‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 218 sur 373 · Struye · texte numérisé non relu

Struye

Flammarion

Le plus curieux encore est que ce compagnon est double /t(»-mlmf , composé d*un6 étoile de 9* j^ et d'une de 10* |, écartées à 4% et tournant assez rapidement Tune autour de l'autre, comme on peut en juger par ces mesures :

1783 3260,7 4',i W. Herschel

1825 287 ,7 4 ,0 W. Struve

1850 160,2 3,9 0. Struve

1877 130,0 4,0 Flammarion

Près de 200 degrés en 94 ans, ce qui donne en moyenne plus de 2 degrés par an et conduit à une période do moins de deux siècles. Remarquable système ternaire. Notre diagramme montre le mouvement observé : B s'est rapprochée de A, et C a tourné d'une demi-révolution déjà autour de B, en raccompagnant. (Si l'on supposait que C n'accompagnât pas B, son mouvement serait représenté par la Ugne ponctuée.)

En observant ce système, en 1877, j'ai mesuré deux autres petites étoiles, de

Flg. 832« ^ Mouvements obserrés dani le tystème ternaire de o" Éridan.

SYSTÈME TERNAIRE DE o« ÉRIDAN

11* et de 12« grandeur, situées, l'une à 37*^, Tautre à 110^, et qui, en 1864, avaient été vues par Winnecke, la première à 76', la deuxième à 89'. Mon observation prouve que ces deux étoiles ne participent pas au grand mouvement propre de 0* et sont situées fort au delà dans rînflni.

Ce mouvement propre si rapide m'avait fait conjecturer que sans doute ce système n'est pas incommensurablement éloigné de nous, et qu'il peut offrir ime parallaxe sensible, et j'avais engagé les astronomes de l'hémisphère austral à entreprendre cette mesure. A Rio-de-Janeiro, M. Cruls l'a essayé, mais il n'a trouvé jusqu'à présent qu'une parallaxe inférieure à O'.S, qui se noie dans les erreurs instrumentales probables.

Quoi qu'il en soit, je ne regarde jamais cette étoile sans penser qu'elle se précipite, énorme projectile, à travers le vide étemel ; sans songer qu'elle emporte avec elle ce couple charmant qui rappelle la Terre et la Lune maintenues Tune contre l'autre à une grande distance du Soleil ; sans rêver aux êtres inconnus que la féconde nature a faits naître dans le système de ce triple soleil.

Il est intéressant de chercher si ce mouvement propre si remarquable est visible sur les observations anciennes de Ptolémée, Sûfi, Ulugh-Beigh et Tycho comparées ; mais les premières sont si peu précises, et les manuscrits si différents dans leurs chiffres de longitude et latitude, qu'il n'y a rien de sûr. Toutefois la description de Sûfi montre bien qu'à son époque o* était entre { et o*. « La 7% dit-il (Q, est devant la 6* (y), s'inclinant vers le sud-ouest, à plus d'une coudée : c'est une petite de la cinquième grandeur. La 8* («') se trouve devant la 7*, vers le sud, à une coudée un tiers :

elle est de la quatrième grandeur ; sa latitude est erronée, car au ciel l'étoile fait voir autrement qu'elle n'est

se

.-et

marquée sur le globe. La 9* (o*) se trouve devant la 8', à une demi-coudée : elle est aussi de la quatrième

grandeur. » Ainsi, il y a neuf cents

ans, l'astronome persan a vu lui-même pig. 333. ^ Dépiaoemant de rétoue o* Éridan que o« suivait 0*, à un degré environ, ^^^ ^ "^•'^ ab-arratian.. et se trouvait sur le chemin de (, à 3 degrés environ de celle-ci. Notre petite fig. 333 montre cette marche séculaire perceptible à Vœil nu, le déplacement étant de 6'5(/ par siècle.

Remarque intéressante par sa valeur négative même, l'étoile voisine 0*, plus brillante, n'offre aucun mouvement propre sensible, et est

Hk.

absolument étrangère à cet opulent système : elle est, sans doute, quoique plus brillante, beaucoup plus éloignée de nous dans Tinfini.

Il y a là encore une troisième curiosité facile à observer : c'est Tétoile double 39 A : 5* et 9% à 6"',4, jaune et bleue, comme 32, couleurs superbes. Système binaire, en mouvement très lent.

Dirigez aussi une lunette vers 626 : 6* et 8% à 64'^, couple écarté, mais assez brillant.

Contemplez encore la double visible à Toeil nu 55-56, composée de deux étoiles de sixième grandeur, distantes de 20' Tune de l'autre. La première de ces deux étoiles, celle du sud-ouest, est une jolie double, formée de deux astres de septième grandeur écartés à i&.

A 2*1 au sud de 39 A, et à peu près symétriquement placée comme pendant avec o* qui est à la même distance au nord, gît une nébuleuse (H. YVp 26), assez brillante et ronde, ressemblant à une vague étoile qui ne serait pas au foyer de la lunette. Il faut pour la trouver se servir d'un faible oculaire. C'est un objet assez extraordinaire dans sa simplicité, isolé là comme dans un désert, et dont la solitude fait rêver : embryon, fœtus, genèse d'un univers en formation.

Tout près d'ici se tient le Lièvre, juste au-dessous de Rigel, reconnaissable principalement à quatre étoiles assez brillantes (a, |3, 7, S) disposées en quadrilatère et dessinant son corps; une étoile de même éclat {[i) indique la place de sa tête surmontée de deux oreilles « et X, et en avant l'étoile e marque les pattes antérieures de l'animal. On trouvera ces étoiles en partie sur notre fig. 305 (p. 453), en partie sur notre fig. 316 (p. 475), et une troisième fois sur notre fig. 327 (p. 501). Quant à l'animal lui-même, on le voit fidèlement dessiné en avant du Grand Chien sur la planche suivante, dont l'aspect ne manque pas d'originalité : un chien assis sur la proue d'un navire, xm lièvre qui va se sauver, une colombe apportant un rameau, les burins d'un graveur, la casse d'un typographe, la boussole avec le loch, et par-dessus tout cela une licorne en course!

Cette petite constellation du Lièvre est Tune des 48 anciennes de la sphère grecque. Les Grecs la nommaient Lagos, les Latins Lepus, les Arabes al-âma6, ce qui a partout la même signification. Cependant les Arabes l'appelaient aussi quelquefois a,rsh aUdj&uzâ, oc le Trône du Géant » ; le quadrilatère peut en effet donner l'idée d'un escabeau sur lequel Orion pourrait s'asseoir. D'autre part, l'idée de lièvre a dû s'associer très primitivement à l'image du chasseur représenté par Orion.

Flg. S34. -' GonstellatloiiB australes. -^ Xa Ltoome. — Le Lièvre. — Le Grand Chien. Le NaTlre. — La Cîolombe. — La tète de THydre.

LE LIËVRE

iTOILBS PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DU LIBYRB DBUX inLLB ANS D'OBSBAVATION.

iXOiLBf —m +900 1430 1500 1603 1600 1^ 1800 1840 1860 1880

10063 Lai.

Il n'y a là qu'une vingtaine d'étoiles de quelque importance. Parmi elles, Tétoile fx a présenté des variations d'éclat de la troisième à la cinquième grandeur ; elle paraît varier de 3 1 à 5. L'étoile 9, vue de quatrième grandeur aux seizième et dix-septième siècle, n'ofirait certainement pas cet éclat au temps de Sûfi, car il a décrit avec beaucoup de soin les étoiles C et d formant la queue du Lièvre, et il ne parle pas plus que Ptolémée de leur voisine 0 ni de celle qui est audessous (17 FI.). Il est donc certain que 0 n'était alors que de cinquième grandeur au plus, d varie de 3 à 5, et davantage encore d'après ce qui suit :

Cassini II dit dans son Astronomie (1740) : « H. Halley et mon père ont observé que rétoile de troisième grandeur, qui est dans la cuisse postérieure du Lièvre, avait disparu. Quoiqu'on l'eût cherchée depuis ce temps-là plusieurs fois, on ne la put apercevoir qu'en 1699, paraissant à la vue simple de la sixième grandeur; on la voyait, avec une lunette, composée de deux étoiles éloignées entre elles de 35 minutes en latitude ». Il n'y a pas d'autre étoile de troisième grandeur « dans la cuisse postérieure du Lièvre » que Tétoile 3. Elle serait donc tombée au-dessous du sixième ordre d'éclat au temps des observations de Halley et Gassini I, c'està-dire vers 1677. Cependant vers l'an 1700, Flamsteed l'a estimée de 3 f Vers 1800, Piazzi l'a estimée de cinquième et Lalande de quatrième. Cassini II manque de précision (ce qui lui arrive assez souvent, du reste). S'il s'agit vraiment de l'étoile 3, quelle est celte voisine éloignée d'elle de 357 De quelle grandeur? Était-elle au nord ou au sud ? ^ Il y en a une, de 9*, à 20 secondes de temps à 1 est et à 25' au nord, c'est-à-dire à 5' vers l'est ; ce n'est pas celle-là: eUe est trop

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