur en 1676, de 6* en 1692 et de 4* en 1694. Il me semble qu'il y a ici quelque erreur, car cette étoile ne brille que par son absence dans le catalogue de Halley, et quant à ce que cet astronome l'ait observée en 1692 et 1694, ce serait assez difficile, puisque cette étoile ne s'élève pas au-dessus de l'horizon de l'Angleterre. X paraît osciller de la troisième à la quatrième grandeur. Mayer a noté p.* du môme éclat que (a* ; mais ses indications sont souvent indécises.
L'étoile V est la plus ancienne étoile désignée comme double. Ptolémée l'appelle « néphéloeidès kal diplous » nébuleuse et double. Sûfi et Ulugh Beigh lui donnent la même désignation. Il y a là deux étoiles de cinquième grandeur, écartées seulement à 12' l'une de Fautre , et qui paraissent rester fixes l'une par rapport à l'autre. Les anciens les séparaient, comme nous, à l'œil nu, mais pas avec netteté. ic a été notée de 5 1 par d'Agelet, de 4| par Piazzi, de 4 par Flamsteed, Lalande et les anciens, de 3| par Halley et Mayer, de 3 par Argelander et Heis.
a paraît osciller de 2 J à 4 ; v de 4 à 6 ; 9 de 3 J à 5.