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L'ÉTOILE CAPELLA DU COCHER

courbo à une assez grande distance, on voit briller là, sans équivoque possible, une étoile de première grandeur : c'est Capella.

Fig. 105. ^ Alignement pour trovyer CapelU.

On pourrait également se servir de notre fig. 40 (p. 65) : Capelîa brille sur le prolongement de la ligne tracée par le carré de Pégase, Andromède et Persée,

Cette étoile est, avec Véga et Arcturus, à la tête de l'armée sidérale que nos regards contemplent pendant les heures paisibles du soir. Elle est moins blanche que Véga et moins jaune qu' Arcturus, et c'est cette différence de teinte qui fait que pour certains yeux Véga paraît plus brillante que Capella, tandis que pour d'autres celle-ci a la préférence. D'ailleurs, il est difficile de les comparer minutieusement toutes les trois, parce qu'elles sont fort éloignées Tune de l'autre et que quand Tune étincelle au zénith l'autre scintille à travers les vapeurs de l'horizon. (C'est à cause de cette difficulté que j'ai construit une sorte de sextant astronomique qui rapproche l'une de l'autre les étoiles les plus éloignées et permet ainsi de comparer directement leur éclat et leur couleur.) Ainsi, aux mois de mai, juin et juillet, Arcturus et Véga planent dans les hauteurs du ciel, tandis que Capella se voUe dans les brumes du nord ; en novembre, décembre et janvier, au contraire, Arcturus et Véga sont au-dessous de notre horizon, tandis que la Chèvre s'élève au zénith. Non loin d'elle, paraissent les Gémeaux. Ces différences de situation offrent même des difficultés assez grandes à ceux qui commencent l'étude du ciel; aussi lorsque nous aurons terminé cette description générale des constellations, aurons-nous soin de nous rendre exactement compte de la variation de leur aspect pour chaque mois de l'année.

De toutes les étoiles dont on a pu calculer la distance, Capella est la plus éloignée, sa parallaxe, à peine sensible, se réduisant à 0^046, ce qui porte son éloignement à 4 484 000 fois la distance du Soleil à la Terre, ou à 170 trillions de lieues, abîme que la lumière n'emploie pas moins de 71 ans et 8 mois à traverser, quoiqu'elle se précipite avec la vitesse inouïe de 75 000 lieues par seconde. Ce fait scientifique m'a servi de base autrefois pour composer un voyage dans un rayon

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