‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 81 sur 373 · I6Î LE TÉLESCOPE D'HERSCHEL · texte numérisé non relu

I6Î LE TÉLESCOPE D'HERSCHEL

l'autre (M. 38) est situé par 5*21" d'ascension droite et 37MT de déclinaison, et se trouve au nord-est de Tétoile f : ces deux positions sont indiquées sur notre fig. 108.

Le premier offre dans le champ du télescope une éclatante poussière d'or scintillant de mille feux : on peut y compter plus de cinq cents étoiles de la dixième à la quatorzième grandeur; très curieux à observer, même dans les instruments de faible puissance. Toutes les étoiles de cet archipel céleste doivent être à la même distance de nous, et, par conséquent, leur grandeur réelle doit différer comme diffère leur grandeur apparente.

Le second affecte la forme d'une croix par la disposition des principales étoiles qui brillent dans son sein, et présente plusieurs jolis couples d'étoiles doubles. William Herschel penchait vers l'idée que la région la plus dense de cet amas doit exercer sur l'ensemble une certaine puissance attractive. Il semble, en effet, qu'il se prépare lu une tendance vers la forme circulaire, qui ne sera pas atteinte de longtemps. Le patient observateur faisait, à ce propos, la remarque que nous pouvons juger de l'âge relatif des nébuleuses et des amas d'étoiles par la disposition générale de leurs parties constitutives, les plus âgés étant ceux qui paraissent les plus denses et les plus rapprochés de la forme sphérique.

Ce sont là les richesses principales de la constellation du Cocher. Continuons notre description du ciel par l'examen des régions voisines.

Sur notre fig. 104, on a remarqué, à l'est du Cocher, un instrument astronomique d'une forme assez bizarre : c'est le Télescope d'Herschely qui a été placé là par un astronome autrichien, le Père Hell, en commémoration de la découverte d'Uranus, faite dans cette région du ciel le 13 mars 1781. Ce petit astérisme envahit, en effet, la constellation des Gémeaux, que traversait la planète Uranus à l'époque de sa découverte. Mais, quelque illustre et quelque cher que soit le souvenir du grand William Herschel dans le cœur de tous les astronomes, l'adjonction de cet instrument sur la sphère céleste n'a jamais servi qu'à embrouiller les cartes. Effaçons donc ce dessin, rendons au Cocher, aux Gémeaux et au Lynx les étoiles qui leur appartenaient, et ne considérons cette image que comme un souvenir historique.

A Test encore, on voit le Lynx, qui est également une constellation moderne et qui occupe un vaste espace entre la Grande Ourse et les Gémeaux. C'est Hévélius qui, vers 1660, a installé cet animal dans le ciel, un peu par suite d'un jeu de mots : & Car, dit-il, il n'y a là que de petites étoiles, et il faut avoir des yeux de lynx pour les distinguer

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et les reconnaître. » Au sorplns, il ne tient pas outre mesure à sa création : « Ceux qui ne seront pas contents du choix, %ioute-t>il, y pourront dessiner autre chose s'ils le préfèrent; mais il y a vraiment là un trop grand vide dans le ciel pour n'y rien mettre du tout. > Le Lynx est resté, et il n'y a plus de raison aujourd'hui pour qu'il s'en aille. Il y avait li, autrefois, sous les pieds de la Grande Ourse, un fleuve qu'on appelait le fleuve Jourdain et qui faisait pendant au fleuve du Tigre, dessiné, de l'autre côté du pôle, entre l'Aigle, le Cygne et la Lyre. Mais ces deux fleuves ont cessé de couler dans le ciel, et les meilleurs yeux n'en retrouveraient plus aigourd'hui la moindre trace. Gomme nous venons de le dire, le Lynx n'est composé que de petites étoiles. Cependant, nous ne pouvons les laisser passer sans faire con> naissance avec elles et sans voir si, dans cette région du ciel, quelque curiosité n'est pas digne d'arrêter un instant notre attention. Signalons donc ici les principales de ces étoiles :

PRINGIPAI.I8 ÉTOOBS DB LA C0N8TSLLATI0R DO LTMZ.

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P. IX. fis ... .

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Il n'y a là qu'une étoile assez brillante (40) de troisième grandeur et demie, qui parait être descendue à la quatrième et demie au temps de Fiazzi. La suivante (38) paraît augmenter légèrement d'éclat. L'étoile qui porte le numéro 19 n'a été vue que de septième par Piazzi ; cepen* dant, elle est bien visible à Tœil nu, étant une faible de cinquième grandeur. Celle qui porte le numéro 1010 dans le Catalogue général de Flamsteed est généralement confondue par les astronomes avec la 20* : elle a dû diminuer d'éclat. Quant à la 20*, elle a disparu pour les obser* vations faites à l'œil nu. Du reste, si l'on compare entre eux avec soin les atlas d'Hévélius, Flamsteed, Bode, Argelander et Heis, on ne torde

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