‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 70 sur 373 · LE BOUVIER. — LA COURONNE · texte numérisé non relu

LE BOUVIER. — LA COURONNE

en 280 ans. L'analogie nous porte à croire que ce petit couple gravite lui-même autour de Tétoile principale; mais des considérations de mécanique céleste nous invitent à penser que la révolution grandiose de ce système ternaire ne demande pas moins de cent vingt mille ans pour s'accomplir!... Telle serait la « grande année x» de ce lointain univers.

On voit que cette constellation est véritablement riche en grands spectacles. Ce ne serait pas tout encore si nous voulions signaler toutes ses curiosités, car l'étoile x, l'étoile P, XIV, 69, sont ellesmêmes de gentilles petites doubles accessibles aux instruments de moyenne puissance (12' et 6"), et il y en a bien d'autres. Mais le ciel est grand, et nous ne devons pas nous attarder dans la même région. Laissons vite le Bouvier pour faire connaissance avec sa voisine la Couronne boréale.

Cette constellation, l'une des plus faciles à reconnaître à Tœil nu par sa forme caractéristique, se trouve en quelques minutes en se servant d'Arcturus et du triangle supérieur du Bouvier (voy. fig, 89). Son nom est évidemment dû à sa forme, et il n'y a nulle autre explication à en chercher. Les anciens assuraient que c'était celle d'Ariadne, que Bacchus avait transportée au ciel ; Ovide en raconte même la légende dans les termes suivants :

Ariadne, enlevée par Thésée et abandonnée sur le rivage de la mer, assourdissait les échos de ses plaintes. Bacchus vint à son secours et, pour qu'elle brillât d'un éclat immortel au milieu des astres, il détacha la couronne de son front et la lança vers les deux. Tandis qu'elle traversait rapidement les airs, soudain, les pierreries dont elle était parsemée se changèrent en autant de feux, qui se fixèrent dans l'Empyrée et conservèrent la forme d'une couronne. Sa place est entre Hercule à genoux, et celui qui porte le serpent.

On a dessiné cet emblème sous toutes les formes, depuis ime couronne de bergère, tressée de fleurs champêtres, jusqu'à une couronne d'empereur, de roi, de duc, de marquis, de comte ou de baron. Mais les vains titres passent au ciel comme sur la terre, et depuis longtemps on la dessine sans compter ses fleurons. Elle a même reçu d'autres noms. Les Chinois l'appelaient « la coquille à la perle », et il est curieux de voir que son étoile brillante se nomme encore aujourd'hui la Perle. Les Arabes rappelaient Kasat al-Masakin, « l'Écuelle des pauvres ». Mais peu nous importe de quels symboles elle ait servi. Ce qui nous intéresse, ce sont les étoiles qui la composent : elles sont inscrites au tableau suivant.

Les anciens n'avaient observé dans la Couronne que les neuf étoiles

«>P> fi *>«> ^> 5> I et tt; c'est Bayer qui le premier, en 1603, réunit et nomma tout cet ensemble d'étoiles. On peut y remarquer trois notifications d'éclat assez inexplicables, celles de Piazzi en 1800 pour les étoiles 7, » et t, qu'il note de sixième grandeur; or, la première est une brillante de quatrième, la seconde est de cinquième un tiers et la troisième est une brillante de cinquième. On peut s'étonner aussi de voir l'étoile C absente des trois premiers catalogues ; mais il ne faudrait pourtant pas se hâter de conclure à son augmentation d'éclat, car, comme elle se trouve un peu loin du cercle formé par la Couronne, elle a pu ne pas frapper trop fortement l'attention des observateurs. L'étoile -n était classée elle-même anciennement dans le Bouvier, ainsi que 9. U est certain, néanmoins, que l'étoile c a diminué d'éclat du temps d'Hipparque au temps de Tycho.

ÉT0ILI8 PRINCIPALES DB LA COURONNE BORÉALE DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION

ÉTOILBS -127 + MO 1430 IMO 1603 16G0 1700 1800 1840 1880 1880

> (La Perle.) 2

Cette petite constellation ne renferme pas moins de cinq étoiles variables : R, S, T, U, V. La première, située dans l'intérieur de la Couronne [voy. fig. 91), s'élève de la 13* grandeur au-dessus de la 6* (5, 8), en une période qui paraît être de 323 jours, mais qui est loin d'être régulière et qui présente les saccades les plus étranges ; la seconde s*élève de la 12' ù la 6* 1/2 eu une période de 363 jours, un peu plus sùrc que la précédente, mais fort irréguliere aussi ; la troisième mérite une histoire plus détaillée : nous allons y revenir; la quatrième varie de 7,6 a 8,8 dans la période rapide de 3 jours 10 heures 51 mi-

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